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CHRONIQUE PAR ...

90
Seth
Cette chronique a été mise en ligne le 18 mai 2012
Sa note : 15/20

LINE UP

-Louis-Benjamin Falgoust II
(chant)

-Sammy Pierre Duet
(guitare)

-James Harvey
(chant+basse)

-Zach Simmons
(batterie)

TRACKLIST

1) Collapse in Eternal Worth
2) When Steel and Bone Meet
3) Parasitic Scriptures of the Sacred Word
4) In Deathless Tradition
5) Judgement of the Bleeding Crown
6) Embodiement of this Bitter Chaos
7) Beyond the Spell of Discontent
8) Death to the Architects of Heaven
9) An End to Nothing
10) My Name is Frightful among the Believers

DISCOGRAPHIE


Goatwhore - Blood for the Master



Goatwhore est constitué d’une bande d’américains qui ont, depuis leur formation en 1997, plusieurs fois illustré leur violence et leur esprit anti-chrétien, et les voici qui reviennent avec leur dernière agression auditive en date, Blood for the Master. Constituant leur sixième album studio, Blood for the Master en impose par son contenu et sa cohérence reposant sur l’expérience acquise par le groupe.

Du son Goatwhore, la musicalité n’est cependant pas complètement absente, et l’on perçoit des riffs old school excellents derrière la brutalité de l’extrême. Le satanisme et l’occulte sont bien sûr au rendez-vous, avec des titres de chansons dans la plus pure tradition du black metal satanique, comme "Parasitic Scriptures of the Sacred Word" ou "My Name is Frightful among the Believers", des morceaux teintés comme toujours par cette ambiance spirituelle malsaine, habité cependant ici par une finesse d’écriture assez intéressante si l’on compare au reste de la faune black metal et au type de paroles qu’on y trouve généralement : « Return these false Gods to realms of disease, transit on the rotting harvest of the ascending soul ». Avec de telles paroles, il est clair que l’on a là visiblement affaire à quelque chose de sensiblement plus fin que « Kill the Christians », même si c’était très bien aussi dans son genre.
En ouvrant une petite parenthèse artistique, il est également important de signaler la pochette absolument magnifique de cet album, portant et projetant à elle seule une ambiance lourde et malsaine que l’on retrouvera au cours de l’album. Le visuel est sombre et glauque, sans être gore, tant le côté esthétique l’emporte. Cette vue de sang se déversant en un flot impitoyablement régulier est aussi froide qu’elle est silencieuse, et tout le côté funéraire se pose là, sans qu’il n’ait besoin d’en dire plus. Et musicalement, c’est finalement un peu pareil. Avec Goatwhore, on est face a quelque chose de violent et percutant, une musique qui se veut pleine d’impact, mais on se laisse rapidement emporter sans s’en rendre compte par la puissance générale de la musicalité extrême couplée aux traits particuliers du son de ce groupe.
Cet aspect particulier justement, on va le retrouver dès le début de l’écoute de cet album. On est loin ici des solos techniques et brutaux légèrement dépourvus de tout sentiment humain à la Six Feet Under, les solos ici ne sont pas forcément techniques ni même rapides, mais optent plutôt pour une ambiance plus travaillée, et plongent l’auditeur dans une atmosphère lancinante, suffisamment dérangeante pour que l’on s’en rappelle. On aura ainsi des intros stridentes comme dans "Embodiement of This Bitter Chaos", qui part sur cette intro malsaine et se poursuit sur la puissance chaotique et pourtant tellement ordonnée, dure et froide, si particulière a la musicalité de Goatwhore ; on aura également des riffs impitoyables ("Judgement of the Bleeding Crown") et des solos impressionants d’épaisseur et de lourdeur, comme sur la fin de "In Deathless Tradition".


Goatwhore vient donc d’accoucher d’un album plein d’amertume et de lourdeur, qui contient à la fois les clichés habitués du black metal, mais qui est capable d’amener de nouvelles choses, et surtout d’apporter son caractère, par un sens de l’esthétisme général qui se remarquera depuis la pochette de l’album ainsi que le logo du groupe jusqu'à la finesse des paroles et l’imposition d’une musicalité bien à eux, mais suffisamment travaillée pour que cela soit naturel. On ne peut qu’espérer qu’ils iront encore plus loin la prochaine fois.


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