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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 12 mai 2012
Sa note : 12/20

LINE UP

-Blake Simpson
(chant)

-Scott Heldorf
(guitare)

-Alex Nicholson
(basse)

-Steve Smith
(batterie)

TRACKLIST

1) Dusk
2) Requiem for the Grey
3) Throatless Sirens
4)  Nadir
5) Embracing Null
6) The Blood of Time
7) Pathea

DISCOGRAPHIE

Nadir (2012)

(2012) - death metal black metal - Label : Willowtip



Venant d'Australie, Beyond Terror Beyond Grace cherche à mettre sens dessus-dessous... Hum, bref, ces repentis du grind, car apparemment ils étaient plutôt connus pour leur destruction sonore auparavant, viennent marcher sur les plate-bandes black/death désormais. Revirement d'orientation évident, mais assiste-t-on réellement à une remise en cause fondamentale de ce qui a fait Beyond Terror Beyond Grace ?

Autant vous l'avouer, je ne connais pas les précédents opus du groupe mais après écoute rapide, oui, on passe du grind le plus bourrin à quelque chose de plus recherché. Pourtant il suffit d'entendre les premières notes de ce Nadir pour savoir qu'on ne va pas non plus aller dans des territoires très fins. En effet, on se fait littéralement agresser par une batterie qui tape très dur et très vite, mais dans le genre très très vite. Le blast qui débarque juste derrière met à genoux par sa puissance et sa rapidité. C'est impressionnant la première fois. Les guitares sont grasses même si rattachées à la mouvance black et les riffs varient entre black/death brutaux et apocalyptiques. Bref, même si nous sommes là sur des terres plus metal extrême, les vestiges du grind restent sous la forme d'une musique extrêmement brutale. Ajoutez à cela un chant plus hurlé que raclé ou growlé et vous obtenez un tableau se rapprochant toujours du passé destructeur des Australiens.
Alors certes Beyond Terror Beyond Grace n'a pas tout renié de son passé, mais est-ce une raison pour renâcler leur œuvre actuelle ? Bien évidemment non. Toutefois les riffs ultra agressifs et parfois vains en sont une. Certes le black/death n'est pas un genre toujours finaud, mais il mérite une approche par les atmosphères au minimum, ce qui n'est pas du tout le cas ici. On pourra accorder au groupe qu'il essaie d'aménager des plages de repos, il y a notamment un passage presque aérien postcore à la Neurosis version metal sur "Dusk". Malheureusement on est très souvent en présence d'un mur de son implacable quelque peu en décalage avec le côté ambiance lugubre manifestement recherché. Alors on a envie de se dire deux choses. La première c'est que le groupe sait très bien jouer, en tout cas très vite, et ça tape, ça fait mal. La deuxième c'est qu'il est assommant malgré des passages calmes. Et ce, d'autant plus que les titres sont longs.
Ça donne envie de pencher pour un cul entre 2 chaises. D'un côté, on entend The Legion et le vieux Decapitated avec une rapidité d'exécution et une brutalité écrasantes, de l'autre, on entend du postcore neurosien assez agréable. Malheureusement le mélange des deux genres, qui aurait pu être une réussite, est terni par une prédominance du gras et de la violence brute sans réelle volonté de les fusionner pour proposer un brutal ambiancé qui aurait réellement résolu l'équation à mon humble avis. Quasiment toutes les chansons sont frappées par ce mal, exception faites de "Nadir", chanson-titre et transition, et "The Blood of Time", conclusion, qui tirent leur épingle du jeu par une constance dans l'ambient. L'équilibre, lui, reste encore à déterminer, "Nadir" et "The Blood of Time" offrent une solution. C'est à la condition de conserver une logique musicale que Beyond Terror Beyond Grace convaincra du bien-fondé de sa démarche.


Au final, on se retrouve avec un album agressif et agressant, brutal, sachant pourtant distiller quelques ambiances apocalyptiques. Trop entre deux pour convaincre, pas assez abouti et convaincu, ce Nadir va rester comme un essai qui mérite repolissage.


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