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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 07 mai 2012
Sa note : 13/20

LINE UP

-Manu
(chant)

-Antoine
(guitare+choeurs)

-Leo
(guitare+choeurs)

-Aurélien
(basse+choeurs)

-Félix
(batterie)

TRACKLIST

1) A History Of Violence
2) Hools No Rules
3) White Trash Whore
4) Drop Dead
5) We All Die Alone
6) The Lovely Bones
7) Black Sunday Bitch
8) The Gravedigger
9) My Fists Hate Your Pride
10) Ruining Me
11) The Firmament

DISCOGRAPHIE


Inside Project - A History of Violence
(2012) - hardcore thrash metal deathcore - Label : Ultimhate records



« Dis-moi quel genre de paroles ont tes albums et je te dirai qui tu es. » Même s’il y a des exceptions, la teneur des lyrics d’un groupe permet de savoir quel genre il pratique. En général, les groupes de heavy parlent de dragons, les groupes de death parlent de viscères étalés par terre et le black metal de démons cornus. Le hardcore, quant à lui, parle de la société, et généralement pas en bien. Les Franc-Comtois d’Inside Project ne sont pas un contrexemple et leur premier album A History Of Violence contient une forte dose de colère qui se traduit en un métal totalement maîtrisé, sans concession, à la sauce deathcore/thrash, le tout servi par une bonne grosse production qui met parfaitement en valeur les riffs abrasifs proposés par nos artistes de Montbéliard.

Une fois la brève intro passée, Inside Project envoie la purée et explique rapidement de quoi sera composé l’album : une section rythmique très carrée soutient avec grande efficacité des vocaux typiquement hardcore, joliment appuyés par trois de ses collègues aux chœurs (pas de chanteuses à la voix délicate ici, l’album sent la sueur et la testostérone à plein nez…). Au fil des titres, l’auditeur revisite toute la palette de rythmes et de riffs appuyés propres au gros hardcore à tendance death-thrash qui tâche, et headbangue plus qu’à son tour. Point de vue paroles, nous sommes bien loin des atmosphères poético-grises d’un Agalloch, par exemple. Le chanteur Manu vomit sa haine sans détours, et les titres des chansons sont à ce sujet plutôt sans équivoque ("White Trash Whore", "Black Sunday Bitch", "My Fists Hate Your Pride", ce dernier morceau est d’ailleurs chanté partiellement en français, et compte comme guest Arsène de L’Esprit du Clan).
Au rayon des titres à retenir, on retiendra peut-être "Hools No Rules" et "White Trash Whore", deux morceaux très efficaces. Pourquoi « peut-être » ? La réponse montre du doigt la principale limite de l’album : si l’on excepte les deux (courts) titres d’ambiance, et l’instrumentale "Firmament", version moderne du "Cauterization" de Dark Angel qui clôt assez joliment l’album, les autres « vraies » compos se ressemblent assez et ne sont pas extrêmement originales. Certes, les rythmes varient un peu d’un titre à l’autre : quelques brefs passages en blast, un moment limite sludge sur "Gravedigger", mais tout de même, on a un peu l’impression que l’on nous ressert la même (bonne) soupe à chaque fois. Autre reproche, mineur celui-là : les courtes intros et transitions instrumentales se veulent très sombres, à la limite de l’indus ou du dark-ambient, et ne cadrent pas avec le reste des chansons, qui ne feront certes pas concurrence au "Tirlipimpon" de Carlos, mais dont les rythmes enlevés et les chœurs ne transmettent pas une sensation de noirceur extrême.


Inside Project a réussi à dompter la furie musicale le temps de A History of Violence et a sorti par conséquent un album extrêmement percutant et très bien exécuté. Sans concessions, sans fioritures, la musique proposée est ici directe et sacrément remuante. C’est déjà une très bonne chose. Mais, pour se forger un nom et un son, le fait d’introduire quelques minutes d’ambient sombre à certains moments est insuffisant. Nos artistes ont donc deux options devant eux : continuer à produire une musique remuante, mais un brin standard, ou s’aventurer sur des chemins plus originaux (par exemple, intégrer de manière plus profonde des passages indus aux chansons), avec les risques de dérapage et de « plantage » inhérents à l’audace artistique. A eux de décider !


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