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CHRONIQUE PAR ...

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Mayou
Cette chronique a été mise en ligne le 30 janvier 2012
Sa note : 8/20

LINE UP

-Grace Perry
(chant)

-Dylan Thomas
(guitare)

-Ryan Butler
(guitare)

-Matt Martinez
(basse)

-Andy York
(batterie)

TRACKLIST

1) Three Snake Leaves
2) Cutting Flesh And Bone
3) Knife From My Sleeve
4) Liver And Lungs
5) Dead Horses
6) Cloaked In Red
7) Beaten And Left Blind
8) Morbidity

DISCOGRAPHIE

Rusted Eyes Awake (2009)
Gallows (2011)

Landmine Marathon - Gallows



« Le monde se divise en deux catégories : ceux qui passent par la porte et ceux qui passent par la fenêtre. » Ou du moins c’est un truc de ce genre là que dit le truand dit au bon dans le plus grand des westerns spaghettis. On peut dire que ce mec était un visionnaire ! Enfin peut être pas, mais en tout cas, il aura vu juste sur un point : d’un coté on a ceux qui ont du talent et qui rentre par la grande porte en attendant que tout le monde les remarque, ce qui finit fatalement par arriver, et ceux qui se tapent l’incruste. Quand un groupe comme Landmine Marathon sort son sixième album, on commence à deviner de quel genre ils sont.

Ne soyons pas aussi durs, et nuançons le propos. Après tout, l’album précédent Sovereign Descent n’était pas si mal. Gallows aurait pu être celui de la révélation. Malheureusement, disons le tout de suite, ce n’est pas le cas. Sur cet album, qu’est ce qu’on a ? Un death teinté de grind, qui, pour tout dire, ne propose rien de nouveau. De l’ultra vitesse, de l’ultra violence, de l’ultra guttural… C’est sûr, on a notre coup de poing matinal. Ca riffe sévère, de plus les musiciens ont développé une technique sympathique. Le batteur nous sort toutes sortes de blasts, et le growl est impressionnant. « Alors quoi, il est où le problème ? » me direz-vous. Et bien cet album avait toutes les conditions réunies pour être bon, sans compter la production « mur de son » très réussie. Mais on s’ennuie ferme pendant les trente minutes que composent cet album ! Ca groove pas, ça défoule pas ! Evidemment, quand on sort quatre albums en cinq ans, on se contente du moindre petit riff qui passe par là, bon ou mauvais. Peut être que le groupe y aurait gagné à faire un best of de leurs deux derniers albums pour en faire un seul bon. Après, on n’est pas toujours maître de son destin.
La déception est d’autant plus grande lorsque l’on arrive au dernier titre "Morbidity". C’est vrai, quoi, ce titre déchire ! Et d’autres comme "Dead Horses" ne sont pas si mauvais (ça ne dépasse pas la moyenne quand même). Comment supporter les petits cris de truies de "Cloaked In Red" ? Surtout quand le break qui arrive juste après dépote sévère ! Landmine Marathon a des hauts et des bas (surtout des bas), et peut-être qu’à force de chercher l’aggressivité, ils en perdent en efficacité. "Beaten And Left Blind" en est la parfaite illustration. Oui, c’est violent, oui ça gueule, oui ça viole ta maman, mais non, ça ne marche pas ! On pourra quand même noter les soli des sieurs Dylan Thomas et Ryan Butler : toujours une bouffée d’air frais dans cette puanteur voulue. Les mid tempo sont souvent réussis, apportant une ambiance dédiée à la folie meurtrière (lisez moi les titres des morceaux), comme dans "Morbidity", titre glauquissime, relevant largement le niveau de la galette.


Malgré ces quelques bons points, le groupe n’arrive pas à sortir une chanson retenant notre attention du début à la fin. Les titres s’enchainent, sans qu’on le remarque vraiment. Parfois, un break, un solo, un riff nous réveille, et nous fait penser à ce qu’aurait pu être ce groupe. Heureusement, Landmine Marathon ne nous inflige que 29 minutes de torture, ce qui permettra à un public averti de, peut-être, aimer cet album. Après tout, chaque style doit juste trouver son public. C’est parfois plus dur que pour d’autres.


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