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CHRONIQUE PAR ...

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Wotan
Cette chronique a été mise en ligne le 15 juin 2010
Sa note : 12/20

LINE UP

-Vitaly
(guitare+chant)

-Andrey
(guitare)

-Alexey
(basse)

-Dmitry
(claviers)

-Alan
(batterie)

TRACKLIST

1)Castaway
2)Sleepwalkers

3)Let the Flame ...
4)Cold Desert of Eternity
5)Non-existent World
6)Great Silence
7)Asylum
8)Threshold
9)Condemnation

DISCOGRAPHIE

Non-Existence (2008)

Psilocybe Larvae - Non-Existence



Les noms de groupe de metal, c’est quelque chose tout de même. Entre les Of Fire et les noms à rallonge, Psilocybe Larvae se range dans la catégorie de ceux qui ne veulent rien dire. Le Psilocybe est un genre de champignons bien connu des amateurs d’hallucinations, et la larve une forme juvénile pre-métamorphose animale uniquement. A moins de changer de paradigme biologique, impossible donc d’avoir une larve de psilocybe. Pour nommer votre groupe, éviter de lancer une fonction aléatoire sur votre dictionnaire, les résultats ne sont pas garantis, en voici la preuve.

Le monde étant ce qu’il est, il est souvent bien difficile de connaître la scène musicale dans un pays situé sur un autre continent. Les doux arpèges produits par les groupes de là-bas n’atteignent nos oreilles que quand ces derniers sortent de l’underground pour accéder à une distribution plus ambitieuse. C’est ainsi que nous parvient Non-Existence, troisième album des Russes Psilocybe Larvae, mais premier disque à bénéficier d’une promotion en dehors de l’empire des Tsars. Peut-être qu’ainsi, nous évitons les balbutiements primordiaux du groupe avant qu’il ne se forge une identité. Ce qui n’est malheureusement pas le cas pour Non-Existence. En guise de personnalité, Psilocybe Larvae nous livre un ersatz mal dégrossi d’Anathema et d’Opeth.

Les constructions un peu alambiquées, qui peuvent être réduites schématiquement à une alternance entre passages death/doom et moments aériens et mélodiques, avec bien entendu un contraste en growl et chant clair, évoquent les Suédois. Au delà de ce qui n’est pas non plus une forme de fabrique, ce sont les mélodies qui possèdent un certain feeling Opeth. On ne peut parler de plagiat, mais plutôt d’une inspiration mal dégrossie. Et si la conclusion noise/ambiant de "Cold Desert of Eternity" ou la douce mélodie atmosphérique de "Sleepwalkers" ajoute du relief à ces compositions bien construites, le plus souvent ces moments sont sans objet et éparpillent les efforts consentis précédemment par le groupe. Les compositions se diluent et on se demande où le groupe veut nous emmener.

Quand à Anathema, c’est durant tout le disque que l’influence des Anglais se fait entendre. L’impression d'écouter le même groupe ayant sorti Serenades est tenace, particulièrement sur les trois derniers titres: même sonorités, chant clair au timbre similaire. Au delà de son manque d'identité, Non-Existence n’est pas déplaisant, les musiciens ont de la bouteille et cela s’entend. Non-Existence possède une aura de désespoir tangible, une atmosphère oscillant entre le calme et la tempête. On ne peut non plus passer sous silence le travail sur les riffs, qui font souvent mouche et sont très rentre-dedans ("Sleepwalkers" et "Asylum").


Non-Existence est un album sans grande prétention. Même s'il remplit bien son rôle de musique parfaite pour un dimanche pluvieux, l’influence trop forte d’Opeth et des groupes fondateurs du genre affleure trop en surface. Psilocybe Larvae devra faire mieux si les Russes veulent avoir une chance en Europe.


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