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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15/20

LINE UP

-Neievrut
(chant)

-Ciekals
(guitare)

-Relbnord
(guitare)

-Gallwar
(basse)

-Askeland
(batterie)

TRACKLIST

1)Til Satan
2)Til Avsky For Livet
3)Et Barn Er Dødt I Betlehem
4)Vårtegn
5)Tilgi Dem Aldri
6)Vådeskudd
7)Svart
8)Granatsjokk
9)Blendende Lys
10)Gjort til Djevel

DISCOGRAPHIE


Lja - Til Avsky For Livet
(2006) - black metal - Label : Aftermath Records



Vous souvenez-vous du milieu des années 90 ? A cette époque, les ragondins pullulaient déjà dans les égouts et la Norvège connaissait l'apogée de son explosion black metal. Dark Throne sortait notamment la référence Transylvanian Hunger et Gorgoroth aspergeait d'un sang noir la mélodie avec Under the Sign of Hell. Dix ans plus tard, un fier et farouche petit soldat sort des terres de ses aînés et assène à son tour un brûlot de black metal à la face du monde : Til Avsky For Livet (L'équivalent de N'huncto m'Ardali H'uoc en wallof).

La recette est donc facile à deviner : du black, du black et re du black parce qu'on aime ça jusqu'à la moelle. D'ailleurs, impossible de ne pas sentir tout l'amour du black metal qui dégouline de tout pore chez Lja. Sa vision et son rendu de la musique sont tellement black metal que ça en tirerait une larme au plus dur des puristes. Une froideur majestueuse que l'on pensait perdue dans les tourments des nouvelles technologies. Une haine vivace que l'on pensait étouffée par trop de graisse de riche. Lja vient au contraire prouver et montrer que ces germes de décadence sont toujours bel et bien présents dans la scène plus underground. Il se permet au passage d'assumer avec brio les deux références citées plus haut. La Norvège possède toujours le feu sacré même s'il se montre moins au grand jour. C'est peut-être cela qui le sauve d'ailleurs. Repartir dans l'obscurité pour rassembler ses forces. Lja c'est donc tout ça. En fait non, c'est la recette de base de Lja.

Car c'est bien beau d'avoir la Foi et le Feu en soi, aussi faut-il savoir les exploiter et les rendre avec grâce. C'est ce à quoi le groupe s'échine tout au long du disque. Donnant au black metal le respect qui lui est dû, la bande du Nord enchaîne les riffs glacés aux mélodies des fjords. Elle leur adjoint un chant étouffé (il aurait gagné à ne pas l'être) mais quand même raclé en diable et emprunt d'une haine tenace et évidente. Haine de l'Humanité, dégoût du monde ? Très certainement. Quoiqu'il en soit, un chant haut de gamme qui soutient avec majesté les riffs délivrés par la troupe. Ce chant est d'ailleurs lui-même rehaussé par quelques incursions de voix invocatrice lointaine qui ont la bonne idée d'être suffisamment rares pour ne pas énerver. Bien évidemment, de bons riffs ne servent (quasiment) à rien si il n'y a pas la batterie qui charrie tout sur son passage derrière. Dont acte. Elle consomme avec vigueur la rudesse de l'hiver et toutes les âmes en peine qui ont la désastreuse idée de s'opposer à son juste courroux. Elle sait cependant accorder des plages de répit de conserve avec les guitares comme pour montrer qu'elle maîtrise les deux sujets tout en restant naturelle.

Jusque là, nous avons donc droit à un très bon élève de black metal, mais pas très inventif ni unique. Fort heureusement, Lja n'est pas de la race des droits élèves. Il sait prendre le chemin juste à la périphérie de la grand route, mais avec ce qu'il faut d'éloigné pour tracer sa voie tout seul. Cette voie personnelle se traduit par des riffs relativement nombreux mais surtout riches en accords et pas chiches en mélodies. Car Lja est mélodique. Pour du black metal. Ce n'est pas La Croisière s'amuse ici. La mélodie d'accord, mais avec la parcimonie qui lui est due. Toutefois largement de quoi satisfaire l'oreille avide de black metal et de sens mélodique. De plus ces riffs aiment à s'étendre dans le temps. Ils sont souvent relativement épais et ce côté ajoute à l'impression de richesse globale. Cela fait plaisir. Plaisir d'autant plus grand que les musiciens ne sont pas des manchots. Ils enfilent les accords comme mère-grand la pelote de laine. Ils savent varier les rythmes (en chœur avec la batterie) sans problème. Le true black apprend de plus en plus à jouer et le montre à tous. Car oui, il faut parler de true black, la production caractéristique appelant comme une évidence ce qualificatif. Rien de scandaleux néanmoins. Une bonne batterie bien sylvestre et des guitares bien rêches. Bref, du black metal dans toute sa splendeur.


Un album très bien huilé donc et qui réjouira à n'en pas douter l'amateur de black metal. N'y cherchez pas non plus le génie absolu, cela n'arrive pas tous les jours. Mais l'inspiration et le talent sont largement à la hauteur de nos attentes. Le petit point en plus, c'est que finalement la « complexité » de l'album lui confère une durée de vie allongée et une perméabilité à l'immédiateté. Il vous faudra plusieurs écoutes pour en apprécier tous les recoins, mais c'est tant mieux.


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