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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 05 novembre 2020
Sa note : 16/20

LINE UP

-Nox
(chant)

-Joakim
(guitare)

-John Doe
(guitare)

-Alex
(basse)

-D. Moilanen
(batterie)

TRACKLIST

1) The Cosmic Sphere Falls
2) Again
3) Undone
4) Tragedy of Pointless Games
5) Darkness Falls
6) Crimson
7) YHVH’s Shadow
8) White Noise

DISCOGRAPHIE


Craft - White Noise and Black Metal
(2018) - black metal - Label : Season Of Mist



Craft. Imaginez que dans la tête de votre chroniqueur préféré (ne débattez pas là-dessus, svp), c’était un groupe de true black trop evil pour ne pas être true, affligé d’une iconoclastie ringarde avant même d’avoir été à la mode tant cela semblait n’être qu’un pis-aller de Transilvanian Hunger. Craft donc, des Suédois qui essaient d’être Norvégiens et qui le font sûrement en respectant tous les poncifs du genre. Sauf que… oui, jamais je n’ai réellement posé les oreilles sur cette entité intrigante, il faut bien l’avouer, et voilà que White Noise and Black Metal débarque.

Deux ans. C’est le temps qu’il aura fallu à cet album pour provoquer l’acte d’achat. Une danse à deux, sans cesse plus rapprochée, sans sensualité aucune, pour enfin conclure. Deux ans de vas-et-ignorances, parfois réciproques. Le doute permanent. « Et si ? » Et si cet album n’était pas aussi bon que le fantastique titre d’ouverture mis à la disposition de tout un chacun ? Car "The Cosmic Sphere Falls" possède un riff parmi les plus hypnotiques de la création black metal. Deux ans qu’il trottait dans ma tête, fantôme lancinant hantant à intervalle régulier mon désir de musique nouvelle. Une telle composition, qui plus est mise en avant par son caractère presque single, ne pouvait qu’annoncer un album qui retombe à plat. Surtout avec un groupe qui singe le grand voisin.
Vas-y pour les clichés. Car Craft empile la destruction massive. Des clichés justement. Après la spatialité cosmique bien portée du premier contact, "Undone" ose s’approprier un riff de Bathory repris brillamment par Emperor, celui de "A Fine Day to Die". On a connu pire, surtout qu’il s’insère parfaitement dans une chanson qui dévie fortement du modèle par la suite, avec une merveille de riff mélancolique, sorte d’accompagnement vers une temporalité autre. Bref, du classique avec du contemporain. Surtout que, comme pour cultiver son ambivalence, Craft s’acoquine d’une production formidable, inspirée du Darkthrone période Sardonic Wrath, simplement saupoudrée de l’once nécessaire de modernité pour se dire qu’il s’est écoulé du temps, surtout que la basse s’offre un beau rôle.
Au moment de faire l’addition, les compliments semblent s’accumuler de manière démesurée pour cette truculente réalisation. Carton inter-planétaire en vue ? Fort heureusement, la condition humaine est la plus forte, et un-deux titres semblent vouloir tenir le rôle de remplissage. Un "Tragedy of Pointless Games" casse la dynamique avec un début ne se hissant pas au niveau. Pourtant, il porte en lui une belle montée en puissance sur un mid-tempo puissamment moderne. Et "Darkness Falls" qui suit ne relance pas immédiatement la machine. Sauf que la troupe du nord (mais de l’autre nord, vous savez) possède suffisamment de talent en elle pour rebondir avec la catatonique "Crimson", aux arpèges délicats répétés à l’envi, comme si chaque titre devait comporter son lot de surprise et de point(s) d’intérêt(s).


Impossible de dire avec la crédibilité nécessaire qu’il s’agit là de leur meilleur album, n’ayant rien écouté d’autre d'eux, mais j’ai l’ubris d’avoir envie de le penser. Craft livre ici un White Noise and Black Metal de très haute tenue qui ne fait que démontrer que les surprises sont souvent au rendez-vous pour notre plus grand bonheur, et que les pépites ne font qu’attendre leur heure.





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