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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 17 décembre 2019
Sa note : 17/20

LINE UP

-Dany BOY
(chant+claviers)

-Tall Bastard
(guitare+basse)

-Crazy Z.
(claviers+basse)


TRACKLIST

1) The Sound
2) Dance
3) The Flying Dutchman
4) A Million Suns
5)
Fuck Me
6) C++
7) Satan's Bitch
8)
Hide & Seek
9) Merry-Go-Round
10)
Spyglass
11) Watch Out!

DISCOGRAPHIE

Je t'aime (2019)

JE T'AIME - Je t'aime
(2019) - rock indie post-punk retrowave - Label : Depression Records



Chercher l’intrus: The Cure, Joy Division, The Clash, la raclette. Faites gaffe, il y a un piège… Tic. Tac. Tic. Tac. La bonne réponse ? Il n’y a pas d’intrus. Et si vous ne me croyez pas, demandez à Dany Boy qu’il vous explique la genèse du projet JE T'AIME. Entre la tranche de viande des Grisons et le verre de vin de Savoie, il y a Manchester…

Bon, personnellement, j’ai plutôt la raclette lourde, mais il semble que certains y trouvent une source d’inspiration. Ne me demandez pas comment on passe d’Entremont à Robert Smith, je n’en ai aucune idée, mais le fait est là. Né plus une moins comme un blague, JE T'AIME a sorti un album d’une qualité nous obligeant à prendre tout cela très au sérieux. Le trio Frenchie caché derrière cette déclaration d’amour - ça change un peu des noms à la Dark Death of Obscure Evilness ou Suicidal Sadness of Melancholy - a entrepris une tâche a priori herculéenne: résumer sur un seul disque tout un pan de la musique 80s. On parle de cette zone vibratoire s’étendant de la cold-wave à la synthpop, en passant par le post-punk. En rendant le tout extrêmement catchy, accessible et remuant. Emmené par un vocaliste évoquant le leader des Cure, avec une pointe de chaleur supplémentaire au fond du gosier, JE T'AIME commence à nous promener du côté des grands groupes britanniques à cheveux hirsutes, Cure, donc, mais également, The Clash pour les chœurs et Joy Division pour les sombres accords d’instruments à corde. Articulé autour de "Satan’s Bitch", la cheville de l’œuvre, l’album nous offre une seconde partie de voyage frappée du sceau des synthés, dont la présence s’accentue nettement.
Nous plongeons alors dans le monde de la synthpop et ses sonorités qui parleront à tous ceux que la formule « Salut les p’tits clous ! » interpelle. Nos artistes possèdent une malice toute française et savent très bien que pondre une œuvre totalement à la gloire de la Perfide Albion, c’est mal. Ils se sont donc amusés à coller un extrait de paroles d’un film français, le grand jeu à la mode de ce côté-ci de la Manche, dans "Satan’s Bitch". Ce dernier titre, un hybride mi-retrowave, mi-Kiss Me, Kiss Me constitue d’ailleurs l’un des nombreux moments forts de ces quarante minutes à la gloire du passé. A ses côtés, on signalera également l’excellence de "Dance" et sa gratte à la Gossip, la belle amertume de "The Flying Dutchman", le côté Joy Division adouci de "A Million Suns", le côté survolté d’un fantastique "C++" où Danny Boy nous fait presque plus frissonner que le Robert des grands jours. Côté synthwave, la palme revient au chirurgical "Merry-Go-Round" dont la délectable froideur est joliment tempérée par un refrain délicat. Certains titres, comme "Hide & Seek", peuvent sonner moins catchy de prime abord, car ils privilégient l’ambiance à l’immédiateté, mais ils sont également très appréciables. Un carton plein.


Je t’aime. La plus belle des déclarations colle parfaitement à ce projet spontané, intense, chaleureux et mélancolique à la fois. Je prépare la cassoulet party pour le second épisode de cette bien belle aventure. Merci les gars.


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