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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 15 avril 2019
Sa note : 18/20

LINE UP

-Nikita Druzhinin
(chant+guitare+claviers)

-Alexander Klaptsov
(guitare)

-Sergey Jagermeister
(basse)

Ont participé à l'enregistrement

-Alexandra "Rys" Sidorova
(chant)

-Rodlon Lubensky
(accordéon+claviers)

-Gosha Jankowsky
(violon)

-Irina Lvova
(violoncelle)

-Vladimir Gulyaev
(trompette)

-Vasilly Strelcov
(saxophone)

-Nikolay Anashkin
(trombone)

-Alexander Vorobiev
(balalaika)

-Andrey Ischenko
(batterie)


TRACKLIST

1) September (Anno 1602)
2) October (Old Mornings Dawn)
3) November
4) December
5) January
6) February

DISCOGRAPHIE

Stuzha (2019)

Haze of Summer - Stuzha



« Choisis ton camp, camarade ! » Soyons clairs : en matière de black metal, si je dois choisir entre des gugusses à corpsepaint bardés de clous et des types qui vont en jeans et t-shirt vert pomme, je choisis les gugusses. Le décorum, c’est important, ça frappe l’imaginaire. Néanmoins, la musique reste, et de loin, le premier facteur à prendre en ligne de compte. Dans le cas de Haze of Summer, elle est excellente. Et puis comme il ne s’agit pas de black metal, la question ne se pose pas.

Disons que c’est du black metal comme Myrkur est du black metal. A la marge. Pas de sorcière-midinette du côté des créateurs de ce Stuzha si impactant, cependant. Encore moins de débauche d'effets obscurs. La tenue, donc, des zigotos ne laisse aucun doute là-dessus : « Trve black ? Nan ! On n’est pas sérieux, on est des hipsters, on prend ça à la légère ! » Et c’est vrai qu’à la première écoute, la reprise ska du thème principal de "Old Mornings Dawn" de Summoning, peut nous laisser penser que nous avons à faire à des déconneurs façon Mr. Bungle, kikoo, lol ! Et puis cette section cuivre à la Caravan… "October" a beau être le titre le plus déroutant, au bout de quelques écoutes, il est démythifié, comme les autres. Arrêtez votre char, les gars, vous êtes bons. Très bons même. Excellents ! Des EP comme ça, aussi pleins, aussi intenses du début à la fin, on en redemande tous les jours ! Pour s’imaginer la musique d’Haze of Summer, il faut se figurer le rejeton de Thy Catafalque et Master’s Hammer. Simplement, là où les parents s’avèrent parfois biscornus, sataniques, le gamin est accessible, franc du collier, et pas evil pour un sou. Du black metal, on ne retrouve ici que la voix et un certain son de guitares.
Ces dernières sont d’ailleurs l’un des grandissimes atouts de Stuzha. Alexander est un enragé de la six-cordes, un amoureux des groupes à pantalons rayés et vestes à patches. Il nous gratifie d’interventions toutes les plus judicieuses les unes que les autres et ce dès "September". Sous l’impulsion du guitar hero moscovite, le reste du jazz band reconverti au metal donne également le meilleur de soi-même. La section cuivre, la section corde, les synthés, le chant, hurlé, ou assuré par Rys en mode clean, tout contribue à faire de cette demi-heure de musique un moment fort et pas seulement rigolo, surprenant ou déstabilisant. Au niveau des compositions, les six titres, d’une lisibilité dingue pour le mélange proposé, tiennent la route et maintiennent le niveau d’adrénaline de l’auditeur au top. Un certain summum d’intensité est atteint au milieu de "December", où tous les instruments semblent atteindre le degré de transes maximales, mais, du début de "September", à l’intro trompeuse, jusqu’aux derniers accords de "February" et son break électro, on ne s’ennuie à aucun moment. Une sacrée surprise.  

Stuzha est un truc hautement addictif. Intense, volubile et jouissive, cette demi-heure d’union d’instruments a priori pas très copains démontre que « pluriconfessionnel » ne veut pas dire « bordélique ». On peut être créatif et proposer un ensemble apte pour les fans n’ayant pas de doctorat en nawak metal. Énorme.
 



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