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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 21 mars 2019
Sa note : 17/20

LINE UP

-Anette Uvaas Guibrandsen
(chant)

-Chad Davis
(guitare+basse+batterie)

A participé à l'enregistrement:

-Liv Kristine Espenæs
(chant sur "Head of a Traitor")

TRACKLIST

1) Requiem...
2) The Brightest Light
3)
Liti kjersti
4) Head of a Traitor
5)
One Night of Cruelty
6) Embrace the Dark
7) Evig hvile/Libera Me...

DISCOGRAPHIE

Latum Alterum (2019)

The Sabbathian - Latum Alterum
(2019) - doom metal - Label : Svart Records



L’union entre le Ciel et la Terre. Ouais, ça doit être ça que je cherche, album après album. Ce sentiment contradictoire résultant de l’alliance de la grâce et de la puissance. Décliné, au fil du temps et des styles, sur différents modes. Latum Alterum est le énième épisode de ma NeverEnding Story personnelle. Et pas le plus dégueu.

Ne vous méprenez pas, The Sabbathian n’est pas une formation hommage à Black Sabbath. Enfin plus. Ou juste un tout petit peu, le temps d’un titre," Embrace the Dark", réminiscence du premier EP doom/stoner, Ritual Rites. Honnête mais pas transcendant. Le reste de l’œuvre proposée par le duo américano-norvégien est bien différent, et bien meilleur. La rythmique pesante est maintenue, mais avec un son black doom, limite pagan. Sur cette base mid-tempo, sans aucun excès de vitesse, Chad ajoute des phrasés de guitare mélodico-dépressifs, tandis qu’Anette se la joue lyrique. Son registre, très metal à chanteuse, conviendrait à tous les Nightwish et Therion du monde. Simplement, ici, la voix n’est pas utilisée comme la prolongation d’une instrumentation exubérante, mais comme contraste. Un contrepoids à l’austérité des riffs et à la grisaille ambiante. Une union surprenante de deux mondes opposés. Ou complémentaires, selon le point de vue.
"Liti kjersti" est un bon exemple: la rythmique plombée et la sonorité relativement raw appellent une voix black. S’ils avaient cédé à la facilité, The Sabbathian aurait suivi les traces de groupes comme Hades (Almighty). Avec le chant d’Anette, le duo prend un pari: arriver à convaincre que l’éther et le plomb peuvent former un beau couple, allant encore plus loin que The 3rd and the Mortal avec Tears Laid In Earth. La douce voix de Kari était certes contrebalancée par des riffs doom, mais la variété de l’ensemble et la présence de passages acoustiques constituaient un lien entre musique et chant. Latum Alterum, lui, s’avère bien plus monolithique musicalement parlant, plus abrasif. Les variations entre compositions relèvent de la nuance… L’ensemble possède un charme hypnotique auquel je suis extrêmement sensible. Je pourrais passer "Head of a Traitor" (avec Liv Kristine en guest) mille fois de suite, tellement ce mariage entre pesanteur et délicatesse me subjugue. Mais combien serons-nous à apprécier ce mélange contre-nature ? Combien de nous succomberons au souffle délétère propagé par la voix exquise d’Anette ?

Trop sobre pour les uns, trop lyrique pour les autres. Y-a-il un public pour The Sabbathian ? Je n’en suis pas convaincu, mais le duo s’en soucie-t-il seulement ? Les artistes ont-ils réussi à conjuguer grâce et puissance ? Personnellement, je suis totalement sous le charme doom de cette poésie grise et monolithique. Mais à chaque fan de se faire son idée sur le sujet.


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