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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 04 juillet 2018
Sa note : 20/20

LINE UP

-Anne van den Hoogen
(chant+paroles)

-René Rutten
(guitare+compositions)

-Gema Pérez
(guitare+piano+compositions)

-Mirte Heutemekers
(bass)

-Jerome Miedendorp de Bie
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement

-Hans Rutten
(batterie)

-Noël Hofman
(trompette)

TRACKLIST

1) Winter
2) One Self
3) Jupiter
4) Soul Traveller 
5) The Wake
6) Magnolia
7) Meraki
8) Runners

9) Vince

DISCOGRAPHIE

One Self (2018)

Habitants - One Self
(2018) - post rock + touches de shoegaze - Label : Auto-production



22 juin 2018. Une foule curieuse se dirige en masse au Doornroosje, salle de concert de Nimègue pour assister au premier show du groupe Habitants, qui assure la première partie de The Gathering. Point commun ? Leur leader, René Rutten. Les notes introductives des guitares (du titre "Magnolia") résonnent, tout en douceur, Anne arrive et pose délicatement sa voix. A peine une minute s’est écoulée, et les larmes ont déjà fait leur apparition, devant une audience abasourdie pour cette démonstration vocale et musicale. Nous avons assisté alors à quarante minutes féeriques.

La difficulté pour les néerlandais était de conquérir un public qui ne connaissait que les deux premiers singles, "Meraki", disponible en streaming depuis fin 2016 et plus récemment, "Jupiter". Deux propositions complément différentes. La première, planante, dans un esprit Pink Floyd, et la seconde, plus rock et saturée. Nous sommes ici face à un album de post-rock teinté de shoegaze alternant ces deux ambiances. La bande à René a travaillé plus d’un an sur ce projet à la connotation féminine (trois membres sur cinq) et a fait appel aux auditeurs via une campagne de financement participatif. L’attente fut longue, mais le résultat est allé clairement au-delà des espérances. Ne tournons pas autour du pot, c’est selon moi, un des plus beaux disques qui a vu le jour depuis  que j’écoute de la musique. L’ambiance prend aux tripes directement. Les morceaux sont soit énergiques, soit tristes (voir les deux) et proposent  tous quelques choses de différent. Comment ne pas être meurtri à l’écoute du titre final "Vince", quand on sait que c’est le prénom du fils de René et Gema, malheureusement décédé à la naissance ? Comment ne pas fondre en larmes à l’écoute de "Magnolia" ? Comment ne pas s’évader à l’écoute de "Soul Traveller"? Ne nous sentons pas en plein rêve pendant le final de "Meraki" ? N’avons pas un regain d’énergie avec "Jupiter"? René s’est clairement laissé aller à ses envies en se détachant de The Gathering bien que l’influence du groupe soit tout de même présente, notamment sur "Winter", qui n’aurait pas fait tâche sur Souvenirs ou sur l’excellent "Runners", point d’orgue de ce petit bijou. Le groupe l’explique lui-même, One Self parle de l’individu, d’âme solitaire dans un monde fragmenté, de désillusions, de traumatismes, mais également d’amour. Là où le quintet frappe fort, c’est que l’auditeur ressent réellement toutes ces émotions. Au fil de l’écoute, joie, tristesse, peur et espoir s’entremêlent pour notre plus grand bonheur. Cela a été rendu possible par la qualité musicale des compositions de René et Gema, grâces aux paroles d’Anne, mais également à sa voix magnifique qui permet justement la transmission des émotions et sentiments vus ci-dessus. La vocaliste, peu connue, se place clairement comme une future très grande voix.

Certaines fois, quand les mots manquent, quelques lignes suffisent pour faire part d’une œuvre déjà culte. Seules les émotions ressenties comptent. Ainsi, je peux seulement vous conseiller de faire votre propre expérience avec Habitants, tant One Self déclenche une diversité de sentiments propres à chacun. Mais les faits sont tout de même là: cette première livraison est un pur chef d’œuvre, comme on en rencontre que très rarement.  Et l’enchaînement "Magnolia"-"Meraki"-"Runners" atteint tout simplement la perfection. N’hésitez plus, car c’est grâce à votre soutient, à vos retours, que le groupe pourra poursuivre sa voie et nous offrir une nouvelle ode aux émotions humaines.





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