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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 02 avril 2018
Sa note : 17/20

LINE UP

-Androniki Skoula
(chant+lyrics)

-Christos Antouniou
(orchestrations+samples+claviers)

-Charalampos Paritsis
(violon)

-Nick Vell
(batterie+percussions)

TRACKLIST

1) Tazama Jua
2) Blutbad
3) Stones and Dust
4) The Undivided Light
5) Memniso
6) Silent Yard
7)
Ying&Yang

DISCOGRAPHIE


Chaostar - The Undivided Light
(2018) - ambient et tant d'autres - Label : Season Of Mist



Quelques fois, en tant que chroniqueur, nous nous retrouvons face à des ovnis, qui dépassent la sphère du metal. Ce qui n’est pas pour me déplaire personnellement. Mais à l’écoute de The Undivided Light de Chaostar, de nombreuses questions apparaissent. Comment, quand on est fan de metal symphonique comme moi, chroniquer une œuvre aussi différente et complexe ? Comment retranscrire les émotions parcourues au fils des écoutes, passant d’un simple « mouais c’est sympa mais zzzz » à « c’est juste une merveille ». Le tout sans s’y connaître réellement en musique néo classique-ambient ?

Chaostar n’était pas un groupe inconnu pour ma part. Après quelques recherches dans ma mémoire, je les ai vus au Metal Female Voice Festival (RIP) en 2013 un samedi après midi. Le groupe a joué un set assez anonymement, personne dans l’audience (venant pour des groupes comme Epica, Tarja ou Delain) ne semblant les connaître. La performance ne m’a pas plus marqué que cela, hormis que la vocaliste, Androniki, avait un timbre très particulier et très joli. Pour remettre en perspective, Chaostar n’est pas un groupe novice, il est crée par plusieurs membres du groupe de death metal Septic Flesh et plus précisément Christos Antouniou, guitariste du groupe. Il sera le seul rescapé du line up original de Chaostar et peaufinera son bébé au fil des albums, le premier ayant vu le jour en 2000. Concernant Androniki, elle devient vocaliste à partir de 2013, année de sortie du précédent album, Anomima. Qu’en est-il de ce The Undivided Light ?
On commence dans le vif du sujet avec le titre "Tazama Jua", morceau en Swahili (dialecte d’Afrique de l’est). Si la langue surprend, la proposition également, tant par la puissance de l’orchestration que par les capacités vocales d’Androniki, qui commence le morceau a cappella. Le ton est donné, ce nouvel effort se veut grandiloquent et dépassant les limites de ce que l’on peut connaître. Si "Blutbad", fait retomber un peu l’envie, le titre étant  le plus faible, la suite ne décevra pas jusqu'au final. "Stones and Dust", le premier single et "The Undivided light", boxent dans la même catégorie. On est ici dans le néo-classique, tant par l’ambiance froide que par la voix lyrique de la vocaliste.  Sur le premier, elle garde une certaine retenue, ce qui transmet une émotion particulière, les poils se hérissant assez facilement, tandis que sur le second, Androniki monte dans les aiguës et prouve qu’elle n’a rien à envier aux plus grandes. Après ces démonstrations vocales, vient le chef d’œuvre, qui pour ma part restera comme un des plus beaux morceaux que j’ai pu écouter : "Memniso".
Imaginez un instant une première partie sonnant comme un best-of des plus grandes musiques de films (on pense à Star Wars, Indiana Jones, Games of Thrones, Bienvenue à Gattaca) dans la grande lignée d’Hans Zimmer avant de conclure sur un solo d’Androniki qui n’est pas sans rappeler Lisa Gerard. Effectivement, cette conclusion aurait très bien pu se retrouver sur The Serpent’s Egg de Dead Can Dance (DCD), tant par la proposition vocale que par l’ambiance, très proche de "The Host of Seraphim". Un grand moment de musique à n’en pas douter. "The Silent Yard", qui lui succède, reste dans ce registre d’hommage, l’intro faisant penser à Braveheart ou encore Le Dernier des Mohicans tout en gardant cette ambiance à la DCD. La suite du morceau se fait plus énigmatique, glaçante, avant d’entamer un dernier tiers indescriptible qui surprend et propose une variété de styles (ethnique, électronique, classique). C’est beau, c’est frais, c’est puissant, c’est émouvant, c’est du grand art. Et ce n’est pas"Ying&Yang" conclusion de cette offrande des grecs, qui nous gâchera le plaisir, le titre reprenant les influences vue ci-dessus avec toujours le même plaisir. 


Vous l’aurez donc compris, The Undivided Light, est un « must have » comme on dit. L’heure de gloire, le sommet de Chaostar. Amis aimant la musique consommable immédiatement, passez votre chemin. Ici, il faut du temps ! Le temps, en premier lieu de décortiquer les multiples influences : de l’ambient au néo-classique en passant par Dead Can Dance et Hans Zimmer. Puis le temps de succomber, tout d’abord à la puissance des orchestrations, puis de la voix exceptionnelle d’Androniki. Cet album, cette œuvre est et restera unique. La grande question désormais, est de savoir comment le groupe va faire pour surpasser cet essai ?


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