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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 02 avril 2018
Sa note : 15/20

LINE UP

-François Blanc
(chant)

-Guillaume Fleury
(guitare)

-Mathieu Taverne
(basse)

-Morgan Velly
(batterie)

TRACKLIST

1) Sous les cendres et la pierre
2) Les visiteurs du soir
3) A l'heure du crépuscule
4) Souvenir de lierre
5) La grande illusion
6) Les ailes du temps

DISCOGRAPHIE


Abduction - A l'heure du crépuscule
(2018) - black metal - Label : Finisterian Dead End



« Purée, François Blanc… je me disais bien que ce nom me disait quelque chose… Putain, c’est le gars d’Angellore… Et moi qui ai collé un 13 à son autre projet, en plan « peut mieux faire »… Tu m’étonnes que j’avais plus de nouvelle de lui… qu’il ne m’invitait plus aux orgies post-concerts du côté d’Avignon... Ah mais quel con ! Bon, sur leur deuxième album, je mets le paquet sur la lèche… »
 
-  Winter !
-  Monsieur le Directeur ?
-  Dites-donc là… 21/20 pour le dernier Abduction… c’est pas un tout petit peu exagéré ?
-  Monsieur le Directeur ! Vous doutez de mon intégrité morale ?
-  Je vous cite : « François Blanc, également membre éminent d’Angellore, meilleur groupe de doom du mutlivers,  n’est rien moins que le nouveau Messie du black metal. A l’heure du crépuscule englobe à lui seul l’immensité du metal extrême, d’Emperor à Dimmu Borgir en passant par Darkthrone et Bathory »…
-  Et bien ?
-  …
-  Bon d’accord, j’ai un peu forcé la dose…
-  Vous avez jusqu’à demain pour pondre une chronique sincère !
-  Sincère… sincère ?
-  Vous m’avez parfaitement compris !
Bon. Je me suis fait choper. 21, c’était peut-être un peu exagéré quand j’y pense. Ça a dû lui mettre la puce à l’oreille. Du coup, allons-y :
 
En 2016, Abduction nous avait présenté son premier travail, Une ombre régit les ombres, intéressant, mais pas encore complètement abouti, la faute à des structures parfois bancales et des enchaînements pas toujours convaincants, qui éclipsaient parfois la puissante magie latente d’un groupe ambitieux dont l’objectif paraît être la symbiose entre la colère et la poésie moyenâgeuses. Le jeune groupe est-il d’une productivité à faire pâlir d’envie tout chef d’entreprise ou le quartette avait-il gardé du matériel dans un coffre-fort ? Toujours est-il que moins d’un an et demi après le premier album, Abduction remet ça et crie Une ombre régit les ombres à la face du monde. Le résultat ?  Sans aucun doute, meilleur. Le black metal mélodique proposé ici est bien plus en place que lors du premier exercice et, même si, à titre personnel, je me sens encore dérouté par la sécheresse de certains enchaînements, l’ensemble est d’une toute autre solidité. Le côté abrupt de la transition entre certains plans s’inscrit plus dans une logique de composition et il ne nuit pas à l’indéniable poésie de l’ensemble, à tel point, que j’oserai presque m’avancer et affirmer qu’Abduction a pour ambition d’être l’Hypno5e du black metal.
Certes, les musiques proposées par les deux groupes  sont bien différentes et la poésie contemporaine de l’excellent groupe de metalcore « cinématographique » sonne autrement que le black médiéval et romantique d’Abduction, mais tout de même… Qui d’entre vous n’a a pas pensé à Hypno5e en écoutant les premières mesures – et donc les premières voix off- de l’œuvre ? L’influence, consciente ou pas est là, et, sincèrement – puisque Monsieur le Directeur me demande d’être sincère - pas grand monde ne s’en plaindra. De là à penser qu’Abduction s’en remet totalement aux effets « cultureux », il y a un pas qu’il ne faut pas franchir. Les Versaillais savent rentrer dedans, blaster et grincer, mais la beauté, souvent transmise par la bien belle voix claire de François, n'est jamais bien loin. Une fois n’est pas coutume, l’œuvre, loin de s’essouffler, va crescendo et "Souvenirs de lierre", où le chant se gonfle d’émotion, et "La grande illusion", aux accents épiques, alternent avec brio passages acoustiques et noires cavalcades, pour un rendu percutant et réellement romantique. Au chapitre des doléances, j’ai exprimé plus haut la principale. La seule en fait : l’intention d’Abduction de ne pas verser dans des transitions trop prévisibles est très louable, mais mérite à mon avis d’être encore peaufinée. Vu le rythme de production, d’ici fin 2019, on devrait pouvoir évaluer l’évolution d’un groupe prometteur.

 
Putain… 15… avec cette note, je vais peut-être avoir droit à deux ou trois patches gratos… mais la tournée américaine Angellore/Abduction/Manowar/Kiss avec whisky, dope et femmes à gogo… tu peux faire une croix dessus… Ça m’apprendre à être sincère, tiens… Abduction est un groupe en devenir et a tout pour devenir d’ici peu une référence dans le monde des romantiques en colère.
 

 
 



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