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CHRONIQUE PAR ...

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Baptiste
Cette chronique a été mise en ligne le 06 février 2018
Sa note : 17/20

LINE UP

-Xenoyr
(chant guttural)

-Tm Charles
(chant clair+violon)

-Matt Klavins
(guitare)

-Benjamin Baret
(guitare)

-Daniel "Mortuary" Presland
(batterie)

TRACKLIST

1) Libera (Part I) - Saturninre Spheres
2) Libera (Part II) - Ascent Of Burning Moths
3) Intra Venus
4) Eyrie
5) Urn (Part I) - And Within The Void We Are Breathless

6) Urn (Part II) - As Embers Dance In Our Eyes

DISCOGRAPHIE

Portal of I (2012)
Citadel (2014)
Urn (2017)

(2017) - melodeath - Label : Season Of Mist



Une minute et quinze secondes. C’est le temps d’écoute nécessaire pour savoir que Urn est une tuerie. Une minute et quinze secondes pour passer d’un arpège à la guitare hyper mélodique à une voix douce remplie d’émotion posée sur une musique hyper speed et hyper violente. En soixante-quinze secondes (je te vois calculer pour savoir si le compte est bon), Ne Obliviscaris nous a mis la tête dans les chiottes et a tiré la chasse encore et encore. Mais contrairement à l’époque où on te faisait ça au collège, là tu adores.

Urn est la troisième production des australiens en quinze ans d'existence. Si vous ne les connaissez pas encore, il vous faut savoir qu’une des particularité de Ne Obliviscaris est d’avoir un violon avec eux. Pas des nappes de violons type orchestre comme tous les groupes de metal symphonique, non un seul violon qui, lors de ses interventions (intelligemment placées), permet de se recentrer après l’abondance musicale que vous venez de subir. Qu’il soit central comme sur "Libera, Pt.1" (et surtout "Libera, Pt.2") ou en accompagnement délicat sur "Urn, Pt.2", sa présence a toujours le mérite de raccrocher une oreille qui pourrait se perdre dans le déluge de sons et de rythmes. C’est d’ailleurs une constante sur cet album, ne pas noyer l’auditeur sous la puissance de sa musique. Il y a toujours un passage, un interlude, un changement de tempo qui va permettre de reprendre son souffle sans pour autant que ce soit ennuyeux. Ainsi, "Libera, Pt.2" permet avec douceur d’introduire "Intra Venus", furie dont il faudra attendre la moitié de la piste pour qu’une guitare acoustique vienne nous offrir un peu de répit avant la suite tout aussi mouvementée. Et il en va ainsi durant les quarante-cinq minutes rythmant cet album. Si "Eyrie" se permet de prendre son temps dans une danse entre la guitare et le violon, c’est pour mieux par la suite déballer une nouvelle salve de violence rythmée par cette batterie à la cadence militaire. Le son des fûts est tellement lourd, tellement puissant qu’il fait l’effet d’un mur de son. Un peu l’équivalent en batterie du mur de son créé avec sa guitare par Devin Townsend. Un bloc massif qui donnera le ton du début à la fin.
Découpé en deux parties, le titre éponyme occupe les deux dernières places de l’album. Après un riff lourd et massif, proche du doom, la guitare solo débarque sur "Urn Pt.1" accompagnée par un violon hurlant. Enfin, la violence se fait jour. Plus d’une fois, Urn a côtoyé le black metal, mais difficile d’en être plus proche que sur ce morceau. Si les influences jazz ou flamenco sont encore présentes (notamment sur ce titre), elles se font relativement discrètes, plus souvent reléguées au niveau de simple touche posées là avec parcimonie. Ne Obliviscaris flirte avec les frontières du death et du black, mais toujours en conservant une mélodie complexe. Ainsi dans cette première partie, aucune pause ne sera accordée. Sans faire preuve de facilité ou de légèreté, ce titre envoie des caisses de bonheur du début à la fin. Et pour clôturer l’album en beauté, "Urn, Pt.2" s’ouvre sur ce violon si strident et agressif. Doublé par le growl de Xenoyr, cette piste est moins rapide, mais plus imposante. La guitare rythmique se permet même un petit groove funky pas désagréable, pour finalement enchaîner sur du pur melo death, soutenu cette fois par la voix presque féminine de Tim Charles.

Ne Obliviscaris, c’est comme ce gamin qui a la moitié de ton âge mais te met à l’amende à Mario Kart sur Snes après y avoir joué seulement depuis une heure, alors que toi ça fait trente ans que tu te vantes d’être imbattable. Les mecs débarquent, écrasent la concurrence en pondant un troisième album toujours frais et puissant alors qu’ils sont dans un registre difficile à faire évoluer. Qu’importe, ils ont créé leur propre style de death metal, et c’est toujours aussi bon. Allez, m’en vais m’entraîner à Mario Kart moi… Sale gosse...


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