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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 23 août 2017
Sa note : 17/20

LINE UP

-Beren Tol Galen
(chant+guitare+basse+claviers+programmation)

-Draendil
(chant+guitare+basse+claviers+programmation)

-Luthien
(chant+guitare+claviers)


TRACKLIST

1) Fog in the Hills of Anor
2) Asunder
3)
Woodfall
4) Northern Clans
5) The Mountain Grave


DISCOGRAPHIE

Asunder (2017)

Maglor - Asunder
(2017) - black metal folk - Label : Sounds of the Land Records



« You don’t have a soul. You are a soul. You have a body.  » Et cette âme – et ce corps vibre(nt) au son de certains airs. La vibration peut-être intense, violente et passagère. Elle peut également être plus douce, procurer une sensation de bien-être, de communion avec l’univers, et durer dans le temps. Ce qui est logique quelque part, vu que l’âme est atemporelle. Bienvenue chez Maglor.

Après Sojourner et la paisible visite dans de lointaines contrées, voici les Canadiens de Maglor, qui nous proposent la version sylvestre de Summoning. Pas de visite chez oncle Sauron par ici : l’auditeur est plutôt invité à plonger au cœur de la forêt, et à respirer, doucement, au son des nombreuses – et plutôt discrètes nappes de claviers, et des  instruments folks – ou de samples - dont les interventions sont disséminées de-ci, de-là… L’orage gronde au loin ("Fog in the Hills of Anor", "The Mountain Grave"), les guitares, à peine plus tranchantes que chez les vétérans autrichiens, titillent légèrement le conduit auditif, tout comme les cris, pas trop appuyés. Le rythme ? Encore plus pépère que chez Summo ou Agalloch – forcément, il fallait bien faire le rapprochement avec ces derniers, odeur de (sa)pin et instruments faits mains obligent. Dans ce domaine, on se rapproche plus du premier Katatonia. L’évocation de Blackheim et ses amis n’est pas fortuite : outre le tempo presque doom, un certain nombre de mélodies à haute teneur en mélancolie, rappelle un peu le mythique Dance of December Souls. Si on ajoute à tout cela le fait qu’aucune loufoquerie ne vient perturber l’homogénéité du tout, vous l’aurez bien compris, Asunder est une invitation à a) une bonne grosse sieste ou b) un superbe voyage, digne de ceux que peuvent proposer les groupes sus-nommés au sommet de leur forme.
Personnellement, vous vous en doutez, je vote pour l’option b) et il est probable que les fans fondamentalistes de Sadistik Exekution choisissent a). D’accord, l’album n’a rien de foncièrement novateur, l’ensemble a déjà été écouté chez d’autres, mais la maîtrise du trio à la feuille d’érable est indéniable. Le groupe sait suffisamment varier son propos pour que chaque nouvelle écoute fasse découvrir à l’auditeur un nouveau détail de cette magnifique fresque païenne. Les quelques chœurs féminins ("Fog in the Hills", "Woodfall"... ) apportent leur eau (fraîche et cristalline) au moulin, tandis que la double grosse caisse de Monsieur l’ordinateur procure à Asunder un niveau minimal d’énergie en dessous duquel l’assoupissement aurait pu être envisagé. Petite curiosité : les tout premiers arpèges de "The Mountain Grave" font tellement penser à "Man of Iron" qu’on jurerait que Quorthon va se mettre à chanter. Illusion très éphémère – la suite du titre final se promène plus du côté d’Agalloch –, mais qui ajoute au plaisir que l’on prend à parcourir cet album comme on entreprend une belle marche, seul et en silence. Le pied, quoi.

Asunder fait danser ensemble Summoning, Agalloch et le Katatonia des premier temps, dans une clairière, un matin brumeux. Regardez-les se mouvoir, puis aller vous perdre au milieu des arbres. Lorsque vous arriverez au ruisseau, vous les trouverez. Beren Tol Galen, Draendil et Luthien vous y attendent.  



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