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CHRONIQUE PAR ...

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Ptilouis
Cette chronique a été mise en ligne le 12 juin 2017
Sa note : 17/20

LINE UP

-Mikee W Goodman
(chant)

-Joe Rosser
(chant)

-Dan Weller
(guitare)

-Pin
(guitare)

-James Leach
(basse)

-Dan Foord
(batterie)

Guest

-Spencer Sotelo
(chant sur "Cracks of Light")

TRACKLIST

1) Vivid
2) Century Of The Narcissist?
3) The Aura
4) This Ship Has Sailed
5) Weavers Of Woe
6) Cracks Of Light
7) Golden Cufflinks
8) The Moon`s Been Gone for Hours
9) Riddles Of Humanity
10) No Wishbones
11) Ride The Illusion
12) When It Rains

DISCOGRAPHIE


Sikth - The Future In Whose Eyes ?
(2017) - barré metal prog math intense fou - Label : Millenium Night



Fin 2015, SikTh se plaçait sur le devant de la scène avec son E.P. Opacities. Après des années d’absence, le groupe prouvait qu’il avait encore des choses à dire et qu’il maîtrisait parfaitement son sujet. Moins de deux ans plus tard, les Anglais reviennent avec un nouveau second vocaliste Joe Rosser (Aliases) qui accompagne l’indéboulonnable Mikee, mais surtout avec un véritable nouvel album : The Future in Whose Eyes ?. Alors, suite à l’excellente surprise que représentait leur E.P., le doute était permis. Les Anglais allaient-ils avoir encore la niaque ? Oui et plus que jamais !

Lancé l’écoute d’un album de SikTh, c’est la promesse de vivre un maelstrom de voix, de riffs et de groove où la folie et la maîtrise technique sont les plus grandes amies du monde. Dès "Vivid", l’amateur sait qu’il va prendre très cher. Mikee déboule avec son comparse Joe, ça hurle, ça groove, les mélodies s’enchaînent, le pétage de câble n’est jamais très loin et les riffs poussent au headbang. Puis break avec un refrain énorme et c’est reparti pour un tour. L’intensité de ce premier titre est à l’image d’un album sans compromis. Car dès la fin de la piste, l’enchaînement avec "Century of the Narcissist ?" se déroule sans problème et la furie reprend, menaçante, sans baisser en rythme ni en intensité. Pour que cela fonctionne, les deux vocalistes ne s’économisent pas et font un travail admirable rendant extrêmement bien les différentes émotions (colère, folie, menace, mélancolie…) avec un Joe qui ne démérite pas et un Mikee en forme olympique. Car qu’il beugle, qu’il chante ou qu’il fasse des spoken words, l’homme brille partout. Et pour ajouter à la diversité vocale, on note l’apparition réussie de Spencer Sotelo (Periphery) sur "Cracks of Light". Une intervention réussie pour un des meilleurs morceaux du disque.
Mais pour ajouter de l’intensité, il faut bien entendu parler du travail exceptionnel des instrumentistes et notamment de Dan Weller. Le guitariste maîtrise extrêmement bien les riffs bien groovy, les passages violents ou menaçants ("Riddles of Humanity" que Meshuggah ne renierait pas), les phrasés mélodiques ("Cracks of Light") ou les breaks aériens ("Cracks of Light", "Century of the Narcissists?", "Ride The Illusion") qui insufflent une nouvelle dynamique bienvenue au sein des morceaux. De son côté, la basse grogne, groove (ndlr : le groove, on vous le dit !) (le slap sur "The Aura"), apporte son lot de mélodies (le tapping de "Weaver of Woe") et accompagne très bien une batterie qui cogne tout du long. Car comment ne pas headbanguer sur les coups de butoir de Dan Foord dans "Riddles of Humanity" ou l’intro ultra efficace de "No Wishbones" ? Comment ne pas se sentir happer par la métronomie d’un "Weaver of Woe" ? A cela, il faut ajouter que SikTh garde toujours son penchant pour la dissonance ("Ride The Illusion"), les breaks impromptus ("Weaver of Woe") ou les rythmiques asymétriques et l’on obtiendra un tableau fidèle du chaos qui se déverse dans les oreilles. Mais rassurez-vous, les Anglais ont aussi pensé à vous si votre cerveau fatigue en incorporant des transitions narratives plus calmes et souvent réussies (seul "The Moon’s Been Gone for Hours" s'avère un peu trop longue) entre trois parpaings de folie créatrice.

Avec The Future In Whose Eyes ?, SikTh est définitivement de retour avec un album sans concession, moins diversifié que le précédent, mais terriblement intense et addictif. En un peu plus de quarante minutes, les Anglais happent l’auditeur, le malmènent à travers des riffs brise-nuques, des chants schizophrènes, des refrains imparables, des breaks impromptus et surtout une ambiance inimitable où la colère et la folie vont de pair. SikTh transforme l'essai, tabasse toujours autant et ça, ça fait rudement plaisir !



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