17696

CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 13 avril 2017
Sa note : 13/20

LINE UP

-Axel Söderberg
(chant+claviers)

-David Kälin
(chant+guitare)

-Charlie Van Loo
(guitare)

-Magnus "Mange" Delborg
(basse)

-Pontus Jordan
(batterie)

TRACKLIST

1) The Hive
2) Electrical
3) Without Warning
4) Letare
5) Night Line
6) Point of Return
7) Boston Gold
8) Hungry Love
9) Dark Sides
10) About Time

DISCOGRAPHIE

About Time (2017)

Horisont - About Time
(2017) - hard rock - Label : Century Media



Voici un peu plus de dix ans que les membres de Horisont se sont jetés dans l'intense mêlée des formations suédoises de hard rock old school en essayant de faire entendre leur voix dans un style propice au plagiat. Pas facile. Moins speed qu'Enforcer, plus léger que Witchcraft, moins bluesy que Graveyard, plus rugueux que Year of the Goat, moins orgasmique que The Night Flight Orchestra, plus emballant que The Dagger, moins mercyfulfatien que Noctum, plus récent que Spiritual Beggars et moins masqué que Ghost, Horisont suit son bonhomme de chemin sans réussir pour l'heure à se hisser au niveau de notoriété de la plupart des compatriotes pré-cités. About Time, le cinquième album, marquera-t-il une étape décisive dans la carrière en constante progression de ces adeptes des voyages rétro ?

Si la curiosité et l'intérêt sont de mise, c'est que les Nordiques ont su donner des gages de fiabilité au fil des parutions, faisant espérer la grande œuvre qui allait les faire exploser à la face du monde, celui peuplé exclusivement d'amateurs de heavy revival tout du moins. Aux deux premiers LP sans grand relief a succédé Time Warriors sur lequel le chant a été à peu près canalisé, puis un concept album de science-fiction « à l'ancienne » intitulé Odyssey qui trahissait une ambition plutôt inattendue, symbolisée par les dix minutes du titre d'ouverture. Point de longueurs similaires sur cette nouvelle livraison au format des plus classiques – neuf pistes comprises entre trois et quatre minutes, alors que la dixième aurait pu remplir les mêmes critères si elle n'avait été délayée avec un large extrait de l'adaptation radiophonique de 1950 de La Machine à Explorer le Temps (Time Machine) de H.G. Wells, la référence parfaite compte tenu du genre musical pratiqué par ces bacchantes vikings en pattes d'éph'. L'autre moment incongru de l'enregistrement s'apparente à une sorte de valse sur "Point of no Return", joli passage qui n'en tombe pas moins comme un pétale de rose dans le surströmming. Deux tentatives maladroites qui témoignent des difficultés du collectif septentrional à se sortir du carcan certes plaisant mais un peu réducteur du big rock des années soixante-dix et quatre-vingts fondé sur du couplet-refrain-solo réglementaire. Les influences sont nombreuses, solides, souvent prestigieuses, tout en donnant l'impression d'étouffer les chansons, faute d'une écriture susceptible de les transformer en autre chose que d'habiles recyclages.
Ainsi le célèbre refrain de "Hold the Line" de Toto vient instantanément se greffer sur celui de "Without Warning" tant la ressemblance entre les deux est troublante, le couplet du sus-nommé "Point of no Return" se révèle un calque convaincant de celui de "Waiting too long" de Diamond Head, "Boston Gold" doit manifestement beaucoup à Mötley Crüe et son "Public Enemy #1", tandis que "The Hive" contient un solo qui aurait fait une esquisse probante de celui de "Highway Star" de Deep Purple... Et ainsi de suite, chacun complétera la liste au gré de ses réminiscences. Pour autant, le dynamisme ne fait pas défaut et la référence principale de la section scandinave, le Thin Lizzy deuxième période, lui permet de tisser une ambiance chaleureuse à grands renforts de guitares harmonisées et de refrains fédérateurs. A l'instar du thème subtilement mélancolique d'"Electrical" - hello Survivor ! - certaines séquences retiennent favorablement l'attention sur les deux premiers tiers du recueil : hélas, en l'absence d'une inspiration soutenue, ces belles étincelles ne déclencheront jamais la mise à feu espérée. Quant aux vocalises d'Axel Söderberg, elles contribuent toujours à l'identité sonore du quintet - de façon positive, désormais. L'époque des braillements suraigus à la limite de la fausseté paraît en effet belle et bien révolue - le titulaire du micro et des claviers spatio-kitschs s'engageant avec une certaine réussite dans un registre médium, notamment sur "Letare" scandé, une fois n'est pas coutume, dans sa langue natale. Qu'on ne s'y trompe pas néanmoins, la tonalité générale demeure stridente et évoque de manière troublante les performances exubérantes de Don Francisco de Highway Robbery, modèle supplémentaire dans la longue liste de ceux que se sont appropriés les cinq velus de Göteborg, sans vraiment parvenir à aller au-delà de la simple, quoique agréable, restitution.


S'écoutant sans déplaisir pour peu qu'on soit sensible aux accents épiques des guitares seventies et autres sonorités surannées de la décennie suivante, About Time ne recèle toutefois pas de compositions suffisamment marquantes pour permettre à Horisont de concurrencer les noms déjà installés en haut de l'affiche du hard rock vintage. Irréprochables dans l'interprétation à quelques éructations près, sympathiques dans leur démarche mais peinant à bonifier un matériau aussi noble que maintes fois manipulé, les musiciens de l'Öresund, plus receleurs qu'alchimistes, donnent le sentiment avec leur dernière réalisation d'avoir atteint leur plafond de verre.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6