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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 09 janvier 2017
Sa note : 16/20

LINE UP

-Andy Marshall
(tout)

TRACKLIST

1) Guardians
2) The Declaration
3) Autumn Rain
4) Hearth
5) Tears of a Nation


DISCOGRAPHIE

Aura (2014)
Guardians (2016)
Forgotten Paths (2019)

Saor - Guardians
(2016) - black metal folk atmo - Label : Northern Silence



L’odeur des plantes humides, la sensation du vent qui nous fouette le visage. Et l’absence totale de vacarme humain. Le sentier à suivre n’est qu’une timide ligne qui s’excuserait à peine de venir perturber Dame Nature, reine en son domaine. Quel vacarme humain peut le mieux incarner cette absence totale de vacarme humain mentionné plus haut ? Aura était certainement l’un des meilleurs prétendants au titre de « Grande Illustration Métallique Naturelle ». Deux ans après Andy Marshall remet ça…

… et la pochette qui nous est proposée nous indique, avant même la première écoute, qu’il n’y aura pas d’intermèdes electro, ni de passages funky au programme. On continue dans le trip « marche au cœur de l’Ecosse », à grands coups de black metal atmosphérique et folklorique à la fois. Les instruments traditionnels sont de sortie –  ne me demandez pas de précisions sur ce qu’est un Bodhrán s’il vous plaît , et Andy compte bien s’en servir à nouveau pour colorer sa musique d’une touche traditionnelle, totalement dans la ligne de ce qui avait été entendu sur Aura. Le type de production, lui aussi, se maintient : la batterie mais aussi, et surtout, la voix restent en retrait. Comme dirait un certain forumeur qui se reconnaîtra, on a toujours la sensation que « le chanteur est dans la pièce d’à côté » (sic and lol), ce qui continuera à gêner les amateurs de clarté sonore et à plaire à des personnes dans mon genre, pour lesquelles un certain « brouillard musical » est loin d’être un défaut. Le format de Guardians est également absolument identique à celui de son prédecesseur : cinq longs titres dépassant presque tous les dix minutes. Bref, Guardians pourrait être intitulé Aura II tant les changements sont marginaux.
Marginaux mais bien réels cependant : si Aura I était déjà fort mélodique, Guardians l’est encore (bien) plus, et l’on peut même affirmer que toute l’intensité de ce nouvel album a été mise au service de mélodies omniprésentes et un brin douloureuses. Que ce soient à travers les instruments à corde ou à vent, ou par l’intermédiaire de chœurs comme sur "Hearth", l’ensemble de l‘œuvre est baignée dans une sorte de tension mélodique perpétuelle assez fascinante. Le revers de la médaille ? Comme aurait dit La Palisse, si toute l’intensité est destinée à un but, elle est absente autre part. Et là où Aura pouvait arracher la gueule par moments, grâce à une rythmique souvent saccadée et/ou sauvage, Guardians est bien plus lisse. Seul l'époustouflant "The Declaration" montre un visage agressif, le temps notamment d’une montée en puissance d’anthologie au milieu du morceau, débouchant sur des blasts-beats excellemment amenés. Pour le reste, Saor est doux comme un agneau et séduit quasi exclusivement par sa beauté.


En conclusion, là où Aura proposait un équilibre extraordinaire entre délicatesse et hargne, Guardians penche très nettement du côté de la mélodie. Est-ce un mal ? A chacun de se faire son idée, cela paraît en tout cas une volonté délibérée du créateur de l’œuvre. Respectons-la et apprécions ce fort délectable troisième volet de la saga Saor, en espérant quelques changements pour la suite.



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