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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 02 mars 2008
Sa note : 12/20

LINE UP

-Alexx Stahl
(chant)

-Thilo Feucht
(guitare)

-Roger Dequis
(guitare)

-Ingmar Holzhauer
(basse)

-Neudi
(batterie)

TRACKLIST

1)Liberator
2)On the Run
3)The Isle of Man
4)War
5)Beyond the Gates
6)Metal Ball
7)Playground for Billions
8)Led Astray
9)Sniper

DISCOGRAPHIE

Ferrum Gravis (2008)

Viron - Ferrum Gravis
(2008) - heavy metal - Label : Metal Heaven



Viron : en voilà un groupe avec un potentiel testiculaire certain. Parce que sortir un 1er album intitulé New Wave of German Heavy Metal tout en singeant le Blind Guardian de l'époque Somewhere Far Beyond, fallait quand même oser. Remarquez, l'ordre des mots avait son importance : ce n'était pas Wave of New German Heavy Metal, hé hé ! Bref, après ces débuts tout de même salués outre-Rhin, Viron revient avec Ferrum Gravis, qui nous propose un programme pas vraiment différent.

Ah si, il y a bien "Liberator" qui nous envoie dans les gencives un riff à la Megadeth bien senti. Le reste de la chanson n'a pas vraiment de rapport avec l'œuvre de Mustaine, mais on va pas cracher sur un peu de changement. En revanche la voix cristalline d'Alex Stahl fait toujours bonne figure, improbable croisement entre Hansi Kürsch et Bernard Weiss d'Axxis dans sa façon de monter dans les aigus. On se surprendrait même à taper du pied inconsciemment sur un premier tiers impeccable : "On the Run" est un mid tempo bien mis en valeur par la frappe lourde de Neudi, et qui dispose surtout d'un refrain excellent, presque pop/rock. L'influence Blind Guardian revient par contre au galop, à travers les intonations de Stahl et un break très posé. Quant à "The Isle of Man", place au heavy metal teuton des plus classiques : riff méchant, double pédale à fond la caisse, «oh oh oh» haut perchés, tout y est. Mais c'est réussi, un point c'est tout.

Bref, tout ça se présente bien jusqu'à l'erreur fatale : la tentative de ballade acoustique avec chœurs… à la Hansi bien sûr. Sauf que "War", ce n'est pas "A Past and a Future Secret". Non, ce serait plutôt une longue complainte imbuvable au cours de laquelle il ne se passe rien, et qui semble durer bien plus longtemps que les 4:30 affichées au compteur. Malheureusement, Ferrum Gravis ne s'en relèvera pas. A aucun moment la suite ne retrouve la fougue rafraîchissante du début, à part sur un "Metal Ball" bien heavy. Viron tente bien quelques expérimentations sur la fin, mais le résultat laisse parfois dubitatif. Avec son riff à la fois martial et mélancolique, "Playground for Billions" s'en tire bien, malgré des chœurs ratés. En revanche, "Sniper" semble interminable, avec ses 12 minutes de heavy faits d'enchaînements incohérents qui jamais ne donnent l'impression de former un tout. Triste façon de finir un album pourtant très prometteur à certains moments.


Difficile d'arrêter un avis tranché sur un album aussi irrégulier que ce Ferrum Gravis. Viron souffle sans cesse le chaud et le froid, tutoyant les sommets pour mieux replonger dans les abysses. Restent néanmoins quelques promesses qui devraient constituer un terreau fertile pour l'avenir, à condition que Viron voie plus loin et se décide à se forger sa propre identité. Un pari difficile, mais qui méritera d'être suivi de près.


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