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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 12 juillet 2016
Sa note : 16/20

LINE UP

-Adrien
(chant)
 
-Simon
(guitare)
 
-Olivier Lolmède
(basse)
 
-Ivo
(batterie

TRACKLIST

1) Mal du siècle
2) Low Empire
3) Tributes and Oblivions
4) Volition
5) Mineral Tears
6) Oculi Lac
7) Tame the Shapes
8) Eros Culture

DISCOGRAPHIE


Plebeian Grandstand - False Highs_True Lows
(2016) - black metal - Label : Throatruiner



Oyez, oyez. Deathspell Omega est français. Deathspell Omega vient du Poitou. Deathspell Omega règne sur la France. Pourtant, il commence à semer les graines de sa propre discorde. De sa chute ? Jugez donc, impartiaux et imperméables aux influences extérieures. Plebeian Grandstand. Rien que le nom se pose en égal de la désormais séminale troupe. False Highs – True Lows, le titre d’album titille également. Toulouse. A l’Ouest mais dans le Sud désormais. Relève ?

Car les Pictaviens sont pour l’instant sans descendance crédible en leur propre pays. Et en dix secondes, l’évidence vient s’apposer : Plebeian Grandstand a pour maître, pour guide, Deathspell Omega. Un rejeton officiel. Un héritier du trône s’enflamment immédiatement les plus enjoués. Il faut avouer qu’ils ont sévèrement raison à première écoute. Ça envoie méchamment du bois. Riffs acérés, dissonants, batterie hystérique, haut niveau de technicité. Complexité et exigence. Le cahier des charges semble tout droit sorti du grand frère. On sent le frémissement, et si ? Et si c’était possible qu’enfin nous assistions à la naissance (enfin, confirmation car il s’agit déjà du troisième album des Sudistes) du successeur ? De l’héritier désigné, de celui qui mérite de reprendre le trône laissé a priori vacant.
Voilà tout le défi qui toise les Toulousains, pourfendeurs sans peur et sans reproche des montagnes à gravir. Et pour monter tout en haut ils ont décidé de passé par la Fas nord. Car le deuxième véritable album de Deathspell Omega est celui qui ressort le plus à l’écoute de ce False Highs – True Lows. Cependant, et fort heureusement, quelques différences éparses viennent s’intercaler. Tout d’abord, le son est un poil plus gras, laissant le germe du death metal s’exprimer plus clairement, même s’il ne faut absolument pas s’attendre à du gras floridien. Ajoutez à cela un niveau de technicité qui s’il est méritoire ne peut se hisser à la grandeur des pionniers. Evidemment cela ne veut pas forcément dire grand-chose étant donnée la base de départ. Ce qui s’avère totalement vrai, car Plebeian Grandstand marque les esprits à ce niveau malgré tout.
Les défauts se font alors rares lorsqu’on constate que les compositions malignes et subtiles tapent dans le (très) haut du panier. Evoquer une égalité avec la référence ne devient plus un parjure ni un affront, mais bien une quasi évidence. Alors bien sûr l’intensité ne rivalise pas entièrement, pourtant l’oreille acquise à la cause des Toulousains savoure chaque instant et chaque riff, tantôt discordant, tantôt vicieux, toujours sérieux. Car c’est un fait unanime, le ton est absolument hors de portée de toute velléité secondaire. Tant et si bien que cela pourrait déplaire à ceux qui cherchent une musique plus accessible. D’un autre côté, au vu de la référence citée, personne ne recherche une quelconque accessibilité en arrivant en connaissance de cause. Autre point, la très grand homogénéité de l'ensemble peut s'avérer difficilement digestible, fort heureusement l'album a l'heur de ne point trop s'étendre à longueur.


Le miracle a bien eu lieu. Le principal reproche de trop ressembler aux maîtres ne tient face aux qualités énormes de ce disque. Oui, niveau originalité on repassera, pourtant la personnalité est là et surtout les compositions s’imposent dans ce style si particulier de black dissonant. Amateurs, réjouissez-vous, la France a son héritier.


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