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CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 31 mai 2016
Sa note : 16/20

LINE UP

-Erlend Hjelvik
(chant)

-Maciek Ofstad
(guitare+chant)

-Vidar Landa
(guitare+piano)

-Bjarte Lund Rolland
(guitare)

-Marvin Nygaard
(basse)

-Kjetil Gjermundrød
(batterie)

TRACKLIST

1) Dendrofil for Yggdrasil
2) 1985
3) Nattesferd

4) Svartmesse
5) Bronsegud (SSQ)
6) Ondskapens Galakse
7) Berserk
8) Heksebrann
9) Nekrodamus

DISCOGRAPHIE

Kvelertak (2010)
Nattesferd (2016)

Kvelertak - Nattesferd
(2016) - black metal barré stoner hard FM KVE-LER-TAK ! - Label : Roadrunner Records



« Pitchfork metal » peut-être. « Hipster metal » peut-être. « Pas du metal » peut-être aussi. En attendant, la musique selon Kvelertak botte des arrières-trains à sa manière : violente, enjouée et sans concessions. Sans concessions, vraiment ? - Sur NattesferdVoyage de Nuit ») , le troisième né des Norvégiens, il nous semble entendre des concessions. L'album apparaît quelque peu différent de ses deux prédécesseurs. La première écoute est étrange. Mais finalement, faire des concessions, ne pas faire de concessions : on s'en fiche un peu, non ? L'important, c'est de tabasser et d'évoluer. De ce point de vue là - tabasser et évoluer - Nattesferd remplit son office. Il tabasse. Il évolue.

"Dendrofil for Yggdrasil" ouvre la danse d'une manière pas si différente de ce que l'on connaît alors de Kverletak. Quelques riffs flirtant avec le black metal trouvent leur place d'entrée de jeu, jolis placements, accompagnés de ce chant hurlé-crié-blacké si caractéristique, lui aussi fidèle au poste. Des riffs black d'entrée de jeu, donc, et ce seront bien les seuls sur Nattesferd, qui leur préfère les arpèges country ("Heksebrann" - deal with it). Car bien rapidement, l'équilibre de la force est rompu. La tradition du 100 % black / 100 % heavy / 100 % barjot (car tout se fait à 100 %, chez Kverletak) cède le carré d'herbe aux mid-tempo nés du hard-fm et du classic rock, nés d'une autre tradition, moins extrême. "1985" force du mal. "1985" force de changement. Ce qu'est devenu Kvelertak est décontenançant à plus d'un titre. Pour un peu, le voilà presque devenu adulte, notre Kverlertak ! Le palm-mute et l'absence de riff n'aide pas à se sentir comme chez soi (mais où sont donc les trois guitares annoncées ?) Le chant ? Ouf, c'est bon. Il demeure. Mais sur quoi se pose t-il, oiseau fragile ? Sur ce mid-tempo mou du genou ? Oh la la... hahaha. C'est une première impression qui vaut ce qu'elle vaut. Le problème, c'est que ce Kverlertak nouvelle formule dont le dosage a évolué - moins de violence, davantage d'efficacité - est insidieux. Un véritable poison. Un calvaire. Une addiction. La production, hors des sentiers battus, ronde, douce, et bardées de petits détails (nous avons retrouvé nos trois guitares !), n'arrange pas le sevrage.
« Tequila, Heineken, Pas l'temps d'niaiser », voici-voilà que Kverlertak nous emmène sur des sentiers qu'il maîtrise mieux que personne. Nattesferd oscille entre un feeling rétro des plus agréables et une incroyable modernité dans le mélange des genres, et dans la manière d'en dompter le résultat. Sur "1985", c'est l'euphorie, la joie, le sourire. Sur "Nattesferd", c'est la folie, le psychédélisme, l'euphorie. Les guitares sont à la fête et les filles portent des jupes, les filles portent des riffs et font le signe ! "Ondskapen Galakse" occupe le poste de power-ballade, sourcil froncé, mélancolie en toile de fond, mais euphorique, encore. Nattesferd n'échappe pas à la bonne humeur. "Nekrodamus " (c'est donc certain : un morceau « Nekro » par album - bien vu les loulous) se la joue doom / stoner, mais voilà, dans la joie, toujours, et c'est étrange. "Berserk" hausse le ton. Juste un peu. Car il n'avait jamais vraiment non plus été si bas que ça, le ton, il ne faut pas déconner. Sur Nattesferd, c'est le dosage qui diffère, pas le fond. Il reste et demeure plus que jamais « Kvelertak », le fond. Et sans effort, je dirais. Kvelertak évolue tout en restant lui-même, il mûrit, il donne le sourire, envie de se battre, envie de crier, envie de se retrouver seul, envie d'évasion. La vie selon Kverletak. La Norvège revisitée, Messieurs-dames. Les guitares sont à la fête en permanence. Les bons riffs sont plus fréquents que les rencontres d'animaux sauvages dans les hautes herbes. On ne sait, très honnêtement, plus où donner de la tête. Piégeux, ce Nattesferd.


Que retenir ? Nattesferd est un disque de sang-mêlé dans ses influences. Le tempo ralentit mais l'esprit ne change pas. La mélodie est omniprésente mais n'empiète pas sur le territoire des riffs d'excellences. La mélancolie existe, mais demeure en retrait d'une euphorie - on l'a dit - omniprésente elle aussi. Une évolution sans être une révolution, le tout en conservant une créativité et une qualité constante. Franchement, que demander de plus ? Nattesferd est une petite tuerie.

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