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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 27 mai 2016
Sa note : 15/20

LINE UP

-Gast
(chant)
 
-Peste
(guitare)
 
-Skärseld
(guitare)
 
-Galar
(basse)
 
-Likfärd
(batterie)

TRACKLIST

1) Intro – The Sombre Angel
2) As the Moon Bleeds…
3) The Ascension
4) Swallowed by the Ages
5) Slaves Under a Dying Sun
6) Metamorphosis
7) Blood on the King’s Hands
8) Hymnens Svarta Toner
9)
Under Torn Constellations
10) Throne of Shattered Divinity

DISCOGRAPHIE

Antologi MMXV (2016)

Murdryck - Antologi MMXV
(2016) - black metal - Label : Black Lion records



Murdryck... Si le nom peut prêter à sourire, son parcours moins. Enfin, pas spécialement, mais la formule est jolie. Bref, un groupe suédois passé par les affres de l’ambient en 1999 avant de renaître de ses cendres chaudes (le groupe n’est en effet jamais devenu défunt) en 2014 pour inclure des guitares et se prêter au jeu du classique black metal à riffs. Étrange destinée car l’inverse se vérifie plus souvent (posez donc la question à monsieur Grishnackh). Soit. Partons donc nu de préjugé.

Difficile de croire que cette légion nordique versa dans l’ambient dans une jeunesse primesautière lointaine. Car entendre le déferlement de riffs purement black metal rend difficilement concevable une telle option. En fait, la proéminence passagère de la basse donne envie de comparer les Suédois à des voisins norvégiens : Carpathian Forest version Strange Old Brew. Classique donc. Et en enlevant les facéties étranges de la bande à Nattefrost. Néanmoins, rengainez les comparaisons trop hâtives car Murdryck regorge de… sinon surprises, disons éléments inattendus. Par exemple le riff typiquement heavy metal lyrique, ou la syncope sans détour, la cassure rythmique et même le solo emphatique. Globalement l’ambiance s’en tient au black metal classique, ce qui sied parfaitement à toutes les oreilles des amateurs du genre. Malignement cependant, le groupe s’amuse à tordre le coup à nos idées préconçues.
Et il le fait de manière très pertinente pour tout dire, sans vouloir trop en faire et étaler ses différences. Comme dit précédemment, cela demeure dans le domaine du subtil, jamais trop longtemps ni trop souvent. Le socle qui lie l’ensemble est clairement black metal classique, norvégien de surcroît, c’est-à-dire jamais purement brutal, d'autant plus que le mid-tempo s'affirme régulièrement, et toujours entiché d’un fond mélodique. Les aérations parsèment toutefois ce classicisme avec bonheur et maintiennent en permanence l’attention de l’auditeur qui ne veut pas louper la prochaine gâterie, telle s’amuse-t-on à la qualifier à force d’occurrence. Murdryck passe donc de la case black metal norvégien ultra classique à celui de trublion qui ne s’affiche pas. Pernicieux, toujours subrepticement, en douceur, sans forcer les choses. Et c’est salement efficace.
Efficace, finalement un adjectif qui s’adjoint dignement aux compositions proposées sur cette galette. Étrangement efficace même. Car ce mélange de classicisme empreint de menues surprises ne devraient pas forcément se loger sous cette enseigne, pourtant le constat est là. Nos oreilles prises au jeu attendent la suite avec avidité et ce, dès la première écoute. Fort heureusement, tout ceci est fait derrière les atours dus à un groupe de black metal norvégien (de Suède) : guitares froides auréolées de riffs boréaux, chant raclé à l’ancienne sans saloperie claire et batterie sylvestre. Attendez. Non, la batterie justement n’est pas sylvestre. Un peu colorée, elle détonne par son caractère légèrement synthétique. Rien qui ne fasse sortir de notre rêverie, cependant suffisamment pour créer une légère gêne et un décalage coupable vis-à-vis du black profond des guitares.


Album chaudement recommandé pour tous les amateurs de black metal. Norvégien oui, mais également heavy, ou original. Un peu de tous les black metal qui s’en tiennent aux instruments traditionnels. Ces amateurs-là se régaleront pour peu qu’ils apprécient le changement subtil. Car surprise, Murdryck est, peut-être plus que n’importe quelle autre de ses qualités, subtil (bien plus que sa sale pochette...). Et ceux qui aiment la basse aussi.


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