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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 20 février 2016
Sa note : 12/20

LINE UP

-Hesgaroth
(chant

-Denosdrakkh
(guitare+chant)

-Aslagën
(guitare)

-Vaahrn
(basse)

-Kraftum
(batterie)

TRACKLIST

1) Let the Carnyx Sound Again
2) Melted Flesh
3) The Venom Within
4) Labyrinth of the Souls
5) Architects of Doom
6) From Glory Towards Void
7) The Dance of Rolling Heads
8) The Last Standing Flag
9) Living My Funeral

DISCOGRAPHIE


Lutèce - From Glory Towards Void
(2016) - black metal - Label : Dooweet Records



Lutèce vient de… Paris. Merci pour l’information. Ne vous enfuyez pas c’est gratuit. Le groupe traîne ses guêtres dans le milieu du black metal depuis 2006 et débarque armé de déjà deux albums et un EP. Des mecs qui ont de la bouteille donc et qui ont su se faire remarquer, sinon pour être clairement au-dessus du lot, tout du moins pour leurs qualités techniques. Ce trait de caractère transparaît d’ailleurs très clairement dans le discours promo qui met l’accent sur les sept et huit cordes des guitares utilisées. Vain ou vanité ou vanitude ?

D’accord, ce type de texte censé donner envie a plutôt l’effet inverse. On devine dès lors un groupe qui va chercher à se cacher derrière ses qualités instrumentales pour justifier une musique peu intéressante, ou complètement à côté de la plaque. Pourtant la rapide intro et les premiers riffs et rythmiques vont rassurer. Oui Lutèce sait envoyer du bois instrumentalement. Les riffs sont balancés avec maestria, les enchaînements ne posent aucun problème et rythmiquement on sent un groupe ultra carré. La batterie contribue fortement à cette constatation, s’acquittant des différents tempos de sa palette sans coup férir. Les minutes avançant, on dénombre masse mélodies et des compositions qui globalement donnent une impression de maîtrise indéniable. L’album fait son bonhomme de chemin pour finir sur une note suave : rien n'a l’air de dépasser, on fleure le tout bon. Seulement notre ministre de la culture d’alors, Jacques, ne l’eût pas mieux dit : vieux mot se méfier de l’eau qui dort. Trop de manque de défaut n’annonce pas brillance. Car cette écoute initiale si elle rassure clairement sur les forces en présence laisse un arrière-goût indéfinissable.
Les écoutes suivantes permettront de le définir : délaissement de l’émotion au profit de la force instrumentale. Et c’est bien cela qui va déranger. Le sentiment alors devient constant que le groupe en a effectivement plein sous la pédale même s'il se borne à montrer ce qu’il sait faire tout en laissant inconsciemment de côté l’émotion. Pourtant on sent un potentiel indéniable de composition, il suffit d’entendre la montée de "Architect of Doom" pour se rassurer sur ses capacités de pourvoyeur d’émotion, de rage même. Seulement trop souvent on se sent délaissé, comme spectateur stérile d’une démonstration de force. Car vous en aurez pour votre argent : riffs puissants, nombreux et variés, batterie impeccable, dominatrice et ambiance froide. Ajoutez à ceci de nombreuses pointes de death imposées majoritairement par la technique de l’ensemble et un chant qui évolue dans l’entre-deux. Au sujet de la batterie, un point à noter, elle semble par moment vivre sa vie indépendamment des autres instruments. Ce n’est pas systématique, mais comme si le batteur souhaitait démontrer ses aptitudes (pourtant largement confirmées), elle évolue dans un monde à part, parfois trop décorrélé du reste pour sonner naturelle.


Une belle déception en somme. Lutèce indubitablement sait jouer et composer de la musique, il le démontre avec justesse par moments. Seulement à trop vouloir donner la primeur à ses capacités techniques évidentes, il en délaisse l’émotion et l’essence même de la musique : les vibrations.


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