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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16/20

LINE UP

-Shyaithan
(chant)

-Al-Marhum Abyydos
(guitare)

-Lecrophiliac Rex
(basse)

-Iblis
(batterie)


TRACKLIST

1)Intromancy : Dzuul ar' shil jaheem
2)Anal-madonna
3)Divine hutamahan frostfuck
4)Hymnvocation of nazarethian nunwhores
5)Magick-consecration Goatsodomy
6)Ceremonial necrochrist redesecration
7)Bismishyaithan
8)Blasphemy... the seventh goatspawn

DISCOGRAPHIE


Impiety - Asateerul Awaleen
(1995) - black metal - Label : Agonia Records



Attention, objet de culte. Originellement sorti en 1995, ce CD a malheureusement connu les affres de l’épuisement de stock pour tous ceux qui en ont entendu parler de réputation. Heureusement Agonia Records a entendu les cris (non, la blague ne sera pas faite) de ceux qui le réclamaient à cors et à cris et c’est comme ça qu’en 2004 l’album a été remasterisé au Studio « Q » en Pologne. Pourtant vous vous dites que diantre, vous n’avez quasiment jamais ouï mot au sujet de ce groupe ou vaguement en 2003 pour la sortie de son dernier album lorgnant vers un death black très virulent. Que se cache donc derrière Impiety?

Après ce suspense digne d’un Ed Wood, vous devez savoir que Impiety est singapourien (ça ne s’invente pas) et joue du « Neo-Barbaric Black Magick Ritual Form-Desecration Musick » (ça ne s’invente toujours pas). Il s’est forgé une solide réputation parmi les fans de black metal plutôt puristes au cours des années. Et c’est plus particulièrement cet album qui soulève le vent d’enthousiasme de la communauté. Ca commence bien en plus. Une intro en guise d’opéra classique qui fait bien monter l’ambiance et hop! Premier riff. Tranchant et rapide il fait penser à du death. Pourtant ni la production (fabuleusement black metal) et ni le chant ne trompent sur l’origine de la musique, il s’agit bien de black metal. En répétant ses riffs avec quelque insistance, le groupe explique bien sa position: carrément true le black. N’allez pas croire que la musique est linéaire pour autant. Chaque chanson réserve son lot de variation rythmique et riffique.

D’ailleurs en se penchant plus en avant sur la rythmique on se rend compte qu’elle imprime un tempo enlevé et qu’on l’entend divinement bien. La batterie étale tous ses atours et, fait moins commun, la basse est très présente. On entend toutes ses lignes et forcément ça ajoute un côté lourdingue à la musique déjà cradingue. Ensuite les riffs sont quasiment tous des perles d’efficacité. On l’a vu, ils ont parfois une tendance death mais le pavillon est et reste black metal. Simples, répétitifs et glaciaux, ils vont emporteront sur les bords de la Scandinavie aussi difficile cela soit-il pour un groupe singapourien. Shyaithan (compositeur-chanteur du groupe) a manifestement énormément apprécié et écouté la vague norvégienne du début des années 90 et il en récite une partition particulièrement juste. C’est vraiment étrange de se dire qu’il faut aller chercher à Singapour un album de black des plus excellent et intègre. Mais tel est le cas.

En plus la troupe se permet d’ajouter quelques éléments peu en vogue à l’époque comme de lointains cœurs masculins synthétisés sur plusieurs chansons ou encore cette apparition fugace mais essentielle de la guitare sèche sur le monument de l’album, "Divine Hutamahan Frostfuck". En combinant tout cela à d’excellents riffs, une production bien garage et organique et un chant singulier (impossible de confondre) cela donne un disque qui vaut vraiment la peine d’être découvert par tous les fans de black metal rapide et respectueux des traditions. Même s’il ne s’agit pas du « meilleur album de black metal de tous les temps » comme j’ai pu le lire, vous avez là un bien fier représentant du genre. Et puis découvrir une telle pépite en 2004 ça fait drôlement plaisir.


Alors autant Impiety cultive le ridicule (cf. les photos des membres du groupe, une pochette ignoble et sa définition de sa musique) autant il sait composer en majesté. Attention toutefois, c’est un album difficile d’accès pour les non fans du genre. Il est donc à déconseiller à tous ceux pour qui le black n’est qu’un genre parmi tant d’autres. Pour les vrais fans par contre, foncez!


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