CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
le 14 juillet 2014




SETLIST

Parsonz Curse
Sleeping Witch
Unnamed 1 (prochain album)
Unnamed 2 (prochain album)
No Good
Blackwater
Vision Shake And Shift

AFFILIÉ

Royal Thunder
Paris - Trabendo
(02 octobre 2013)

20 juin 2014 - Hellfest


Royal_Thunder_Hellfest_20140620

Ahhh, Royal Thunder… Je ne vous cache pas que les Royal Thunder, je les considère un peu (de manière totalement indue et fantasmée) comme mes petits bébés. Tout ça parce que je les ai découvert dans New Noise (exceptionnel magazine au demeurant) en 2012, soit pas mal de temps avant la plupart des fans du groupe, qui les ont plutôt découvert à l’occasion de leur tournée européenne aux cotés des immenses Baroness l’an dernier (date fabuleuse au Trabendo dont vous pouvez lire le LR ci-après). Vous savez, ce malheureux syndrome du mélomane qui a parfois un peu l’impression qu’on le dépossède d’un truc quasi exclusif qu’il pouvait jusque-là faire découvrir à tout le monde et s’en gausser bien largement? Bon ben voilà qui situe à peu près bien ma relation avec le trio américain.

Et puis faut dire aussi qu’ils sont choux, surtout Milny Parsons, la chanteuse bassiste toute en réserve malgré son énorme basse et sa puissante voix de Janis Joplin énervée. Bref, tout ça pour dire que je les attendais de pieds fermes. Et bon, n’y allons pas par quatre chemins : ce ne fut guère la prestation du festoche. La faute à un son sacrément bordélique et ultra-méga-supra-LOURD. On a clairement senti un groupe encore jeune et surtout absolument pas habitué à jouer dans des configurations festoche (grosse tente en plein air, aux dimensions éclatant les jauges auxquelles ils sont normalement habitués). On imagine donc que le trio a voulu mettre le paquet en poussant tous les potards de basse au max, ce qui mettra un peu l’auditoire à mal puisque la guitare s’en trouvera vampirisée un morceau sur deux. Heureusement le son s’améliora en cours de prestation pour finir à un niveau à peu près acceptable. Sur le reste, peu de neuf par rapport au set du Trabendo l’an dernier : le batteur est toujours aussi carré et ressemble toujours autant à un gentil altermondialiste à favoris, quand à Milny Parsonz, la talentueuse et très dark frontwoman du groupe, elle semble toujours aussi timide, regardant un peu ses pieds et lâchant de petits « thank you so much »  entre les morceaux. Le contraste avec le punch que celle-ci met dans l’interprétation de ses morceaux, la puissance colossale de sa voix et la présence qu’elle dégage lorsque qu’elle joue est saisissant.

Son gratteux, nettement plus à l’aise avec son look de hipster-overlord (ce qui personnellement ne me dérange pas du tout, chacun kiffant son style comme il l’entend tant, qu’il ne prend pas l’air ironique ou ennuyé, iphone en main), s’en sort toujours aussi bien avec ses gros riffs implacables même si, comme dit plus haut, on ne l’entendra pas forcément toujours à merveille. De quoi regretter les débuts du groupe, où deux guitaristes officiaient. Mais en termes d’attitude, le Tonnerre Royal (à quel point ce nom de groupe chie-t-il la classe ? Je vous le demande) sera tout de même irréprochable, avec notamment un joli final où le trio se confondra en remerciements, visiblement touché de jouer devant autant de monde et devant un public aussi réceptif. Pour la setlist, on aura bien évidemment le droit à "Parsonz Curse", "Sleeping Witch" ou encore "Shake And Shift". Pour le reste, difficile d’être sûr avec autant de bordel dans le son des américains. Je crois qu’on a eu droit à "No Good" et je suis à peu près certain qu’ils ont joué "Blackwater Vision", ainsi que un voire deux morceaux totalement non-identifiés. Ces deux inconnus (dont l’un semblait amorcer un virage assez direct et plus enlevé en termes de tempo) sont sans nul doute issus du futur album des joyeux drilles d’Atlanta, lequel sort sur Relapse le mois prochain et constituera, à n’en pas douter, l’une des sorties de l’été pour tout fan de heavy-rock pesant et pysché. Un regret personnel : s'ils ont joué "Blue" (meilleur morceau du groupe selon moi, et de loin, et un des tous meilleurs morceaux de rock de l’année 2012) eh bien je ne m’en suis pas rendu compte vu le souk de la section rythmique. Mais je ne pense pas qu’ils l’aient joué (sinon merde je ne vaux vraiment rien comme chroniqueur et il serait temps de s’en rendre compte) et c’est bien malencontreux.


En résumé, un set pas forcément mémorable de la part de Royal Thunder, la faute notamment à ce qu’on peut euphémiquement appeler  « un gros son de merde »  (mal hélas récurrent en festival et qui a déjà niqué plus d’une prestation), mais le cœur y était et personnellement je n’ai qu’une hâte : qu’ils sortent leur nouvel album et qu’ils repartent en tournée. Plus ils prendront de l’expérience et plus ils assureront, et puis qui sait, peut-être que Mlle Parsons arrivera un peu à se détendre et à profiter de ce début de reconnaissance bien mérité. Définitivement un jeune groupe à suivre quoi qu’il en soit.

Galerie photo:Das Silverfofo (https://www.flickr.com/photos/120935864@N07/sets/)




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