CHRONIQUE PAR ...

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Silverbard
le 09 mars 2014




SETLIST

N/A

AFFILIÉ

21 février 2014 - Paris - La Boule Noire


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Et dire que sans le nouvel album, je ne serai pas venu... Le bonheur se joue souvent à pas grand chose ! Reprenons les choses dans l'ordre : nous sommes au Hellfest 2012, les Norvégiens de Vulture Industries sont à l'affiche aux côtés d'Arcturus et, sans même connaître le groupe, tout laisse à penser sur le papier que pour le fan des clowns cosmiques d'Oslo, on tient déjà un coup de coeur. Sauf que voilà, on assiste à une bouillie sonore : sous couvert de musique barrée, on ne comprend pas un riff, pas une mélodie... Tout le monde a beau gestivuler sur scène, ça ne prend pas et on abandonne au bout de 3 morceaux... Sauf que ce soir à la Boule Noire, j'ai bien fait de laisser mes a priori de côté.

On commence la soirée avec un groupe français rajouté à la dernière minute, à savoir les Franciliens d'Orakle. Signé sur le label français Holy Records (avec S.A.S. De L'Argilière de MIsanthrope aux manettes) qui a vu passer de grands noms tels que Septic Flesh ou Orphaned Land, on ne pouvait s'attendre qu'à une bonne surprise. Et ce fut clairement le cas ! Formé il y a pourtant 20 ans (!), le groupe n'a sorti son premier EP qu'il y a une dizaine d'années et son dernier album en date (le très bon Tourments & Perdition) remonte à 2008. Le style pratiqué se revendique sans artifices d'Emperor et Arcturus, ce qui tombe bien dans une certaine mesure car plus aucun de ces groupes n'est aujourd'hui actif ! La copie vire par moment au plagiat, parfois à l'hommage, la ressemblence est en tout cas toujours troublante mais on pourra dire que la force du groupe est de fusionner les gimmicks de ces deux groupes à la perfection. Si on doit chercher du côté de l'originalité, il faudra se tourner du côté du chant et des paroles, entièrement en français, choix pleinement assumé tant en chant black qu'en chant clair. Techniquement, tout est très pro et carré sur scène, sans doute trop car le groupe souffre d'une présence trop statique, visiblement peu habitué à jouer live et devant faire face à une fosse très dégarnie ! En effet, la soirée sera très intimiste et même si la salle se remplira un peu pendant Vulture Industries, la très petite salle de la Boule Noire semblera désepéremment vide ce soir...
Après cette très bonne découverte en première partie (ce qui est d'autant plus agréable que c'est rare), place à Vulture Industries , accompagné spécialement pour l'occasion d'une troupe de 3 comédiens du nom de Happy Gorilla Dance Company pour une immersion encore plus forte dans le concept du dernier album (le sublime The Tower) et dans l'esprit dément de ces Norvégiens fous. Ces derniers débarques en costumes d'armée galactique (enfin difficile à décrire, chacun peut se faire sa propre interprétation du dressing code) tandis qu'un golem enchaîné frappe des briques contre une table. Le concert s'ouvre sur le titre éponyme du dernier album et voit chaque musiciens au garde à vous, immobile dans ce groove interstellaire tandis que le chanteur monté sur une estrade joue au colonel épileptique,. Et déjà, plusieurs remarques : aussi barré puisse-t-il être, le chanteur livre une performance vocale EX-TRA-OR-DI-NAIRE, en voix claire ou en crié, c'est au même niveau que sur album, et même, c'est encore plus impressionnant en vrai ! Deuxième constat, la batterie. Ce groove de malade, ces rythmqiues de fifou ! Le gus derrière les fûts n'y va pas de main morte et bûcheronne joyeusement (ouch, cette caisse claire !) permettant ainsi de bien se faire remarquer. C'est constat inverse pour les guitares qui font un peu minimalistes car exclusivement rythmiques alors que pas mal d'instruments (claviers, saxo, percus...) se retrouvent samplés. Heureusement, les soli seront vraiment bluffants !
Toute la setlist ira piocher pendant près d'une heure dans le fabuleux dernier album dans le désordre. Plus progressif, plus mélodique, plus posé, plus facile d'accès d'une certaine manière, les néophytes prennent leur pied autant que les fans. Le spectacle visuel divertit largement le public également, entre le golem qui va entrer en rebellion contre le colonel spatial et l'enchaîner à la fin pour gagner sa liberté, une fille mi-golem (cachée dans le décor pendant les premiers morceaux) qui se joint à la fête et un inquiétant personnage en scaphandre venant filmer le public. Mais non, je vous assure que je n'ai rien fumé ! Même que le monsieur golem viendra faire irruption incognito dans la fosse en portant un costard ! En parlant d'irruption dans la fosse, le groupe lui-même fera une descente à l'occasion d'un morceau et tournera en rond au son d'une mélodie de manège. De grands malades ? Noooon... Après une brève pause et un tonnerre d'applaudissements d'un public ahuri d'une telle performance, le groupe revient pour 3 morceaux issus de ses précédents opus (et sans les costumes) pour un final en apothéose.


Une soirée hors du commun par un groupe hors du commun. On ne saurait que trop remercier l'association Garmonbozia visiblement déficitaire sur la soirée de permettre de faire passer des artistes d'une telle envergure en France. Le concert de l'année pour l'instant, c'est dire vu la qualité des groupes qui sont déjà passés (Alcest, Blackfield, Behemoth...), mais il y avait quelque chose de magique ce soir. On espère les revoir bientôt.


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