CHRONIQUE PAR ...

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Silverbard
le 23 février 2014




SETLIST

Petter Carlsen

Waiting in the Wings 
Pull the Brakes 
One of Those Days 
From the Outside 
The Race Is On 
Even Dead Things Feel Your Love 
Spirits in Need 
You Go Bird


Blackfield

Faking
Blackfield
Pills
Miss U
My Gift of Silence
Pain
DNA
Go to Hell
Jupiter
Dissolving with the Night
Where Is My Love?
1,000 People
Some Day
Once
Summer
Oxygen
Hello

Rappels :
Glow
End of the World
Cloudy Now

AFFILIÉ

06 février 2014 - Paris - Trianon


Blackfield_Paris_-_Trianon_20140206

En ce soir du 6 février 2014, se produisait pour la dernière fois Blackfield à Paris dans son line-up originel, à savoir le fameux duo Aviv Geffen – Steven Wilson. Le Britannique n'ayant cessé de se détacher du projet pour laisser au fil des albums de plus en plus de liberté à son compère Israélien, dans un récent communiqué de presse, la tête pensante de Porcupine Tree annonçait officiellement que cette courte tournée de concerts sera sa dernière participation avec Blackfield. Grande tristesse dans la communauté progressive et obligation plus que renforcée d'être présent au Trianon ce soir.

Et on ne cesse de s'émerveiller de la somptuosité de cette salle-théâtre, spacieuse, d'une architecture éblouissante et de son acoustique exceptionnelle. Ce soir encore, nous friserons la perfection sonore. La contrepartie est un tarif élevé (surtout pour une salle de cette dimension), avec un impact direct : l'âge moyen des spectateurs (votre serviteur était clairement parmi les plus jeunes de l'assemblée) et le nombre de billets vendus. En effet, le choix de la salle a été fait par Steven Wilson qui a pris l'habitude de se produire régulièrement ici avec son projet solo, mais l'affluence n'a pas suivi du tout car la salle sera maigrement à moitié remplie. Et quel dommage ! Car la soirée fut simplement magique. Et pour cause, le plaisir est souvent atténué par des premières parties peu intéressantes et une longue attente. La première partie ce soir sera aussi bonne que la tête d'affiche pour un plaisir double. Et pourtant jusqu'à franchir les portes du Trianon, aucune annonce n'avait été faite, d'où une interrogation totale… C'est juste en arrivant à l'étage accueillant le merchandising que l'on découvre qu'il s'agira de Petter Carlsen, dont le nom a pu arriver jusqu'à vos oreilles pour avoir partagé l'affiche d'Anathema par exemple. L'artiste est norvégien (cette contrée ne cessera de m'étonner par le nombre de génies musicaux qu'elle abrite…) et se produira seul avec sa guitare sur scène. Curieux. Mais au bout d'une chanson, le charme a déjà opéré et la majorité du public est envoutée. Avec une voix touchée par la grâce (j'ai tout de suite pensé à Ian Kenny de Karnivool) et des arpèges somptueux, la salle est pétrifiée pendant 30 minutes avec un silence quasi-religieux pendant les morceaux, silence qui contraste des vives et chaleureuses acclamations à chaque transition. Le bonhomme semble ravi et est très ému, bien que n'hésitant pas à plaisanter à plusieurs reprises pour détendre l'atmosphère et se rassurer lui-même. On imagine la difficulté à tenir seul sur scène avec son instrument, surtout en venant jouer une musique excessivement délicate et toute en nuances ! Un véritable coup de cœur qui aura séduit beaucoup de monde !
Le temps de rafler le dernier album au merchandising, de se faire dédicacer la galette par le bonhomme en le congratulant comme il se doit au passage, qu'il est déjà temps de retourner dans la salle pour le gros morceau de la soirée. Et il est surprenant de voir à l'entrée des musiciens à quel point Steven Wilson occupe l'aura totale sur scène ! Surtout par rapport à son compagnon Aviv qui en plus de tirer un peu la gueule tout le temps, transpire d'une crânerie un peu ridicule vue cette disproportion flagrante de charisme ! Mais qu'importe, on est là pour la bonne ambiance et pour chanter, et clairement ce fut le cas. Steven Wilson avait promis que dans la mesure où sa présence serait exceptionnelle, la setlist se concentrerait sur les 2 premiers albums. La promesse fut globalement tenue et les morceaux tous très bien choisis. A savoir que la setlist ira piocher à la fois dans le meilleur des deux premiers albums, soit la poutrerie totale, et à la fois dans le meilleur (ou le moins pire selon les points de vue) des deux derniers albums, soit une très bonne surprise. Le titre le plus fade joué sera celui d'ouverture "Faking", bien positionné au final car à partir de là, le niveau ne redescendra plus un instant. Que ce soient les tubes évidents : "Blackfield", "Miss U", "Pain", "Hello" ainsi que le diptyque final "End Of The World" / "Cloudy Now" ou bien encore le tube caché qu'est le sautillant "Oxygen", on est clairement servis ! Viennent s'entremêler les morceaux plus calmes, "My Gift Of Silence" belle à pleurer, le très sombre "Pills" issu du dernier album ou "DNA" qui collera des frissons à tout le monde. Même le tant décrié et pourtant plaisant "Go To Hell" et ses paroles pour le moins minimalistes sera joué, après une introduction par Aviv Geffen, rappelant qu'il fut un enfant très malheureux avec de méchants parents violents et drogués. Le même Aviv reprendra seul en rappel au piano le magnifique "Glow" (sans doute le meilleur titre du groupe), donc sans l'explosion finale - mini déception sur ce point.


Mais il n'y a finalement pas tant à raconter car le show fut carré, sans surprises avec une excellence à tous les niveaux : interprétation (les musiciens d'Aviv Geffen sont vraiment très bons), ambiance (le public fut très chaleureux, Steven Wilson lancera même une vanne « Bon on va attaquer le 18e morceau, avec mon projet solo, je serais juste en train de commencer le 2ème»), choix impeccable des titres, complicité du tandem Steven – Aviv qui faisait quand même plaisir à voir même si Steven se sent obliger se rabaisser constamment de façon incompréhensible voire risible : « Aviv est le maître de la pop », « Tout le génie vient de lui » … Une chose est sûre, au prochain passage à Paris, Blackfield ne jouera pas au Trianon et la taille du public risque d'être divisée au moins par deux. En attendant, on sort le sourire aux lèvres et la valise pleine de souvenirs impérissables !


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