CHRONIQUE PAR ...

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Lapin Blanc
le 12 mars 2008




SETLIST

Roulette Dares (The Haunt Of)
Viscera Eyes
Wax Simulacra
Goliath
Ouroborous
Tetragrammaton
Agadez
Cygnus... Vismund Cygnus
Aberinkula
Drunkship of Lanterns
Asilos Magdalena
Miranda That Ghost Just Isn't Holy Anymore
Day Of The Baphomets

AFFILIÉ

05 mars 2008 - Paris - Olympia


The_Mars_Volta_Paris_-_Olympia_20080305

En tournée européenne pour la sortie de leur dernier album The Bedlam in Goliath (chronique ici), The Mars Volta s’est arrêté pour une date unique en France, à l’Olympia. Dans une salle pleine à craquer, c’est parti pour trois heures de folie furieuse et mystique, d’ambiance de feu et de musique du diable. Un grand concert pour un très grand groupe.

Le concert (sans première partie) commence dans un décor de toute beauté rappelant l’iconographie du dernier album, avec la très syncopée "Roulette Dares", qui permet de mettre tout le monde rapidement en jambes, et offre ce son tout en alternance entre passages énervés et passages planants typique de The Mars Volta. On comprend alors clairement que le concert sera centré sur le diptyque formant le cœur du groupe : le guitariste Omar Rodriguez-Lopez et le chanteur Cedric Bixler-Zavala. Les autres instruments sont peu audibles, et l’on se demande parfois l’intérêt d’un deuxième guitariste, d’un bassiste, d’un claviériste ou d’un saxophoniste sur scène ; par contre, le batteur, on l’entend bien. Trop même, tant il fait preuve d’une allergie à la sobriété et d’une incapacité à tenir un rythme simple. Dans les points négatifs, on peut aussi parler de certains partis-pris discutables (une version de "Goliath" jouée deux fois plus vite que la normale), une certaine tendance du guitariste à s’écouter jouer et à rallonger ses solos, ainsi que l’oubli des chansons les plus immédiates du groupe, comme "L’Via L’Viaquez" ou "Ilyena" (en même temps, le concert aurait difficilement pu être plus long).

Cependant, tous les côtés boursouflés et agaçants du concert sont compensés par l’immense puissance et la présence que le groupe dégage sur scène, rappelant une sorte de Led Zeppelin des temps modernes, que ce soit pour son chanteur (tout en ondulation des hanches et en miaulements sexy), ou pour son guitariste surdoué qui transpire l’amour de sa musique. Le groupe est incroyablement généreux sur scène et entraîne tout le public dans son chaudron de sorcière et sa folie furieuse : qui d’autre, après avoir joué plus de deux heures et demie, après avoir terminé sur un epic de trente minutes (une version hallucinante et hallucinée de "Cygnus… Vismund Cygnus"), qui d’autre enchaînerait sur un intermède acoustique et intimiste… puis reviendrait nous casser la nuque avec un final apocalyptique d’un bon quart d’heure ("Day Of The Baphomets") ? En dépit d’une balance parfois malheureuse (Cedric restait sous mixé la plupart du temps) et de kids pogoteurs à la limite du pénible, le public de l’Olympia ressort donc de ce concert exsangue, en sueur, mais généralement ravi… à part quelques grincheux, peu préparés aux interludes progressifs et autres improvisations bizarroïdes du groupe !


Mais The Mars Volta, c’est un peu ça : le côté radical et excessif du groupe est aussi tout ce qui fait sa personnalité, et la formation, quoi qu’on en dise, est parvenu à donner un concert à l’image de ses albums : long, fouillis, fouillé, intense, bordélique pour certains, mais aussi jouissif et cathartique qu’une bonne cérémonie vaudoue pour les autres…


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