Monuments

Entretien avec Adam Swan (basse), Chris Barretto (chant) - le 26 octobre 2014

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Silverbard

Une interview de




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C'est très peu de temps après la fin du set de Monuments au Damage Festival que nous retrouvons Adam, le bassiste aux dreads tentaculaires du groupe. Après une brève présentation, nous discuterons avec lui et son joyeux luron de chanteur Chris des deux albums à l'actif du quintet et plus particulièrement du dernier album en date, The Amanuensis. Groupe de live en outre impressionnant, nous reviendrons avec eux sur la performance du jour et de leur tournée européenne.

Silverbard : Salut, comment ça va ?

Adam : Ça va bien, merci !

Silverbard : Vous venez juste de démolir la scène, le show était vraiment époustouflant ! Comment as-tu trouvé le public parisien ?

Adam : Oh, merci beaucoup ! C'était juste énorme ! La fosse était incroyable, tout le monde répondait au quart de tour et vibrait avec nous… C'était vraiment incroyable !

Silverbard : Avant de commencer, peux-tu faire une brève présentation du groupe pour les lecteurs qui ne seraient pas encore familiers de Monuments ?

Adam : Monuments est un groupe comprenant cinq membres et qui évolue dans un style que vous appelez généralement "metal technique", "groove metal"…

Silverbard : Djent ?

Chris (qui rejoint la conversation à ce moment) : Oui djent, mais on ne prononce pas la lettre « d » (rires)

Adam : Le groupe est basé au Royaume-Uni mais notre chanteur vient de New York, on est désormais un groupe « transatlantique » (rires). Nous avons deux albums à notre actif, Gnosis et un nouvel album sorti cette année qui s'appelle The Amanuensis.

Silverbard : Il me semble que Chris a chanté dans Periphery auparavant ?

Chris : Oh ne parlons pas de ça… (rires)

Adam : Oui, il n'aime pas trop qu'on parle de ce sujet. Mais Chris a joué dans beaucoup d'autres groupes, pas seulement Periphery, également The Haarp Machine, Haunted Shores, mais il a aussi joué à New York dans un groupe de jazz metal, beaucoup de choses en somme !

Silverbard : J'abordais ce sujet, car Matt – votre précédent chanteur – avait une voix très particulière qui donnait une touche propre au groupe.

Adam : Oui en effet, il avait un timbre très brillant…

Silverbard : Un peu comme Ashe, le précédent chanteur de TesseracT...

Adam : Oui tout à fait !

Chris (gêné) : Il était très bon...

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Silverbard : Mais parlons du nouvel album, comment s'est déroulé le processus de composition ?

Adam : On a globalement commencé instrumentalement en balançant des riffs qu'avait composé notre guitariste, Brown, et en les ordonnant très grossièrement pour former des chansons. Ensuite, on a envoyé une démo à Chris pour qu'il étudie les morceaux et les mélodies vocales.

Silverbard : A ce moment là, tu as posé directement ta voix sur les titres ?

Chris : Oui, pour la plupart des morceaux cela s'est déroulé de cette façon. Et même, au moment d'entrer réellement en studio pour l'enregistrement, il y avait certains derniers instrumentaux que je n'avais jamais entendu jusque là car ils n'avaient pas été encore enregistrés sur les démos ! Du coup, j'ai dû pas mal improviser au moment du studio car certains passages étaient différents !! Mais c'était une expérience intéressante.

Adam : Comparativement, Gnosis a été enregistré sur une bien plus longue période, certains titres avaient été composés jusqu'à six ans auparavant !

Chris : Alors que pour The Amanuensis, tout a été fait en sept mois de temps, ce qui a été vraiment court.

Silverbard : Ce que je trouve impressionnant est que malgré tout, les deux albums sont très cohérents !

Adam : On avait pas mal de gimmicks sur le premier album, comme les arpèges en son clair par exemple qu'on retrouve à nouveau sur le nouvel album. Mais je trouve que ce dernier est plus complet, un peu plus mature et plus accessible peut-être également.

Silverbard : Personnellement, j'avais trouvé Gnosis très porté sur la technique et la rythmique, tandis que The Amanuensis exploite plus les mélodies et est plus centré sur les refrains très accrocheurs.

Adam : L'idée de Brown était en effet de conserver cette technicité mais en développant plus l'aspect « chanson ». Je pense que l'arrivée de Chris avec ses influences a aussi apporté cette approche plus mélodique et naturellement plus catchy et accessible pour la plupart des gens.

Chris : En effet, tout d'abord je viens d'un endroit différent des autres gars, j'ai une approche de la musique qui est complètement différente du précédent chanteur… Mais pour moi, cet album est vraiment le résultat d'un grand mélange d'influences. En ce qui me concerne par exemple, Mickael Jackson en est une très grande. J'ai essayé de capturer cet esprit, en essayant de toujours garder la puissance. La technicité est toujours là, bien évidemment, mais c’est beaucoup plus diffus en quelque sorte. Des riffs comme ceux de "Garden Of Sankhara", "Horcrux" ou "I, The Destroyer" ne sont pas du tout facile à jouer, mais à l’oreille, tout semble plus simple et cohérent sûrement du fait que le chant est plus accessible.

Adam : Du côté de la basse, les titres de cet album sont en effet bien plus difficiles à jouer que ceux du précédent, même s’il n’y a rien de comparable à "Doxa" par exemple, avec son riff en tapping assez fou… Même si ça reste du tapping assez simple en fait ! (rires)

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Silverbard : Vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a de plus en plus de nouveaux groupes sur le créneau « djent » et qu’il devient compliqué de se détacher de la masse. Je trouve que Monuments possède un son assez classique pour le genre mais parvient grâce à une touche assez personnelle, un je-ne-sais-quoi, à faire la différence sur le reste. Pensez-vous que tourner avec After The Burial et des groupes de ce calibre vous ont permis d’acquérir une plus-value pour atteindre ce statut de reconnaissance ?

Adam : Je pense qu’il y a une formule que beaucoup de groupes utilisent en ce moment, ces fameux arpèges de guitares en son clair dont Brown use beaucoup et dont TesseracT use beaucoup également. En fait, tout vient d'Acle (TesseracT) et de Brown (Monuments) et qui étaient tous deux dans Fessilent auparavant. Ces gars sont à l'origine de ce truc. Certes il y a beaucoup d'albums compliqués qui essaient de reprendre ce gimmick, mais je pense que Brown l'utilise dans Monuments d'une façon bien plus mature. Mais je pense que là où nous faisons vraiment la différence sur les autres est qu'on nous voit avant tout comme un groupe de live. Par rapport justement à d'autres groupes qui utilisent cette formule mais qui sont incapable de la reproduire en live contrairement à nous. Ça peut paraître assez arrogant.. mais c'est aussi vrai. (sourire)

Chris : J'ai une grosse grosse grosse ****. Traduisez ça aussi ! (rires)

Silverbard : Vous ouvrez actuellement en Europe pour After The Burial aux côtés de Circles et Tides From Nebula, comment se passe la tournée jusqu'à présent ? Vos impressions et souvenirs sur ces dernières semaines ? 

Adam : Ça s'est très bien passé jusque là, nous n'avions pas joué en Angleterre pendant un an ! Donc tous nos fans étaient là pour nous supporter, la fosse était dingue. C'était étrange d'ailleurs car l'Angleterre est un public plutôt conservateur en temps normal.

Chris : Et ça fait du bien d'être de retour en Europe. Le France est toujours incroyable, c'est tellement de plaisir, il y a tant d'énergie, de très bonnes vibrations, de bons moments « So far, so good ! » 

Adam : En général, la France fait partie des endroits bouillants en termes de public, tout comme les pays méditerranéens en général, il y a cette sorte d'esprit festif... On vient de jouer en Belgique, aux Pays-Bas et en général, le public est beaucoup plus froid et raide, et bouge très peu... Alors que c'est tellement formidable de la scène de lancer un riff et de voir tout le monde bouger en même temps sur le rythme !

Chris : Ça m'a ruiné mes jambes d'ailleurs !! (rires) 

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Silverbard : A ce propos, le stage diving est quelque chose que tu pratiques souvent ?

Chris : Tout le temps ! A chaque putain de fois ! Presque chaque jour ces temps-ci.... (rires)

Adam : D'ailleurs, ça me fait penser à un show où cinq ou six personnes ont rejoins en même temps la scène, ça devait être à Southampton, le premier concert en Angleterre. J'étais effrayé car j'avais l'impression que la fosse entière se vidait par les airs ! (rires) C'était à se demander s'il restait assez de gens en dessous pour les porter ! (rires)

Chris : Oui, il y avait un moment où il y avait plus de gens du public que de musiciens su scène ! J'ai dû faire redescendre tout le monde au bout de la chanson, ça devenait fou ! Mais ce qui s'est passé, c'est en fait tout ce dont on rêve, cette excitation et cette énergie qui vient d'un coup et qui est réciproque. Car on est bien d'accord, personne n'est obligé de faire ça, mais cet engouement est tellement grisant que ça nous donne encore plus la pêche sur scène et l'envie de nous défoncer encore plus pour les gens présents. Vivre ce genre de chose, c'est avant tout ce pour quoi j'aime ce métier. Quand tu sens cette communion... « whooo ».

Silverbard : Je vous laisse les derniers mots, pour vos fans français...

Adam : Oh, surtout ne changez pas. Vous êtes magnifiques, nous vous adorons. Merci beaucoup !

Chris : J’aime la France, j'aime Paris, vous êtes les meilleurs ! C'est tout ce que j'avais à dire. (rires)


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