Leprous

Entretien avec Einar (chant/claviers), Tor (guitare) et Øystein (guitare) - le 23 juin 2013

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Silverbard

Une interview de




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Après leur prestation matinale au Hellfest, nous allons à la rencontre des Norvégiens de Leprous qui viennent par ailleurs de sortir leur nouvel album Coal. Nous retrouvons ainsi le sympathique guitariste Øystein interviewé sur ces terres l'an passé, accompagné de son compagnon sept-cordiste Tor et du leader-chanteur-claviériste charismatique Einar. Ces deux derniers se montreront d'ailleurs très enjoués dans cet échange entre franche déconnade, digressions et humour pince-sans-rire. Pas toujours évident de poser ses questions dans tout ça !

Silverbard : Ce n'est pas la première fois que vous jouez au Hellfest car l'an dernier vous étiez présent aux côtés d'Ihsahn !

Einar : Dans quelques heures, ce sera même ma 5ème fois au Hellfest ! (rires) Emperor en 2007, Ihsahn 2010 et 2012, Leprous 2013 et donc Ihsahn 2013 tout à l'heure ! (rire général)

Silverbard : Vous connaissez donc bien le festival, votre avis dessus ?

Einar : On l'apprécie beaucoup excepté en 2007 où l'organisation n'était vraiment pas terrible. Après cela, c'est devenu de mieux et mieux et vraiment excellent aujourd'hui !

Silverbard : J'ai un petit record personnel car en 2 ans, je vous ai vu trois fois ! En première partie d'Amorphis, puis en tête d'affiche l'automne dernier et aujourd'hui au Hellfest. Et peut-être je vous reverrais cet automne pour la tournée de Coal ! C'est à croire que vous ne vous arrêtez jamais, comment faites vous pour faire tant de dates ?

Einar : Wow ! (rires) Oui c'est vrai que cette année a été assez intense et je pense que l'an prochain sera plus calme, nous ferons quelques concerts par-ci par-là, mais pas de grande tournée. Cependant, nous voulons continuer à promouvoir le groupe.

Tor : Je pense que ça aide que nous soyons assez modéré vis-à-vis de la boisson. (sourire) Nous ne sommes pas extrêmes dans notre train de vie. Nous aimons conserver toute notre énergie pour la scène et nous sommes tous très calme en dehors. Si nous étions bourrés ou défoncés à tous nos concerts, nous serions beaucoup plus abîmés physiquement.

Einar : Je ne suis pas vraiment fatigué en tournée avec les concerts. Le live c'est du juste du fun pour moi et puis il y a beaucoup de temps libre pour se détendre…

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Silverbard : A propos de la setlist de ce matin, je trouve que vous avez pris des risques en commençant par "The Valley" issu de votre dernier album. C'est un titre lent avec un long crescendo, n'avez-vous pas craint que ce ne soit pas assez catchy comme opener ?

Tor : Non, c'est en fait la première fois qu'on commence avec cette chanson mais tout le monde était d'accord pour dire que c'était un bon titre pour ouvrir le show.

Einar : Je pense que c'est très cool parce que c'est en fait la chanson la plus populaire du dernier album. On a fait un vote sur notre site et ce titre est revenu 4 fois plus souvent que les autres. C'est donc une chanson qui plait aux fans et qui est mine de rien assez catchy sur le refrain et qui invite bien à être reprise en chœur.

Øystein : On a fait tellement de concerts ces dernières années qui commençaient pareil avec "Thorn" et où tout se déroulait ensuite identiquement, qu'on est en train actuellement de construire quelque chose de nouveau.

Tor : C'est une variation pour nous mais aussi pour le même public qui vient à tous nos concerts et qui peut être lassé d'entendre toujours les mêmes morceaux. Mais je comprends qu'aujourd'hui, il y avait beaucoup de gens qui ne nous connaissaient pas d'avance et que cette ouverture a pu paraître un peu lente. Cependant, d'après les retours que j'ai eu du public, je pense que c'était mieux pour eux. Et comme on joue aussi pour se faire plaisir à nous-mêmes, on l'a vraiment apprécié de cette façon.

Øystein : Il faut voir aussi que le nouvel album est assez différent de ce qu'on a fait par le passé, donc c'est plus naturel de faire l'enchaînement de cette manière dans la setlist.

Silverbard : Oui, je trouve personnellement que les morceaux du nouvel album ont une ambiance particulière qui les rend cohérents joués ensemble, ce que vous avez fait en regroupant au début de la setlist.

Einar : Tout à fait, on a eu ce problème lors de notre précédent concert au Sweden Rock où on a joué ces morceaux en milieu de set pour un rendu pas assez spontané je trouve. Ca a mieux fonctionné cette fois pour un festival étiqueté metal, en commençant juste par une batterie et un clavier, ce qui n'est pas si usuel. Ca a permis de mieux capter l'attention et donner du temps pour rentrer dans la musique, surtout à 10h du matin pour un dernier jour de festival !

Tor : Au vu de l'odeur de substances que j'ai senti venant de la fosse, je pense que c'était mieux qu'on commence tranquillement ! (rires)

Einar : Les metalleux ne veulent pas toujours l'admettre mais ils aiment bien avoir des longs breaks calmes ! (rires)

Tor : C'était d'ailleurs amusant de regarder la scène où on jouait, qui est la scène black metal avec un pentagramme et la Faucheuse accrochés au-dessus, juste avec un clavier et une batterie ! (rires)

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Silverbard : Toujours au sujet du dernier album, mes amis fans de Leprous ainsi que moi-même avons tous été très surpris (voire un peu déçus dans un premier temps) d'un certain manque de folie qui caractérisait Bilateral. Est-ce que Coal doit être vu comme une réaction à Bilateral ou une façon d'explorer de nouvelles sonorités et émotions ?

Einar : Tout d'abord, je ne dirais pas que ce manque de folie n'est pas tout aussi fou ! (rires) Deuxièmement, c'est un album plus émotionnel que Bilateral. Faire ce genre d'album assez sombre et mélancolique est plus naturel pour nous à présent. Cependant, on sait qu'on a des fans très dévoués qui ont adoré ce qu'on a fait par le passé et pour qui ça prendra bien sûr du temps de s'habituer à ce qu'on fasse quelque chose de complètement différent. Mais bon, ce n'est pas si dur d'entendre que ça reste du Leprous. Même si tous les albums que nous ferons dans le futur seront assez différents des précédents.

Tor : Les deux types de réactions que nous avons eu pour Coal sont soit que les gens adorent, la plupart disent que c'est notre meilleur album, soit que les gens comme toi ont été un peu déçus mais qui finissent par bien l'aimer. J'ai très peu entendu de retours de gens qui le détestaient.

Einar : C'est pourquoi j'adore quand on créé quelque chose de nouveau. Bien sûr, chacun aura ses préférences mais le pire aurait été que les gens disent : « Oh, je ne sais pas lequel est mon préféré, ils sont tous plutôt bien… » Si des gens adorent Bilateral et qu'ils continuent de l'écouter, c'est parfait pour nous ! J'adore cet album aussi mais refaire le même, ça serait un mensonge.

Tor : Tous nos albums sont une partie importante de notre évolution. En tant que groupe, nous n'aurions pas pu sortir nos albums récents sans ceux qui les ont précédés. Cependant, on ne peut pas tout mélanger. A présent, c'est plus une question de qualité que de quantité, ce n'est pas le nombre d'ingrédients qui importe mais comment tu les mets ensemble. C'est comme quand tu dresses du plat, tu peux en mettre plein mais si tu ne le fais pas de la bonne façon, ça ne sera qu'un porridge. C'est la façon de comment tu cuisines les ingrédients qui compte. C'est d'ailleurs la manière française de cuisiner ! (rires) C'est pourquoi je pense les Français aiment beaucoup notre musique !

Einar : L'album est ainsi très complexe d'une certaine façon mais cette partie est plus immergée. Il est en fait beaucoup plus complexe que Bilateral bien que ça ne soit pas ce qui transparaît aux premières écoutes. Ce nouvel album est d'ailleurs beaucoup plus compliqué à jouer pour nous, de même qu'il l'a été à enregistrer. Ca a été au final beaucoup plus de travail pour bien le faire sonner.

Silverbard : Merci à vous, je vous laisse le mot de la fin !

Einar : On revient donc en novembre en France ! J'attends que tous les gens présents ce matin soient là à toutes les dates de la tournée. Je veux qu'ils voyagent derrière notre bus et qu'ils participent à chaque concert. On pourrait créer un pass tournée avec une caravane et les tirer avec nous, ça ne fait au final que seulement 14 semaines de tournée ! (rires)


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