Litrosis

Entretien avec Stergios (basse) - le 20 mai 2012

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Winter

Une interview de




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La Grèce est en forme, métalliquement parlant tout du moins. Après Mencea et Hail Spirit Noir, un autre combo hellène a sorti un album de grande qualité. Il s'agit de Litrosis, dont le premier album I Am Death allie le charme des guitares heavy et la fureur du black metal, même si vous verrez que ce terme n'a pas l'air de plaire beaucoup au bassiste Stergios, qui s'est prêté au jeu des questions-réponses. Des propos intéressants, et parfois suprenants.

Winter :  Salut, peux-tu présenter le groupe pour les gens qui ne vous connaissent pas ?

Stergios :  L’idée de Litrosis a été conçue il y a plusieurs années sous le nom de Venessection, avec un line-up totalement différent, mais ça a tourné court puisque tous les membres du groupe étaient très occupés avec leurs autres projets. L’idée a ressurgi quand Christophe Szpajdel m’a proposé de faire un logo basé sur des lettres de l’alphabet grec et après une petite conversation le nom Litrosis est devenu le nom du projet. Avec AdVentus (guitare – Unholy Ritual, Mortal Torment, Manfected) nous avons réussi à assembler quelques morceaux et quelques riffs que je gardais depuis longtemps dans mes tiroirs ; nous avions juste besoin de quelques personnes pour s’occuper des autres parties du projet. Q_Snc était la solution la plus évidente pour les claviers et l’orchestration car il avait travaillé avec nous sur d’autres projets (Unholy Ritual, Daylight Misery). En ce qui conerne la batterie, nous avons préféré enregistrer en live et tenter l’expérience avec un bon ami des Etats-Unis, Eli Bloch (ex-Fall Of The Bastards, Oakhelm, Plutocracy). Vassilis (Daylight Misery) a fait les parties vocales et le résultat tu peux l’entendre sur le CD !


Winter : Que signifie « Litrosis » ?

Stergios : Litrosis veur dire « rédemption » en Grec. Comme je l’ai dit avant, le nom du groupe est dû à l’inspiration de Christophe Szpajdel, qui a également fait le design du logo original. Il avait toujours eu envie de créer un logo avec des caractères grecs et celui-ci a été son premier.

Winter :  Signer un deal a-t-il été une chose facile ? Avez-vous songé à la possibilité de vous auto-produire ?

Stergios : Nous étions à la recherche d’un deal décent depuis pas mal de temps, et nous avons reçu une offre de Pitchblack que nous ne pouvions pas refuser ! Si nous avions produit l’album nous-mêmes, le produit final aurait peut-être été différent, mais de toute façon nous n’aurions pas pu le distribuer mondialement, chose que Pitchblack fait fabuleusement !

Winter :  Votre musique est influencée par beaucoup de genre musicaux. En ce qui concerne le black metal, il semblerait que d’une certaine manière vous mainteniez la tradition de groupes comme Rotting Christ, Varathron, Voprhalack et, surtout, Necromantia, avec votre puissant son de basse et votre musique orientée heavy. Es-tu d’accord ? Etes-vous les « gardiens » d’une tradition black metal typiquement grecque ?

Stergios :  Eh bien, nous sommes carrément fans de tous ces groupes et il est possible que nous soyons influencés par eux, MAIS nos principales influences proviennent d’horizonas totalement différents, du heavy metal classique de Judas Priest au folk-épique d’Ensiferum, etc. Nous apprécions des albums comme Defenders of the Faith tout autant que Storm of the Light’s Bane et tout ce qui peut se trouver entre (et même en dehors !). Nous ne jouons pas du black metal, en tout cas rien de « dark » ou d’ « occult ». Bien sûr, nous utilisons les blast beats, nous broyons les cordes de nos guitares et nos parties vocales sont torturées mais cela ne fait pas de nous un groupe de black metal. Nous ne nous sentons pas les gardiens de quoi que ce soit, pour l’instant tout au mois. Nous nous contentons de créer des chansons qui expriment ce que  nous sommes, point.

Winter :  Le maelström d’idées / shred / solo / parties symphoniques me rappelle Transcending Bizarre?. La comparaison vous plaît-elle ? La scène grecque est-elle unie ?

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Stergios
:  Transcending Bizare? est un grand groupe, mais nous n’avons rien de commun avec eux si ce n’est notre origine grecque. Leur musique est plus sombre et plus expérimentale. Mais bon toutes les comparaisons sont bienvenues, après tout, il s’agit de heavy metal ! En ce qui concerne la scène grecque, il y a un paquet de grands et brillants groupes, certains assez populaires, certains moins, et les gens s’entraident, spécialement en ce moment, vu les difficiles conditions économiques en Grèce, mais bon, tu ne peux pas t’entendre bien avec tout le monde. C’est dans la nature humaine, certaines personnes ont des atomes crochus avec toi, d’autre non. Mais en général, on se sert les coudes.


Winter :  Même si il y a des parties mélodiques (heavy ou symphonique), le son est assez brut et la section basse/batterie est prédominante, à l’inverse de la plupart des groupes « symphoniques » comme Cradle of Filth, Carach Angren ou Moonspell. Cela signifie-t-il que vous pensez que la brutalité musicale est plus importante que les autres éléments ?

Stergios :  Eh bien je ne suis pas d’accord avec toi parce que les solos, c'est ce qui a été le plus mis en avant dans le mix. Les parties symphoniques jouent un rôle basique également, mais puisque nous ne sommes pas un groupe symphonique, nous aimons utiliser ces éléments uniquement pour donner un feeling épique à l’ensemble. Elles ne sont pas l’épicentre de notre musique. La brutalité, c’est bien, mais je crois que nous l’utilisons avec mesure.

Winter :  Mettre une ballade sur un album de metal extrême n’est pas courant. Ceci laisse supposer que vous aimez vraiment le heavy des années 80. Est-ce ainsi ?

Stergios :  En fait, nous sommes un croisement entre le heavy metal et les différents genre de metal extrême. Nous apprécions les 80s, nous avons grandi avec ce type de musique et puisque nous avons eu l’honneur d’avoir Zak Stevens comme guest, nous avons pensé que cette chanson conviendrait parfaitement à l’album.

Winter :  Jouez-vous cette ballade en live ? Quelle sont les réactions du public ?

Stergios : Nous ne jouons pas en live. Pas pour le moment du moins, pour diverses raisons.

Winter : L’intro fait penser à Laibach ou In Slaughter Natives, l’outro à Stoa, dans "Burn the Sun", le refrain a un petit côté gothique. Aimez-vous la musique dark-ambient ?

Q_Snc : Carrément ! Des artistes comme In Slaughter Natives, In the Nursery, Raison D'Etre, Laibach, Triarii… ont toujours été une source d’admiration et d’inspiration. Des éléments ambient, industrial/martial ont tendance à enrichir l’écoute et à rendre le résultat global plus impactant. Aussi, Litrosis a pensé naturellement à inclure de tels motifs musicaux – le mot « épique » est un mot-clé dans ce cas.
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Winter : La mort semble vous fasciner. Pensez-vous que c’est dû à vos racines grecques, dont la mythologie concède une place importante à la vie après la mort ?

Stergios :   La mort est la fin d’un cycle. Elle est inévitable pour toute créature qui ait jamais existé  dans notre monde. Ce n’est pas si fascinant si tu y réfléchis bien, puisque la partie inconnue sur « ce qui vient après » peut faire l’objet de longs débats. Ce que Litrosis pense et compose, en reálité, a à voir avec notre lutte interne contre nos propres démons, j’inclus également la mort sous ce terme. C’est un des démons les plus puissants contre lequel il nous est donné de lutter. Elle apparaît au summum de sa force lors de la perte d’un être cher plus que lors de l’achèvement de notre propre existence physique. La mort, cependant, n’est pas le seul démon symbolique contre lequel nous devons nous battre. Chacun d’entre nous a une histoire différente, a vécu des péripéties différentes, une épopée différente. La vie est une bataille quotidienne et nous devons l’affronter la tête haute. Nous adorons la mythologie grecque mais nous ne sommes pas prêts à l’utiliser dans nos chansons car c’est quelque chose qui doit être fait avec le plus grand respect et la plus grande précision.

Winter :  Etes-vous intéressés par l’occultisme ? Voulez-vous transmettre une message avec vos paroles ?

Stergios : Nous ne sommes pas vraiment fans d’occultisme, même si nous avons tous lu plusieurs livres sur le sujet, et notamment sur les runes. Je sais aussi que tous les membres du groupe ont leur propre opinion sur ce sujet et étudient des choses différentes, cependant nous n’avons pas introduit ces sujets dans notre musique. Tous les textes sont symboliques et se réfèrent à des évènements réels qui ont lieu dans nos vies.

Winter :  Le mot de la fin ?

Stergios :  Nous aimerions te remercier pour cette interview et aussi dire merci à toutes les personnes qui apprécient notre musique. Chaque jour nous avons à lutter, alors faites-le d’une manière mémorable et avec force ! Salut !
 


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