Stigmhate

Entretien avec WLV - le 02 mars 2012

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Winter

Une interview de




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Avec son troisième album, The Sun Collapse, les Italiens de Stigmhate nous délivrent un album tout en fougue et en blasts. Cet opus, beaucoup moins monolithique que ce qu'une première écoute pourrait laisse penser, est une vraie bonne surprise. Le batteur du groupe, WLV, a eu la gentillesse de répondre à quelques questions et nous donne, sans bla-bla ni verbiage inutiles, quelques clés pour découvrir le groupe.

Winter : The Sun Collapse est votre troisième album. Pourrais-tu nous decrire l’évolution musicale du groupe et la principal différence entre cet album et les deux précédents ?

WLV : L’histoire de Stigmhate commence dès 1998 et chaque album a été réalisé avec un line-up différent. Mike, notre guitariste, est le seul membre fondateur encore présent dans le groupe, donc je pense que tant sa progression comme musicien que les changements de line-up ont influencé notre évolution d’une manière significative. Pour moi, The Sun Collapse est plus rapide et plus heavy que les œuvres précédentes, mais en même temps, il est plus épique et atmosphérique, et certainement plus mûr.

Winter : A l’écoute de The Sun Collapse, il est probable que les gens vous comparent avec des groupes comme Immortal ou d’autres puissants groupes de black-metal scandinave. Aimez-vous ce genre de comparaison ? Considérez-vous la scène black-metal scandinave comme une référence ?
 
WLV : Nous préférons la considérer comme une influence, car nous n’avons aucune référence quand nous composons de nouvelles chansons. Chacun d’entre nous a un background black-metal et cela se sent dans la musique que nos créons mais nous ne nous forçons pas à avoir le même son que des artistes précis, nous nous contentons de suivre ce qui sort naturellement de nos esprits et de nos mains.

Winter :  La puissance de l’album vient principalement de son rythme impressionnant et d’un excellent travail des guitares, très rapides mais en même temps assez « claires ». Néanmoins, vous n’avez pas l’air mauvais non plus quand vous jouez moins vite. Pourrait-on imaginer Stigmhate jouer des morceaux plus lourds, plus « doom » ?

WLV : Notre son est en perpétuelle évolution et nous avons la sensation que chaque chanson est différente de la précédente, et nous essayons de toujours mélanger différents moments à l’intérieur de la même chanson. Nous sommes déjà en train de travailler sur de nouvelles compositions, tout ce que je peux dire pour l’instant c’est qu’il y aura plus de parties lentes et oppressantes, mais nous n’abandonnerons certainement pas les blasts. On ne pourra donc pas vraiment parler de morceaux « doom », mais ils seront, d’une certaine manière, plus lourds et plus dissonants.

Winter : Même si votre musique est brutale, il semble que vous ne méprisez pas la mélodie et que vous incluez des éléments mélodiques dans votre œuvre. Es-tu d’accord avec cette affirmation ? Si c’est le cas, est-ce quelque chose d’important pour vous ?

WLV : En fait, tu as tout à fait raison, notre but est d’exprimer une vision négative et oppressante de l’existence et il n’y a rien de mieux que la mélodie comme support sonore pour créer cette atmosphère. Comme je l’ai dit avant, nous trouvons que les variations entre rythmes lents et rapides, entre parties brutales et parties mélodiques sont très expressives.

Winter : De nos jours, beaucoup de groupes incluent des chants féminins et des claviers sophistiqués. Est-ce que Stigmhate pourrait inclure de telles choses dans sa musique ? Des éléments de musique Indus ?

WLV : Nous pensons que le potentiel à découvrir dans nos instruments est encore énorme, donc nous ne sentons pas le besoin d’inclure de nouveaux éléments pour l’instant. Nos instruments actuels nous inspirent encore beaucoup.
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Winter :  Ecoutez-vous différents styles de musique ? Un groupe a-t-il marqué votre vie musicale?

WLV : Nous avons tous de racines et des goûts musicaux très différents, donc il assez difficile de te donner des noms concrets. Nous sommes toujours à la recherche de nouveau matériel, de manière à améliorer notre background jour après jour, je veux dire par là non pas que nous suivions les tendances du moment, mais bien que nous écoutons la scène underground, qui a toujours quelque chose d’intéressant à proposer.

Winter :  L’inspiration des groupes de black-metal scandinaves est souvent basée sur la nature. Quelles sont vos sources d’inspiration ?

WLV : Le concept, et principale source d’inspiration, qui nous a guidé pour notre dernière œuvre est la lutte en cours entre les antiques lois de l’univers et la pouvoir destructif de la race humaine. Nous sommes dans l’attente du moment où l’humanité payera le prix des blessures que nous avons infligées à la Mère Nature.

Winter : Est-il plus difficile de trouver l’inspiration pour du black-metal dans un pays avec un climat plutôt doux et de jolies villes, qu’au milieu des forêts norvégiennes ?

WLV : Pas vraiment pour ma part, puisque je vis dans les montagnes tout au nord de l’Italie, là où les températures sont basses et où la nature continue, heureusement, à croître et à être à peu près préservée de la pollution.

Winter : Cette question peut paraître un peu cliché mais, étant donné que l’Italie a une importante communauté catholique, avez-vous dû subir de la censure ou avez-vous eu des problèmes pour jouer en live, vu votre musique et vos paroles « sombres » ?

WLV : En réalité, nous n’avons jamais rencontré ce genre de problèmes, mais je peux dire que ne pas être conventionnel aux yeux de la « société commune » te colle une étiquette tous les jours quand tu refermes la porte de ta maison derrière toi. Mais tu sais, c’est quelque chose qui nourrit notre âme et qui ne fait que nous rendre plus fiers de ne pas faire partie d’une telle saleté.

Winter :  Vous avez commence votre carrière en 1999. Est-ce que les choses sont plus simples maintenant avec les réseaux sociaux, etc., ou la concurrence est-elle plus dure ?

WLV : C’est à la fois plus facile et plus dur, mais pas pour une histoire de concurrence. C’est plus facile d’être connu via les réseaux sociaux et de te faire entendre, mais en même temps, à l’ère du téléchargement, l’éthique consistant à soutenir les groupes underground se meurt.
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Winter :  Un groupe italien que tu recommanderais?

WLV : Les groupes les plus fameux mis à part, je suggérerais Malfeitor, Nefarium, Handful of Hate pour nommer quelques membres de la scène black-metal, mais il y en beaucoup plus, dans d’autres genres également.

Winter :  Un groupe avec lequel vous rêveriez de jouer ?

WLV : Je crois que nous n’avons pas vraiment de souhaits de ce genre. Plus que des noms concrets, nous aimerions partager la scène avec d’autres groupes, et ainsi soutenir la scène underground et partager nous idéaux, peu importe que le nom soit connu.

Photo_stigmhate3_298h_300w Winter :  L’Italie a fourni plusieurs groupes ayant un statut «culte» ou même un certain succès commercial (Rhapsody, Lacuna Coil, Fleshgod Apocalypse, MonumentuM,…) La scène italienne est-elle dynamique ? Il y a-t-il beaucoup de relations entre les groupes ?

WLV : Pas tant que ça, hélas. A mon avis, les groupes italiens devraient arrêter de se critiquer mutuellement et commencer sérieusement à travailler ensemble pour créer une véritable scène locale unie. En fait je pense que les groupes qui sont capables de croître et d’acquérir une bonne réputation internationale préfèrent jouer à l’étranger et se centrer là-dessus, parce qu’ils trouvent ça bien plus valorisant. C’est vraiment triste.

Winter : Vois-tu le black-metal comme un mode de vie, ou es-tu juste un gars « normal » qui joue de la musique agressive ?

WLV : Personnellement je n’aime pas avoir de relations avec les gens plus que le strict nécessaire, j’aime passer du temps tout seul, perdu dans ma musique ou à étudier des livres. Je ne me suis jamais soucié de savoir si cela est « Black Metal » ou non, à mon avis cela n’a rien à voir avec la manière dont tu t’habilles ou quels groupes tu écoutes, c’est plus une flamme qui brûle en toi. Je crois que les autres gars du groupe partagent mon avis.
 


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