Bang Your Head festival 2019


Bang Your Head festival

UN REPORTAGE DE...




SOMMAIRE

Jour 1 : 11 juillet 2019
Jour 2 : 12 juillet 2019
Jour 3 : 13 juillet 2019

REPORTS DU JOUR



GALLERY

 


Jour 2 :12 juillet 2019



Le deuxième jour commence de la même façon que le premier : par un récital de metal retro, plus précisément de speed thrash balancé avec fougue par les stars locales de TRAITOR (11h30). Ce qui les distingue de leurs homologues ? Un artwork immonde, certes, mais aussi une hargne sous-jacente qui bonifie leur honnête mais très traditionnel répertoire, ainsi qu'un batteur/chanteur qui stridule à la Schmier plutôt que se racler le larynx comme sur les enregistrements studios du quatuor. Une jovialité couplée avec une rage communicative, un "Blitzkrieg Bop" - des Ramones, of course - surspeed en guise de cerise sur le forêt-noire: le cocktail gagnant pour sortir de la torpeur du matin (oui, il est midi et alors ?).

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Trois décennies de plus dans les gencives, c'est ce qu'affichent avec panache les vénérables Néerlandais de PICTURE (12h30) qui débutèrent leur carrière à l'orée des années quatre-vingts. Le backdrop tristounet orné d'une épée grossière fait craindre d'avoir affaire à un collectif de rock progressif de troisième division avant que les casques d'argent ne mettent tout le monde d'accord avec de très bons morceaux de heavy metal à tendance épique mais pas trop, portés par un chanteur au look improbable – rien que le bandeau en mousse alors qu'il n'a presque plus de cheveux... Sans doute grisé par la réception avenante des blagues qu'il adresse régulièrement à l'assistance, le prénommé Ronald s'enhardit et se lance dans une séance de varappe sur le portique imposant de la mainstage – affûté, le sexagénaire.

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En résumé : de la bonne humeur , un bon groove et un bon feeling. Soit un prélude idéal à l'entrée en scène d'ENFORCER (13h35) – encore des Suédois, oui, et ce n'est pas fini. On constate rapidement que même si le guitariste/ chanteur Olof Wikstrand n'est pas un frontman-né, celui-ci parvient sans difficulté à faire brailler les fans sur les refrains, celui de "From Beyond" en tête, et reproduit sans effort apparent ce qu'il exécute en studio - les riffs et les solos, bien sûr, mais aussi la totalité de ses screams à la stridence caractéristique. Impressionnant. Par rapport à sa performance de l'Iron Force festival, le quatuor a gagné en assurance, ce qui peut sembler logique, mais encore fallait-il le démontrer. Les morceaux récents sonnent plus « clairs » et certains prennent de l'épaisseur dans les conditions du direct - "Searching for you", délicieusement nerveux. Le nouveau guitariste n'est pas un monstre de charisme, cependant il tient très bien son rang. Et puis "Midnight Vice" en final, pour le dire simplement : ça déchire - "Destroyer" et "Undying Evil", joués auparavant, aussi. Le heavy speed à son meilleur.

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L'enthousiasme fléchit durant la séance de gymnastique proposée par EKTOMORF (14h45), composé, à l'instar de Soulfly, d'adeptes forcenés du « jump ». Toutefois, contrairement à son mentor brésilien ayant officié la veille, le souriant leader du gang magyar communique réellement avec le public et ne semble pas – encore - blasé. Dommage que son thrash à relents neo bas du front se révèle vite lassant.

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Heureusement, BEAST IN BLACK (15h55) arrive pour apporter la joie dans les foyers et la prospérité dans les cœurs – ou l'inverse – à défaut du soleil qui se défausse une fois de plus en ce jour de la Saint-Olivier. Si certains doutaient des facultés de Yannis Papadopoulos à faire aussi bien en live qu'en studio, qu'ils se rassurent: le vocaliste hellène est tout simplement exceptionnel, alliant puissance et stridence, sans toutefois virer sorcière en rut à la manière du leader Anton Kabanen qui se réserve - par pur égocentrisme ? - des bouts de refrain. Là où le guitariste qui ne sourit (presque) jamais vire à l'écarlate en forçant comme un malade, le chanteur principal se balade littéralement, tel un Halford de la grande époque.

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Si Kabanen parvient à ne pas couler une bielle à force de tout vouloir contrôler, Beast in Black a tout pour que son nom s'étale en dix fois plus gros que n'importe qui tout en haut de l'affiche. D'accord, il faut aimer les samples de synth pop eighties, dont une interprétation aux claviers donnerait probablement un supplément d'âme à la prestation de la formation finlandaise. Quoiqu'il en soit les musiciens font le show - chorégraphies de guitares, grands sourires et solos à toute blinde. Et quel sens de la mélodie ! C'est sûr, ça dégouline de partout - la tournée avec Myrath prévue à l'automne va achever les diabétiques – mais qu'il est voluptueux de se laisse griser par ces thèmes imparables !

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CIRITH UNGOL (17h05), malgré un visuel séduisant, douche ce bel entrain, au propre comme au figuré. En effet, la seule chose de bien qui se passe durant le set des Nord-Américains, c'est son interruption en raison d'une averse XXL qui oblige musiciens et spectateurs à vider les lieux. Le soleil taquin fait rapidement son retour, permettant aux vétérans du heavy/ doom d'enchaîner les passages linéaires, faibles supports d'un vocaliste pénible dont l'objectif principal semble de tenir ses notes le plus longtemps possible. Zéro interaction avec le public, des types qui ont l'air de n'en avoir rien à cirer: à fuir.

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Dont acte, auprès des thrasheurs bavarois de DUST BOLT (17h30). Qui livreront une prestation proche de celle du Hellfest 2016. Déception. DARK TRANQUILLITY (18h25) n'en sera pas une, dans la mesure où l'attente n'était pas démesurée, pour l'écrire poliment. Le chanteur Mikael Stanne alterne avec aisance les registres clairs et gutturaux tout en faisant preuve d'une belle énergie, mais que ses acolytes sont statiques ! Le guitariste Christopher Amott, notamment, a l'air de se faire suer, c'est quelque chose. Quant à la musique, elle est parcourue par une espèce de bourdonnement permanent, un tempo invariable qui l'aseptise, tout du moins selon le ressenti des non-réceptifs au melodeath... suédois – on avait prévenu. En revanche et tant mieux pour eux, un nombre conséquent d'aficionados manifestent leur joie - on aurait juste aimé qu'elle soit contagieuse.

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KROKUS (19h45) ? Une très bonne surprise. Échaudé par la représentation ringarde donnée vingt-quatre heures auparavant par Michael Schenker et ses complices en mode vieilles canailles rincées, on se dit que ça va être pareil avec les Helvètes, étant données les dégaines des papys qui se présentent sur l'estrade. Que nenni ! Ces vénérables musiciens qui ont connu un gros succès aux States au début des eighties - en Allemagne aussi, visiblement - mais qui ont dû vendre trois disques en France (le nom du groupe, peut-être... ), envoient du bois bien comme il faut sur les titres estampillés AC/DC de leurs débuts qui font dodeliner de la tête et taper du pied. Le chanteur à casquette – bien sûr - sait se mettre le public dans la poche et tout se termine sous le déluge et de grosses baudruches orangées au nom du groupe lâchées sur les auditeurs qui passeront les vingt dernières minutes à se les renvoyer – les métalleux, ces grands enfants. Peut-être pas le concert de l'année, mais au moins l'intensité est là.

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Et elle perdurera durant l'intégralité du show de STEEL PANTHER (21h25). OK, on sait à quoi s'attendre: les mecs parlent au moins autant qu'ils jouent, surtout le virtuose guitariste Satchel et son accent nasillard. Mais ils sont tellement drôles ! Et pourtant, plaisanter – lourdement - sur le sexe et les femmes (et le sexe des femmes), sujets éminemment « touchy », demande pas mal de talent et il en faut pour faire rire l'audience sans (trop) d'arrière-pensées.

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Ceci dit, l'atout numéro un des rois du Sunset Strip reste les chansons, sacrément bien troussées si l'on peut se permettre - la dernière en date "All I Wanna Do Is Fuck (Myself Tonight)" a déjà trouvé son public (rien de tel que faire hurler un gros mot à la foule pour se la mettre dans la poche). Les amateurs de poitrines dénudées en revanche en sont pour leurs frais, il doit faire 12° et il pleut des seaux - étrangement les dames montées sur scène comme il est de coutume pendant un set de Steel Panther ne jugent pas utile de se départir de leurs effets personnels (les hard fans du groupe seront sans doute contents de savoir que l'heureuse élue de la soirée ayant droit à sa dédicace sur "Girl From Oklahoma" se prénomme Mat(h)ilda, du moins est-ce l'identité déclinée par la jeune femme aux emperruqués qui la cernent). Quant à l'imitation - vocale et physique - d'Ozzy Osbourne par Michael Starr sur "Crazy Train", elle est à pleurer de rire. Une heure et demie de plaisir – Rocco et ses frères peuvent aller se rhabiller.


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Trempé guéné et, pourtant, le sourire aux lèvres, le festivalier se retire dans la nuit pas vraiment fauve avalant les reliefs du Bade-Wurtemberg et se dit que le troisième jour ne devrait pas être mal non plus.


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