Damage Festival 2014


Damage Festival

UN REPORTAGE DE...




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Jour 1 : 26 octobre 2014

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Jour 1 :26 octobre 2014



Damage Festival, saison 2. Après un sold out en 2012, et des groupes tels qu’Architects, While She Sleeps, Betraying The Martyrs, j’en passe et des meilleurs, l’évènement musical rock, hardcore, metal parisien revient pour la deuxième fois. Et cette fois-ci sur un week-end entier. Le premier jour était composé de groupes à tendance plutôt post-hardcore, avec comme têtes d’affiche Escape The Fate, Our Last Night et Hopes Die Last. Mais c’est bel et bien pour le deuxième jour que je m’y suis rendu, car l’affiche était beaucoup plus alléchante à mon goût. Dix groupes étaient présents, avec comme premier rôle, les néerlandais de Textures qui fêtaient les dix ans de leur album « Polars ».

Ayant été retenu quelque peu pour des raisons alimentaires (et oui, la nourriture extérieure au festival est interdite), c’est après avoir englouti un sandwich - et donc avec un léger mal de ventre - que j’arrive dans la salle de forme ronde du Cabaret Sauvage. Le groupe présent sur scène a déjà eu le temps de jouer une chanson et en joueront trois autres. Novelists, groupe français que l’on peut qualifier de djentcore, nous livre une prestation quelque peu banale. A vrai dire, je m’attendais à mieux, les ayant déjà aperçu au 6K Fest à Liège au mois de mai. J’avais alors reçu une grosse claque de la part de ce groupe qui m’était inconnu à l’époque. Sûrement une histoire de configuration de salle, celle du Cabaret étant plus petite et circulaire. Entrée en matière sympathique tout de même.
 
Le groupe suivant nous venait de Pologne et était inconnu d’une grande majorité du public (dont mes amis et moi faisions partie). Tides From Nebula était l’OVNI de cette journée. Je pensais au début qu’ils pratiquaient un metalcore ambiant et atmosphérique, mais après vérification wikipédiesque, il s’agit en fait d’un style plutôt post-rock. Entièrement instrumental, Tides From Nebula livre une musique totalement planante et entraînante. Mais au final ce n’est pas vraiment un style pour la scène, et la longueur des titres se faisait parfois ressentir (aux alentours des 6-7 minutes à chaque fois). Le genre de groupe à mettre en musique d’ambiance pour les soirées en somme. Après quatre chansons, les polonais laissent place au premier gros groupe de la soirée : Circles. Surgissent alors des sons électroniques… nos américains commencent par la première chanson de leur premier EP The Compass intitulée "The Frontline". La salle est lancée, et ne s’arrêtera pas avant la fin de leur set ! Trois chansons seront encore interprétées, dont deux de leur dernier album Infinitas  nommées "As It Is Above" et "So It Is Below". La voix claire du chanteur Perry Kakridas contraste totalement avec son gabarit plus qu’imposant, mais il gère parfaitement les alternances avec la voix grave, et sa prestation scénique envoie du lourd… tout comme le son de nos compères ! Première grosse claque de la soirée, et elles seront nombreuses à venir.

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Toutefois, elles n’interviendront pas immédiatement. Devil Sold His Soul prend place sur scène. J’avais déjà une petite appréhension avant de les voir jouer, mais celle-ci s’est concrétisée en peur réelle après la première chanson. Ne pouvant supporter de rester une minute de plus dans la salle, je décide d’aller prendre un peu l’air, le temps que le groupe s’éclipse. Ce fut la sensation d’une éternité qui passa. Peut-être parce que, dans un coin de ma tête, se profilait à l’horizon l’un des groupes les plus attendus de la soirée… le projet solo de Rémi Gallego : The Algorithm ! Deuxième claque de la soirée. C’est la troisième fois que je le voyais se produire sur scène, mais l’effet n’est pas moindre, au contraire. A la différence des fois précédentes, Rémi va accompagner ses morceaux avec une guitare sept cordes. Ce qui est du meilleur effet ! On connaissait ses talents de mixeur et de programmeur, moins celui de gratteux. Le gars assure et fait le show, bien aidé par un batteur redoutable qui l’accompagne pour ses lives, Jean Ferry. Le natif de Toulouse va alors nous concocter un mix de quinze minutes comprenant une majorité de chansons issues de Polymorphic Code, avant d’enchaîner avec une nouvelle chanson dont le titre m’a échappé. Trojans est alors mis en exergue et son set se finira par un remix des Daft Punk "Harder, Better, Faster, Stronger". Le public était à moitié hystérique, ce qui est une mini-performance en soi, car ne l’oublions pas, c’était un public de metalleux, venu pour voir du métal. D’un autre côté, bien malin qui arriverait à définir précisément le style du français… Malheureusement, au bout de 25 minutes, le setlist arrive à sa fin. Tristesse néanmoins de courte durée vu la suite des évènements.

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La déferlante ne faisait que commencer avec The Algorithm. Elle ne va faire que s’accentuer avec les deux groupes suivants. Car, voici désormais la nouvelle place forte du djent qui monte sur scène : Monuments. Originaire de Milton Keynes, nos british savent s’y prendre pour mettre le feu, notamment grâce à leur frontman hyperactif, à la limite de la folie, Chris Barretto et sa touffe reconnaissable entre mille. L’ancien chanteur de Periphery harangue les foules avec une telle ferveur qu’il est impossible de ne pas bouger (surtout quand il se fait menaçant pendant l’introduction de "Regenerate" pendant laquelle il demande de se mettre à genou puis de sauter). Leur set, composé de six chansons, est parfaitement représenté à égalité entre leur dernier album The Amanuensis avec "I, The Creator", "Origin Of Escape", et "Atlas", et leur premier album "Gnosis" avec "Regenerate" (intense et magique en live pour son introduction), "Degenerate" (qui porte bien son nom) et "The Uncollective". La voix de Chris est tellement parfaite et juste, qu’on se demande à plusieurs reprises si ce n’est pas du playback, tant la voix est proche de celle que l’on a l’habitude d’entendre en studio. Il se permettra même un petit slam vers la fin du set. On regrettera malgré tout le fait que le réglage de la voix était un poil trop bas par rapport aux instruments, ce qui est dommage étant donné la qualité de celle-ci. L’ambiance était totalement folle et déjantée du début à la fin de la représentation.

Tant que le public est encore chaud, c’est maintenant l’un des pionniers du Deathcore Progressif qui s’installe, j’ai nommé : After The Burial. Plus la peine de présenter nos gars du Minnesota, sinon ce serait vous faire injure. Tout comme Monuments, je les avais déjà vu au 6K Fest de Liège, et j’avais été impressionné par la puissance sonore du groupe… Performance rééditée ici ! Le son de la basse est tout simplement incroyable ! Le groupe va enchaîner dans l’ordre "A Wolf Amongst Ravens", "Berzerker", "Cursing Akhenaten", "Pennyweight", "Drifts", "Aspiration", et finira par une chanson du troisième album mitigé In Dreams intitulée très simplement "Your Troubles Will Cease And The Fortune Will Smile Upon You". Soit tout simplement les meilleures chansons que le groupe puisse livrer en live ! Et bien évidemment, à chaque chanson ce n’est plus une claque, mais un coup de poing dans le ventre qu’on prend ! Anthony Notarmaso exhibant ses tatouages avec fierté et faisant étalage de sa palette vocale, le public devient de plus en plus dingue au fur et à mesure que le set de quarante minutes avance, notamment sur la dernière chanson où notre ami Barretto va effectuer un très joli salto dans le public.

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L’intensité présente dans la salle va alors tomber nettement avec TesseracT. Non pas que la musique soit mauvaise, bien au contraire, mais les rythmes et la puissance sonore sont nettement moins prononcés. Il faut dire qu’on passe d’un Deathcore progressif et technique teinté de Djent à du Djent Ambiant. En revanche, le nombre de personnes et leur enthousiasme n’a pas été diminué ! A ma grande surprise, le vocaliste est… un chanteur, moi qui ai toujours pensé que c’était une femme ! Cela n’enlève rien à la qualité et la prestation de Dan Tompkins qui assure à mort. A l’image de Chris Barretto avec Monuments, la voix est exactement la même qu’en studio, ce qui tend à démontrer que le Djent n’est pas qu’une histoire de guitares sept ou huit cordes accordées plus grave, mais aussi au talent des frontmen des groupes. J’avoue ne connaître que le nom d’une seule chanson, "Of Matter – Retrospect" celle-ci étant ma préférée du groupe. Exécutée à merveille, je ressors satisfait de la prestation du groupe qui jouera neuf chansons. 

Se présente alors le trio américain Animals As Leaders, l’un des plus réputés de la scène djent actuelle, notamment de par son fondateur et sa figure emblématique : son guitariste virtuose Tosin Abasi. La prestation sera alors complètement dichotomique, entre les problèmes techniques et la maîtrise absolue des membres du groupe. En effet, avant que le groupe ne commence sa première chanson "Tooth And Claw", il s’écoulera près de trois minutes pendant lesquelles Tosin Abasi cherchera son branchement jack pour guitare, pendant que le public commençait à s’impatienter sévèrement voire à siffler pour les plus vindicatifs. Cette nonchalance pointera le bout de son nez entre chaque chanson. Chaque transition est un carnage, et Tosin Abasi ne dira bonjour au public qu’après la troisième chanson (pour sa défense, dans un français parfait). La forme est donc clairement à revoir, car la communion avec le public était totalement absente, et on avait presque l’impression d’avoir à faire à des mercenaires venus jouer juste pour prendre leur cachet. Mais le fond rattrape largement ces erreurs tant les musiciens sont dotés de talent. Les instruments sont parfaitement maîtrisés et les riffs groovy et djenty arrivent parfois à faire pogoter le public (il faudra d’ailleurs m’expliquer le concept de pogoter sur du Animals As Leaders). Les américains vont jouer cinq chansons de leur dernier album The Joy Of Motion, qui sont "Tooth And Claw", "The Woven Web", "Physical Education" (qui peut rester plusieurs heures dans la tête après le concert, croyez-moi), "Mind-Spun" et "Ka$cade". Ils termineront par une de leurs chansons les plus connues "CAFO", issue de leur premier album éponyme. Au final, le public a su se montrer indulgent, sûrement car on avait à faire à l’un des groupes les plus talentueux de la scène metal actuel. Pour le coup, pas sûr que cela serait passé avec un groupe d’une moindre renommée.

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Après une demi-heure de balance, c’est la tête d’affiche de ce festival qui fait son apparition : Textures. Je n’avais jamais pris le temps d’écouter le groupe en profondeur, survolant les albums d’un des groupes progressifs les plus charismatiques. Et je m’aperçus vite que c’était une grande erreur de ma part. En effet, je me surprenais à hocher la tête violemment au son de la musique produite par nos compères de Tilburg. Sachant que le premier album fêtait ses dix ans, on se dit que les gars étaient vachement en avance sur leur temps, en nous proposant une musique aussi groovy, et polyrythmique par moment (lors des breaks notamment). Ayant eu un petit retard au départ, l’album Polars ne sera pas joué en entier, en raison de la durée des deux dernières pistes, 18’26 pour la chanson éponyme et 14’33 pour "Heave". La dernière sera donc omise volontairement et remplacée par une nouvelle chanson dont le titre m’a échappé, et par "The Sun’s Architect" dont le riff reste ancré dans la tête. C’est donc une agréable surprise, et une bonne et solide prestation de la part de Textures qui conclut à merveille ce festival, si on laisse de côté le petit problème micro qui a rendu muet le vocaliste Daniel de Jongh pendant un court instant.


Cette deuxième édition est donc un succès dans son ensemble, bien aidée par son affiche diabolique, mêlant plusieurs styles, avec une dominante djent assez prononcée. Mais il y en avait pour tous les goûts, des plus énervés d’entre nous (Circles, After The Burial, Monuments) aux plus calmes (TesseracT, Animals As Leaders). Hormis quelques problèmes techniques négligeables, et la suffisance notoire d’Animals As Leaders, on notera très peu de défauts dans cette journée qui s’est déroulée dans une excellente ambiance, celle qui est chère aux amateurs de metal. Un énorme merci aux programmateurs de l’évènement et au staff du Cabaret Sauvage, et en espérant grandement que ces derniers auront la bonne idée de mettre sur pied une troisième édition de ce festival !


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