CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
le 13 décembre 2016




SETLIST

SAMAEL

Tout Ceremony of Opposites
Jupiterian Vibes
Right of Renewal
After the Sepulture
Into the Pentagram
The Truth is Marching On
My Saviour

SHAPE OF DESPAIR

Curse Life
Angels of Distress
Written in my Scars
Woundheir
Sleeping Murder
Descending Inner Night

EREB ALTHOR

A Fine Day to Die
Song to Hall Up High
Home of Once Brave
The Return
Twilight of the Gods
Blood Fire Death
Sacrifice

40 WATT SUN

Aucune idée, j'aurais dû emmener mon Droom portable...

PHLEBOTOMIZED

Desecration of Alleged Christian History
Barricade
Devoted to God
Subtle Balance Liquidity
My Dear
Mustardgas
Mellow Are the Reverberations

AFFILIÉ

Samael
Estavayer Le Lac - Open Air Estivales
(29 juillet 2005)
Paris - La Locomotive
(08 novembre 2004)
Paris - La Locomotive
(08 novembre 2004)
Wacken
(03 août 2007)
Rennes - L'Antipode
(01 octobre 2011)
Hellfest (Clisson)
(19 juin 2009)

09 décembre 2016 - Madrid - Sala Changó


Samael_-_Ereb_Altor_-_Shape_Of_Despair_Madrid_-_Sala_Changó_20161209

(Un grand merci à Carlos de la Puente et El Lado Oscuro de la Luna pour les photos.)

Shape of Despair. Il fallait bien ces trois mots pour arriver à me faire reprendre du service. Après plus de quinze ans d’inactivité, et ce malgré le passage de nombreux poids lourds dans la capitale espagnole (dont Moonsorrow cette année...), je reprends donc le chemin des salles obscures, direction la sala Changó, près de la concourue plaza de Olavide, dans le centre de Madrid. Objectif : Shape of Despair donc, mes dieux personnels, mais également le reste, fort alléchant, de l’affiche de cette première journée du Madrid Is the Dark Fest. C’est la tête plein d’idées extrêmement positives que j’avise l’entrée du local - « Putain, il pèle ! », « J’espère que Madame aura bien pensé à chauffer mes pantoufles pour tout à l’heure… », « Parce que ça va finit tard tout ça… » - mais une fois les portes franchies, les sensations pas si oubliées que ça reviennent au galop : cette impression de se retrouver en famille, le petit nœud dans l’estomac et la nuque qui bouge toute seule…


J’arrive hélas trop tard pour goûter la prestation des Majorquins d’Helevorn dont je n’entends que les dernières notes du dernier morceau. Trop peu pour se forger une impression, à peine de quoi ébaucher quelques conjectures de qualificatifs: solide, classique, intéressant. A creuser donc. Ponctuels comme le seront tous les groupes de cette première journée, les vétérans bataves de Phlebotomized font irruption sur scène et commencent à déverser leur « atmospheric doom-death », comme on disait à l’époque de leur jeunesse, devant un public poli, intéressé, mais pour l’heure un peu sceptique. Il faut dire qu’entre le fait  qu’Imnmense Intense Suspense et Preach Eternal Ghospels, les deux œuvres dans lequelles le groupe puise pour ce show, datent d’il y a plus de vingt ans , et que la structure est un brin complexe, appréhender et apprécier du premier coup des morceaux pourtant excellents comme "Desecration of Alleged Christian History" ou "Barricade" relève de la gageure. Comme en plus le son de la section rythmique a tendance à tout écraser sur son passage, la finesse des violons et des claviers peut aller se faire voir. Du coup, nous sommes deux ou trois vieux abrutis connaissant les albums par cœur à prendre notre pied, le reste de la salle se contentant d’applaudir poliment la fin de chaque morceau. Dommage pour un groupe dont la bonne humeur aurait pu être communicative.
Les types de 40 Watt Sun, sont-ils de bonne humeur ? Impossible à savoir, tant le trio se montre inexpressif et statique sur scène. Dégotés au pied levé pour pallier l’absence d’In the Woods  - groupe qui avait motivé la venue de plus d’un des spectateurs – les Anglais produisent une musique que l'on peut qualifiere de version doom des premières années de Coldplay et ne suscitent guère plus de réactions que Phlebotomized.  Il faut néanmoins reconnaître que les titres proposés par 40 Watt Sun son originaux, à défaut d’être très adaptéa à la scène. Si les morceaux sont très longs et se ressemblent grandement, tout au moins à la première écoute, l’organe vocal de Patrick Walker est d’une justesse remarquable et l’ensemble dégage une belle sensation de nostalgie bluesy, un peu en décalage avec le reste des groupes, ce qui finalement n’est pas un mal. Et puis bon, ça vaut toujours mieux qu’In the Woods… (pas taper).
Les choses sérieuses commencent cependant avec la musique de Bathory que les Suédois d’Ereb Althor se chargent de nous transmettre avec un plaisir évident. Ce set est le premier temps fort du festival, et la salle, qui commence à vraiment se remplir, ne s’y trompe pas. Normal : pour peu que le groupe réalisant les covers y mette du sien – ce qui est vraiment le cas ici - les tueries écrites par le sieur Quorthon sont très largement fédératrices dans le public de metal sombre et peuvent être facilement appréhendées par les quelques personnes ne maîtrisant pas le répertoire du pionnier scandinave. Autre bon point : le côté un peu policé de l’album de reprise d’Ereb Althor est rendu plus cru en live, ce qui rend la prestation du groupe agressive à souhait et tout à fait adaptée à la mise en avant de la section rythmique proposée par ceux qui s’occupent du son. Résultat :  " A Fine Day to Die", "Home of Once Brave", "The Return" ou encore "Blood Fire Death" font mouche et le court set s’avère donc fort délectable. On s’étonnera tout de même du choix de "Song to Hall Up High" en deuxième position, titre court et sans rythme n’apportant pas grand-chose au schmilblick, et surtout de "Sacrifice" en rappel, là où un "Woman of Dark Desires" aurait été évidemment le bienvenu. C’est néanmoins avec une sensation de raideur naissante dans la nuque, que j’attends l’arrivée de Shape of Despair.
Quand on attend ce moment avec une telle envie, le risque d’être déçu est forcément élevé et, je dois bien l’admettre, je dois faire preuve d’une foi sans limite pour faire abstraction de la totale inadaptation du son proposé aux compositions des Finlandais. En exagérant un petit peu, on pourrait dire que les six  morceaux joués par la Forme du Désespoir se réduisent à une bouillie sonore, à tel point qu’il m’est difficile d’identifier certains morceaux et que le climax qu’est censé représenter "Descending Inner Night" perd un peu de son intensité. Ceci dit, Shape of Despair reste magique : le seul avantage d’une prestation jouée avec un tel son est que son côté hypnotique est accentué. Entre la fumée,  le jeu de scène 100% funeral, les grognements d’Henri et la voix de Nathalie, encapuchonnée comme à l’accoutumée, il y a quand même de quoi prendre son pied. Même amochés, des titres comme "Curse Life", "Angels of Distress" ou "Written in My Scars", sont meilleurs que 99.99% de ceux de la concurrence. La demoiselle à côté de moi hoche la tête en silence – son copain, en revanche, ne peut s’empêcher de consulter sa montre de temps en temps… - et, de manière générale, le public se laisse séduire par le show de SoD, qui s’en va sans faire de rappel ni manifester quelque émotion que ce soit – on n’est pas à un concert de deathcore bordel !.
Place au vainqueur de la soirée. C’est un Vorph souriant et maniant avec une certaine aisance la langue de Cervantès qui apparaît pour ce show tribute au mythique Ceremony of Opposites, accompagné de ses remuants acolytes dont l’énergie et l’envie de jouer est transmise au public dès la première minute du concert. La recette est classique : on prend Ceremony, on le relooke un chouia avec quelques arrangements plus conformes au Samael actuel et on balance le tout. Les moments forts de l’album, on les connaît : "Son of Earth" et "Baphomet’s Throne" continuent de fonctionner à merveille, portés par un son qui, là, colle parfaitement avec l’agression sonore que Samael veut infliger à des fans globalement conquis. "Flagellation" acquiert,  lors d’une soirée, grâce à ses passages les plus bruts, une dimension incroyable, qu’il ne possède pas forcément sur l’œuvre originale. L’heure est à la communion, et même "The Truth is Marching On" du très médiocre Lux Mundi, prend des airs de titre culte. Les morceaux joués par les natifs de Sion ne s’arrêtent heureusement pas au seul Ceremony et le groupe a le bon goût de puiser dans tout le répertoire de leur premiers albums : le mythique "Into the Pentagram" – le morceau le plus sombre et le plus heavy de tous les temps selon les dires de Vorph…   pour Worship Him, le non moins mythique "After the Sepulture" pour Blood Rituals et les… euh… mythiques ? … "Jupiterian Vibes" et "My Saviour" pour Passage. Vorph et ses coreligionnaires nous gratifient même d’un nouveau titre, "Right of Renewal", qui aura au moins pour lui d’être parfaitement adapté aux performances live. Samael sort grand vainqueur de cette soirée grâce à un show d’une intensité extrême, frisant l’apocalypse par moments. Le dernier show du groupe auquel j’ai assisté date de 1994, il n’y a pas de mots pour décrire la progression du groupe et notamment de l'amélioration de la communication scénique de son leader. Impressionnant.


Du coup, c’est épuisé mais ravi que je rentre chez moi, enfile mes pantoufles et m’endors au coin d’un feu qui n’est qu’un petit rappel du grand Feu qui s’est manifesté ce soir.



©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6