CHRONIQUE PAR ...

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Silverbard
le 15 novembre 2016




SETLIST

VOLA

The Same War
Starburn
Owls
Your Mind Is a Helpless Dreamer
Emily
Gutter Moon
Stray the Skies

Agent Fresco


Anemoi
He Is Listening
Howls
Pyre
Wait for Me
See Hell
Angst
Eyes of a Cloud Catcher
The Autumn Red

Katatonia

Last Song Before the Fade
Deliberation
Serein
Dead Letters
Day and Then the Shade
Teargas
Criminals
Saw You Drown
Evidence
Soil's Song
Old Heart Falls
For My Demons
Leaders
In the White
Forsaker

My Twin
Lethean
July

AFFILIÉ

Agent Fresco
Paris - Le Klub
(26 novembre 2015)

18 octobre 2016 - Paris - Trabendo


Katatonia_-_Agent_Fresco_-_VOLA_Paris_-_Trabendo_20161018

Oh la belle affiche que voilà ! Les vétérans de Katatonia (rappelons que Brave Murder Day est sorti il y a tout pile 20 ans) ayant juste sorti un nouvel album, on les attendait évidemment de pied ferme pour cette date parisienne, d'autant que les Suédois ne ratent jamais la capitale dans leurs tournées. Mais il était plus difficile de prévoir les premières parties, à savoir Agent Fresco et VOLA, s'avérant cependant deux très bons choix sur le papier ! Rappelons qu'Agent Fresco avait tout cassé il y a presque un an déjà dans le tout petit Klub de Paris, c'est donc avec un plaisir non dissimulé qu'on les retrouve sur la belle scène du Trabendo. Quant à VOLA, c'est du tout neuf, les Danois venant de publier leur premier effort.

Commençons alors par nous pencher sur cette dernière formation, bénéficiant d'un bel éclairage sur cette tournée pour promouvoir son opus Inmazes. Pour faire court, VOLA se situe à mi-chemin entre Meshuggah... et Muse ! Un mélange d'apparence schizophrène sur le papier... et pourtant ! Alternant selon les titres refrains langoureux aux vocaux éthérés d'une part et riffs lourds et saccadés d'autre part, cette simple description ne saurait être plus parlante. Malheureusement, les Danois demeurent bien calmes et scolaires sur scène... Certes le plaisir y est et la maîtrise également, mais à défaut d'être subjugué, on se contentera de chercher à cerner la formation. Une frange du public à la sensibilité djent et/ou pop (!) y trouvera son intérêt. Mais on reprochera au final un manque de fulgurances une fois le style bien identifié.
Sans plus tarder, place aux Islandais d'Agent Fresco ! Et d'un coup, nous voici pris dans un déluge d'énergie, à tel point qu'on ne sait plus donner où donner de la tête ! Ça bouge, ça joue... bref, ça vit ! Le chanteur au physique mince et élancé se dandine avec des mimiques très particulières - non sans rappeler un certain Ian Kenny du côté de Karnivool -, mais surtout - et contrairement à ce dernier - avec beaucoup d'amplitude dans ses mouvements. Une impression de grâce se dégage ainsi des compositions tendres et lumineuses, appuyées d'ailleurs par un excellent lightshow. Mais ce sont bien tous les musiciens qui vibrent en communion, en témoignent ce bassiste survolté et surtout ce batteur, dont aucun autre qualificatif que « possédé » ne saurait mieux décrire son état mental sur scène !
Ce dernier, véritable sosie du Tahiti Bob des Simpsons, martèle ses fûts avec une énergie visuelle (et physique) épatante, un des meilleurs exemples du genre avec Mario Duplantier de Gojira, c'est dire ! La technique est quant à elle très loin d'être en reste, puisqu'on a avant tout affaire à une formation qui manie les maths avec une habileté hors pair. On serait tenté de comparer le groupe à Leprous de part ses similarités rythmiques et vocales - TesseracT et Karnivool ne sont pas loin non plus -  mais ce serait bien réducteur. Agent Fresco a bien une âme propre, son origine septentrionale n'est sans doute pas étrangère à cela, et on espère vite les revoir sur une aussi grande scène (qui leur seyait à merveille d'ailleurs) !
On arrive enfin à Katatonia, dont le staff technique a gentiment squatté le pit photo pour déposer plein de matos, on se contentera donc de shooter de loin pour les photographes accrédités... Cette légère déconvenue ne profite en tout cas nullement aux Suédois dans leur jeu de scène, à leur habitude tristement aussi... statique. Jonas reste blotti derrière sa masse capillaire, avec un style vestimentaire toujours aussi douteux, tandis que le reste des zicos se contente d'headbanguer soigneusement. Mais me direz-vous, on est habitué à tout cela de ce groupe, et la musique alors ? Car si Katatonia demeurera à jamais un groupe fétiche de votre serviteur, c'est bien avant tout pour ses réalisations studios, le live ayant toujours été un exercice au rendu aléatoire pour les Suédois.
Il y a une explication rationnelle à cela. Étant impossible de faire passer les arrangements très soignés du studio à la scène, les morceaux sonnent forcément plus « bruts » et plus « nus » d'une certaine manière. Et ainsi le charme qui opère à merveille sur beaucoup de tracks se révèle parfois gâché (osons le terme) dans sa retranscription live. La qualité du son joue évidemment ici un rôle essentiel. Et par chance, le Trabendo offrira des spots en fosse de très bonne facture en termes de qualité auditive. La fosse, au passage, demeurera ce soir un peu dégarnie (remplissage à moitié environ), constat un peu triste mais peut-être la taille de la salle avait-elle été surestimée pour ce plateau de groupes ? (on me glisse dans l'oreillette que Dark Funeral jouait à Petit Bain le même soir... oui mais qui écoute Dark Funeral vous dirais-je ?)
Cessons cette digression pour revenir à la musique ! Katatonia présentera ce soir trois morceaux tirés de son dernier opus The Fall Of Hearts (chroniqué ici). Trois morceaux, c'est pile ce qu'il fallait pour ne pas trop s'appesantir dessus. Car le grand tour de magie, c'est que 2016 marque également le 10ème anniversaire de The Great Cold Distance, considérés par beaucoup comme l'une des meilleures réalisations du groupe. Si on peut débattre de ce trophée, nulle discussion quant à dire que c'est l'album le plus « heavy », « catchy » et surtout tubesque de la bande. Bref, celui qui comporte des riffs casse-nuques qui passent très bien en concert, et ça tombe bien car c'est tout ce dont on avait besoin ! Forcément, les transitions avec les compositions plus calmes et attendrissantes se font d'autant plus heureuses et globalement la setlist s'avère très bien réfléchie avec un final grandiose quoique classique.

Une belle soirée au final avec Katatonia qui a su convaincre pleinement l’audience avec un long set aux allures de best-of. Les deux premières parties allant du correct à l'excellent n'ont pas démérité non plus. Le contrat est donc rempli haut la main, merci messieurs !

Album photo : Das Silverfoto
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