CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
le 11 septembre 2016




SETLIST

Born Of Osiris
The Other Half Of Me
The Sleeping And The Dead
Exhilarate
Illusionist
Open Arms To Damnation
Empires Erased
Resilience
Goddess Of The Dawn
Throw Me In The Jungle
Divergency
Bow Down
Machine

Veil Of Maya
Nyu
Leeloo
Ellie
Punisher
Lisbeth
Three-Fifty
Crawl Back
It's Not Safe To Swim Today
Phoenix
Aeris
Unbreakable
Lucy
Mikasa

Volumes
91367
The Mixture
Vahle
Feels Good
Erased
Wormholes

Black Crown Initiate


AFFILIÉ

Veil Of Maya
Paris - La Flèche d'Or
(18 décembre 2015)

Volumes
Anvers - Trix
(03 octobre 2015)

10 septembre 2016 - VK Concerts - Molenbeek


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A ma grande surprise, quand j’ai découvert que le concert ne se passait pas exactement à Bruxelles mais dans une commune associée du nom de... Molenbeek, j’ai longtemps hésité avant de venir, craignant pour ma vie et mon futu...  Non mais sérieusement vous avez cru que j’allais rater le Sumerian Alliance Tour pour ça ? Ils ont vraiment cru que ça allait empêcher du monde de se déplacer ? Hors de question de rater ça, même si Scarlett Johansson me proposait une soirée avec elle. Et puis de toute manière, des bruits de mitraillettes, j’allais quand même en entendre à l’intérieur quoi qu’il arrive !

Plus sérieusement, un plateau comme ça, pour le fan que je suis, ça ne se présente pas tous les jours. Deux des plus grosses têtes d’affiches du deathcore progressif, accompagnée par une bonne pointure du djent/prog, ça ne se rate pas, surtout pas à si bas prix et si près de chez soi. Suite à des problèmes de programmation, la date de la veille à Karlsruhe en Allemagne avait subi quelques retards et modifications au niveau des sets. Des durées raccourcies de moitié pour Veil Of Maya et Volumes et d’un tiers pour Born Of Osiris. Heureusement, tout a l’air de bien se goupiller, et le concert, prévu à dix-huit heures, commence bel et bien à l’heure. Et ce sont deux purs produits locaux qui ouvrent le bal. Entrent d’abord en scène les jeunes Namurois deDown To Insanity, pratiquant un metalcore progressif dans la pure lignée de la vague actuelle. Du punch, du groove, du rythme, des breakdowns, des mosh parts et des samples à la Veil Of Maya. Tout ce qu’il faut pour chauffer une salle qui se remplit lentement mais sûrement. Un set court (vingt-cinq minutes) mais intense, tout comme le suivant. Les quatre compères de Concelead Reality prennent parfaitement le relais, avec un metalcore également progressif mais beaucoup plus atmosphérique, des chansons moins rentre-dedans et plus travaillées. Le plus marquant restera sûrement la folie et l’intégrité du chanteur James Barbosa. Une présence scénique (qui n’a rien à envier à des chanteurs de black dépressif) et une prestation technique époustouflante qui resteront une des claques de la soirée. L'agglomération de la capitale belge regorge de talents comme nous l’ont prouvé les deux premières parties, et il y a fort à parier qu’ils feront à nouveau parler d’eux dans les années à venir.
La curiosité de la soirée sera incarnée par Black Crown Initiate. Non pas que les Américains soient une découverte, mais ils constituent l’anomalie auditive de ce show. A la croisée entre un death progressif, du death technique et un death atmosphérique, la formation va venir trancher dans le vif avec ce que l’on avait pu entendre jusqu’à présent et ce que nous allions entendre par la suite. Et leur set d’à peine vingt minutes a rendu encore plus dubitatif un public qui avait troqué ses mouvement de jambes et de bras contre des hochements de têtes pleins de retenus. Le son n’en restait pas moins bon pour autant mais le public ne s’attendait sûrement pas à cela. Et quand Volumes fait son apparition sur scène tout de blanc vêtu, la foule peut retenir toute l’énergie qu’elle avait en elle pendant le set précédent. Mais là encore, le constat reste mitigé. Cinq morceaux, deux de VIA, deux de No Sleep, et un nouveau titre "Feels Good". Les chansons du premier album satisferont tout le monde notamment les adorateurs de la première heure (dont je fais partie) avec les sonorités typiquement djent, les breakdowns massifs et les groove destructeurs. Les chansons du dernier brûlot conquerront surtout un public plus jeune avec l’apparition des voix claires typées post-hardcore/emo. Mais que dire de la dernière chanson en date ? Quel en était le but ? Concurrencer Parkway Drive et Betraying The Martyrs dans la course à la chanson FM ? Créer une nouvelle bande son de la Reine des Neiges ? On ne sait pas vraiment, mais on n’espère ne jamais en avoir la réponse. Si le prochain album suit cette lignée, Volumes perdra à coup sûr une bonne partie de son public (tout du moins l’ancien). Malgré cela, le set d’environ trente minutes n’en aura paru que vingt. Et c’est sans vraiment le réaliser que se présentent déjà devant nous la première tête d’affiche.
On ne présente désormais plus la bande de Marc Okubo, l’un des génies du deathcore progressif. Veil Of Maya revient en Europe comme chaque année pour que le public puisse se déchaîner violemment. Fort de son dernier album Matriarch, ayant fait l’objet de nombreuses critiques, souvent positives, mais aussi négatives en raison de la volonté d’instaurer une voix claire. Et oui, les metalleux sont rarement friands de changements aussi abrupts au sein de groupes jouissant d’une telle côte de popularité. Mais Veil Of Maya n’en a cure et a recruté l’excellent Lukas Magyar, sorti de nulle part, tel un miracle. Comme à son habitude, il propose un chant dont le timbre de voix est plus pur que du cristal. Dommage qu’il ait dû subir (et nous avec) des caprices de réglages au niveau de son micro, qui ont fait qu’on ne l’entendait plus à certains moments. Le son des deux gratteux était aussi moins net qu’à l’accoutumée, notamment au début, mais le public a réussi à passer au-dessus et se donner corps et âme pendant près de quarante minutes. Présents en masse, les morceaux du dernier album ont toujours un énorme succès, accompagnées par les excellents "Punisher", "Unbreakable" et "Dark Passenger", sans compter de nombreux titres de The Common Man’s Collapse. Un set globalement très bon, mais un ton en dessous de leur dernier live auquel j’avais pu assister la Flèche d’Or à Paris. C’était peut-être pour ne pas faire de l’ombre à la dernière tête d’affiche, les Chicagoans de Born Of Osiris. Les deux groupes étant habitués à partager l’affiche aux quatre coins du monde et alternant de position assez souvent, ce sont donc les Égyptiens qui ont pris le dessus sur les Mayas pour cette tournée. Peu importe après tout, la finalité est la même. Et Born Of Osiris reste fidèle à sa sonorité. Je dirais même qu’il est un des rares groupes qui envoient autant, si ce n’est plus, en live qu’en studio. Une majorité des chansons interprétées étaient forcément issues du dernier album Soul Sphere, mais un bon équilibre a été trouvé avec une grande place accordée Tomorrow We Die Alive, et une belle part à The New Reign. Aucune erreur de casting, un son et une énergie du feu de Dieu, des soli millimétrés, des coups de mitraillettes à volonté (je vous vois venir, oui je parle bien du groupe), un Ronnie Canizaro toujours impressionnant au chant et un claviériste sûr de lui. Bref, tout l’attirail de Born Of Osiris était de sorti et ils ont régalé les deux cent personnes présentes sur place, avec en prime, un petit rappel (qui n’en était sûrement pas un vrai) et leur dernier clip live "Machine" au top du top.


A ma grande surprise, ce sont les Français qui ont fait le déplacement en écrasante majorité, les Flamands ayant préféré bouder la capitale ou plutôt Molenbeek. C’est fort dommage car ces groupes ne devraient avoir aucun mal à faire salle comble. Mais quand le contexte géopolitique s’en mêle on peut parfois difficilement y faire face. En tout cas un grand merci à l’association Hurricane Booking et la salle VK Concerts de s’être démené pour nous proposer une telle date, et au public français de s’être déplacé en nombre.



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