CHRONIQUE PAR ...

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Silverbard
le 10 juillet 2016




SETLIST

Happy Song
Go to Hell, for Heaven's Sake
The House of Wolves
Avalanche
The Best Is Yet to Come(Aoife Ní Fhearraigh song)
Shadow Moses
Sleepwalking
Can You Feel My Heart
Antivist
Throne
Drown

AFFILIÉ

18 juin 2016 - Hellfest


Bring_Me_The_Horizon_Hellfest_20160618

Dimanche matin, chez Les Éternels. Silverbard : « Au fait Ptilouis, tu as pensé quoi de Bring Me The Horizon ? » - « C’était nul, je me suis fait chier tout du long ». Étonnement. - « Ah bon ? Moi, j’ai pris une énorme claque ! » Devant deux opinions aussi tranchées, des explications s’imposent et afin de finir sur une note positive, nous allons commencer par la plus sceptique.

Ptilouis : Il est 21h55 et la MS2 est noire de monde pour voir l’un des groupes de metalcore les plus populaires du moment : Bring Me The Horizon. Force est de constater que les Anglais savent y faire pour présenter un show qui en envoie plein les yeux. Déjà, il faut bien le reconnaître, la scène est magnifique avec des lumières mettant bien en valeur les musiciens. Mais c’est surtout les animations de l’écran derrière qui feront leur petit effet, ajoutant une mise en scène bienvenue et surtout affichant les paroles des refrains à quasiment chaque morceau. Le metalcoreux moyen sera ainsi ravi d’ajouter son chant, souvent un peu limite, à celui très juste d’Oliver Sykes. Si l’on résume, tout est fait pour aider le public à participer en chœur aux différents singles du groupe. Car des singles, il y en a avec une bonne part donnée à That’s The Spirit, dernier album du groupe flirtant dangereusement avec la pop. On commence d’ailleurs avec la très moyenne "Happy Song". Le morceau est bien exécuté certes, mais le courant ne passe pas, et ne passera que très peu durant le set, et encore, seulement grâce à certains titres plus anciens comme l’entraînante "The House of Wolves" ou la sympathique "Sleepwalking". Pour le reste, l’impression d’entendre toujours le même morceau à peu de nuances près est assez forte. Et c’est en ayant le sentiment que le concert ne s’adresse pas à moi (et certaines phrases du public comme « T’as vu comme il est trop beau le chanteur ! » ne faisant que renforcer ce sentiment) qu’à la fin du concert je me dirige vers la Warzone empreint de la douce folie communicative des Ludwig van 88.

Silverbard : Bouh ! Bouh ! Bouh ! Bring Me The Horizon ! Mélange de grossière supercherie de mauvais goût et de complot jeux-vidéo-maçonnique, le groupe est, à en entendre certains, encore plus l'incarnation de Satan que Glen Benton et Lady Gaga réunis dans un même corps. Et ce n'est rien s'il on compare ça à la haine déversée sur le frontman Oli Sykes, taxé à tour de rôle de poseur, d'arnaqueur, de miauleur, de fragile, j'en passe et des meilleurs... C'est à se demander si cette haine trouve réellement une source tangible quelque part. C'est pourtant en bon élève que votre serviteur se rend au set des Anglais originaires de Sheffield, ayant bien mûri depuis les dernières semaines leur dernier effort intitulé : That's the Spirit. Et quelle ne fut pas ma surprise de découvrir un groupe aux compos irrésistiblement catchy, efficaces en diable, sans jamais vraiment devenir insupportables. L'équilibre parfait entre mélodies faciles et rythmes entêtants. Car quand c'est bien fait, il faut aussi savoir le dire, même si le look emo des membres peut en débecter certains, ou si le taux de glucose collé au micro se fait parfois élevé. Sur ce dernier opus, les Anglais poussent l'accessibilité assez loin avec de vrais hymnes pop-metal qui ne seraient pas sans rappeler Linkin Park à ses plus belles heures, mais avec une dimension électronique vraiment intéressante et qui fonctionne du feu de Dieu, en témoigne cette deuxième performance au Hellfest (la dernière remontant à 2009 !) ! Malheureusement si la diva Oli n'est pas très en voix ce soir (il s'en excusera), quel bonheur de profiter enfin d'un son impeccable sur Mainstage, avec des riffs abrasifs n'étant pas sans rappeler parfois les compatriotes d'Architects, quoiqu'ici dans un style un peu moins violent. Les riffs syncopent, la rythmique s'emballe, l'immense écran de LEDs déployé derrière la scène s'illumine des paroles des refrains façon karaoké permettant à chacun de pouvoir s'égosiller en chœur. Niveau lights, on a peut-être à ce qui se fera de plus impressionnant sur le week-end (certes bien loin derrière Rammstein, mais quand même !). Au final, une heure de tubes livrés avec une folle énergie sincère, les râleurs peuvent aller se rhabiller, car il y avait de quoi se faire gifler !

Crédits photo : Nidhal Marzouk
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