CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
le 06 juillet 2016




SETLIST

A Bid Farewell
Strength of the Mind
Fixation on the Darkness
Alone I Stand
Beyond the Flames
Hate by Design
My Last Serenade
Rose of Sharyn
The End of Heartache
My Curse
In Due Time

AFFILIÉ

Killswitch Engage
Wacken (wacken)
(02 août 2008)

17 juin 2016 - Hellfest


Killswitch_Engage_Hellfest_20160617

J’ai découvert Killswitch Engage sur je ne sais plus quel sampler Hard’n’Heavy au printemps 2002, et j’avais alors été proprement scotché par le morceau proposé ("Life To Lifeless"). Néanmoins, je ne me doutais pas de ce qui se passerait quand j’aurais écouté Alive Or Just Breathing en entier… Ce qu’il s’est passé, c’est que j’en suis devenu complètement dingue, et que je suis resté depuis ce jour un impénitent fan de KSE, malgré les quelques errements qui ont pu peupler, ici et là, leurs dernières sorties, qui sont hélas assez loin du niveau des premières… D’ailleurs je considère encore aujourd’hui, et à jamais, Alive Of Just Breathing comme le meilleur album de metalcore de tous les temps, loin devant la concurrence. Mais malgré toute cette fanitude, je n’avais tout simplement jamais vu KSE live. C’est désormais chose faite, grâce au Hellfest.

Autant vous le dire d’entrée, mon ressenti sur ce concert tient en quelques mots, précisément deux : « putain » et « oui ». Il faut dire que les mecs de KSE ont bien aidé votre serviteur à pondre ce constat des plus concis, mais assez parlant. Débarquant à 18h35 devant une Warzone blindée pour l’occasion, les américains n’ignoraient pas que les gens étaient avant tout là pour les voir jouer Alive Or Just Breathing, et peut-être plus encore The End Of Heartache, leurs deux (premiers) efforts les plus célébrés. Mais d’un autre côté, les bonhommes avaient un dernier opus à défendre, et un sacré stock de morceaux entre les deux, car leur carrière affiche bientôt quinze ans et sept albums au compteur, et qu’elle a repris un second souffle avec le retour de Jesse David Leach, qui chantait sur les deux premiers KSE, puis sur aucun jusqu’aux deux derniers, ayant été entre-temps remplacé par l’excellent Howard Jones (qui aura donc officié sur trois KSE), parti fonder l’immonde Devil I Know depuis. On aura donc logiquement le droit à une setlist contrastée. D’un côté, KSE est en mode fan-service et fait la part belle aux morceaux les plus old-school : "A Bid Farewell" en ouverture (youhou !), l’indépassable "Fixation On The Darkness" (un des tous meilleurs morceaux metalcore jamais écrits, et celui qui prétend le contraire est fan de Phil Collins), la fabuleuse "Rose Of Sharyn", ou encore le tube absolu "My Last Serenade". Ajoutons également l’emphatique "My Curse" avec son break aussi bourrin que mélodique, et la splendide "The End Of Heartache". D’un autre côté on l’a dit, KSE a un dernier album (Incarnate, pas trop mal au passage, mais relativement anecdotique vu leurs débuts) à promouvoir, et on aura donc le droit à "Alone I Stand", "Hate By Design" et "Strenght Of The Mind", qui passent encore bien mieux en live que sur album. Pour le reste, KSE avait visiblement décidé de mettre à l’honneur l’album qui avait célébré le retour de JDL dans le groupe, Disarm The Descent, avec "Beyond The Flames" et un "In Due Time" bien sympathique en closer. Voilà pour la setlist. Finement joué de la part des américains, qui ne risquaient pas de perdre les fans old-school en route, tout en leur imposant d’écouter (et de kiffer) leurs derniers sons dans des conditions plus enthousiasmantes que sur album.
S’agissant à présent des bonhommes eux-mêmes, rien à redire, la performance fut des plus réussies. La section rythmique de KSE ayant toujours été ultra-carrée et métronomique (et inchangée depuis près de quinze ans), elle assura comme il se doit. JDL semblait également dans une forme olympique, bien en voix, très dynamique et ultra-souriant. Quant à l’âme du groupe, l’inénarrable Adam D, il fut à la hauteur de sa réputation grand-guignolesque, et fit à peu près n’importe quoi pendant à peu près tout le concert, tout en assurant ses parties de gratte et ses backing vocaux (si importants dans KSE) comme le boss absolu qu’il est. Sapé n’importe comment, enchainant les conneries et les blagues lourdes entre les morceaux, courant partout, sautant comme un cabri, Adam D a apporté au set de KSE ce supplément d’âme et de fun qui permet à tout le monde de passer un moment inoubliable plutôt que « juste » un bon concert. Certes, le vieux fan râleur que je suis aurait bien aimé avoir droit à un peu plus d’extraits de l’indépassable Alive Of Just Breathing (notamment "Life To Lifeless", "Temple From Within", "Element Of One" ou encore "Just Barely Breathing" – et j’arrête là parce que je pourrais toutes les citer sans exception-), mais dans l’ensemble, ce fut un agréable kiff que d’enfin voir ces gars en live, que de constater qu’ils sont encore très loin d’être tricards ou finis, et de s’époumoner en chœur sur "Rose Of Sharyn", "My Last Serenade", et tous les autres vieux morceaux dont ils bien voulu bénir une Warzone bruyante, joyeuse et totalement acquise à leur cause.

A peine une heure de show passée en un clin d’œil, et il est, hélas, déjà temps de se dire au revoir… KSE sont les boss du metalcore, ils ont donc naturellement livré un set de boss. On aurait voulu en avoir un peu plus sur les deux premiers albums (même si The End Of Heartache fut finalement très bien représenté), mais dans l’ensemble c’était quasi-parfait. Groupe en place, capital sympathie visiblement intact, public chaud bouillant, bref, un bon moyen de terminer ce premier après-midi au Hellfest, et de basculer tranquillement dans la soirée. Et à titre personnel, cela ne fait que renforcer mon envie de les revoir, mais cette fois-ci en mode TA, avec un show plus long et, espérons-le, plus fan service encore, le tout dans une salle plus intime.


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