CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
le 10 juin 2016




SETLIST

Amber Sea
Intro
Equinox
Mu Cephei
Interlude
Shinigami
Umbra & Lumen
Violette
Interlude
Deci(mate)

Mahestrya
Breath From Abyss
Infected Soul
The Cursed Shepherd
Dissension
Amnesia
Lost Odyssey

Atlantis Chronicles
The Odysseus
Echoes Of Silence
Thsouands Carybdea
Architeuthis Dux
Homocene
back To Handatopia
Upwelling Part 1
50°S 100°W
Within The Massive Stream
Ten Miles Underwater

AFFILIÉ

Amber Sea
Lille - El Diablo
(07 juillet 2015)

10 juin 2015 - Lille - El Diablo


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El Diablo. Les amoureux et passionnés de metal de Lille connaissent bien ce lieu. Car, hormis l’Aéronef et Splendid, si vous voulez assister à du metal pour pas cher, c’est bien là qu’il faut vous rendre. La preuve une fois de plus avec un bon trio de prog moderne aussi bien réputé nationalement que localement. Pour cinq euros, vraiment ?!

Et on commence avec les jeunes d’Amber Sea, pur produit local, puisque résidant à quelques pas de la salle. Très peu de risque donc de ne pas être en forme et de ne pas se donner à fond. La formation n’en est pas à sa première apparition ici-même, puisqu’ils avaient également ouvert pour le plateau composé de The Dali Thundering Concept, Exist Immortal et Cyclamen, il y a de cela près d’un an. Voyons voir l’évolution du groupe depuis. Et dès le début, on sent un supplément d’envie et de percussion. Est-ce lié à un meilleur réglage du son ou au fait qu’ils bénéficient du jeu de lumière amené par la tête d’affiche ? Sûrement un tout. Le chanteur est débordant d’énergie malgré des parties claires beaucoup plus timides, l’entente entre les deux guitaristes est parfaite comme en témoignent certaines parties de tapping et certains soli. La Mer d’Ambre nous délivre un metalcore progressif teinté de djent, mêlant palm mute, mosh parts, tapping, et alternant des accélérations groovy avec des passages plus lourds et atmosphériques. Un vrai melting pot issu de son premier EP, Infantile Vision de 2015, auquel seront ajoutés deux nouveaux titres : "Mu Cephei" et "Umbra & Lumen". Cela fait plaisir de voir tant de motivation et d’entrain, et rien ne semble pouvoir venir entraver leur jeu, malgré le désistement d’une des cordes du guitariste Kevin après seulement trois chansons. D’autres auraient abandonné pour moins que ça, mais au final, cela passe pour une preuve de solidarité avec son bassiste qui joue avec cinq cordes sur une basse six cordes. Un groupe d’estropiés qui en veut on vous dit ! Seul petit désagrément, le larcin de l'autre guitariste qui a perduré pendant toute la durée du set et qui était particulièrement frustrant pendant les passages syncopés. Mais mettre l’accent sur cette fausse note serait de la mauvaise foi, car le groupe nous a rendu une copie plus que correcte, surtout pour une ouverture ! Gageons qu’ils mettront autant d’énergie dans l’écriture actuelle de leur album à paraître l’année prochaine.
Place désormais à un groupe à la moyenne d’âge un peu plus élevée. Les Mahestrya nous viennent du coin également et vont tout simplement interpréter l’intégralité de leur dernier album en date d’il y a un an, The Undying Thing. Dans l’ordre ? Non dans le désordre, pour déboussoler un peu le public. Après avoir essuyé quelques essais infructueux dans le lancement des samples d’introduction, c’est enfin parti pour un peu plus de trente-cinq minutes d’un death metal moderne et progressif. Une puissance et une expérience incontestable se dégage assez rapidement. Malgré une existence assez récente, puisque formés il y a seulement quatre ans, on sent que les gars ne débarquent pas de nulle part et connaissent sur le bout des doigts la musique qu’ils produisent. Leur style oscille invariablement entre des sonorités djent et un death plus pêchu. Des contrastes agréables bien amenés par les guitares sept cordes et une technique assez facile de la part des gratteux. Et entre chaque morceau, on ressent comme une sensation de jouer à domicile. La salle leur est vite acquise et se déchaine aussi bien sur les mélodies endiablées que sur les breakdowns enragés. Leur set passe finalement assez vite, sans qu’aucune chanson ne se soit vraiment démarquée, mais sans qu’aucun temps mort n’ait eu raison de nous. Un set plus qu’agréable donc et un très bon échauffement avant de lancer la machine infernale de la tête d’affiche parisienne. A ce moment-là, la salle est déjà en ébullition, frôlant les soixante-douze degrés Celsius.
Entrent alors en scène les membres d'Atlantis Chronicles. Les Parisiens commencent à jouir d’une bonne réputation nationalement, et cela devrait continuer à s’amplifier avec la sortie de leur dernier album Barton’s Odyssey en début d’année 2016. Leur set sera d’ailleurs composé à moitié de celui-ci, l’autre moitié étant logiquement tirée de leur précédent opus, Ten Miles Underwater. C’est donc un melting-pot de ce que les Parisiens savent faire auquel nous assistons. Et pour des guitares six cordes, elles envoient sacrément du lourd niveau sonore et lourdeur. On a le droit à un savant mélange entre technicité, mélodies, et brutalité, grâce aux petits breakdowns dits « mitraillettes » (merci Born Of Osiris). Tout cela se ressent notamment en ce qui concerne les chansons du dernier full-lenght, qui nous emmène tantôt dans un côté djent, tantôt dans un monde de deathcore moderne et mélodique. Le tout bien appuyé par un jeu de batterie hallucinant, notamment au niveau de la double pédale, et un jeu de lumières tout à fait adéquat avec l’ambiance que veut créer la formation. L’énergie qu’elle dégage est immédiatement ressentie, assimilée et rendue par le public qui s’est totalement lâché, certainement pour libérer toute la tension accumulée au long de la semaine. Le chanteur en profitera d’ailleurs pour remercier à de nombreuses reprises les spectateurs pour cette chaleureuse attitude, ce qui rajoutera une couche à la température déjà démoniaque de la salle du Diablo. Atlantis Chronicles n’était pas venu pour faire de la figuration et on peut dire qu’ils nous ont mis une bonne claque dans nos petites têtes de provinciaux !


On ne peut que remercier le Diablo et les groupes locaux pour ce genre d’affiche, beaucoup trop rare à mon goût de spectateur avide de bon son. Car devoir attendre une date tous les six mois et claquer vingt euros pour aller voir un concert à l’Aéronef ou au Splendid, ce n’est pas vraiment ce à quoi s’attend un metalleux lillois.



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