CHRONIQUE PAR ...

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Sven
le 24 février 2016




SETLIST

TesseracT:
Phoenix
Concealing Fate, Part 2: Deception
Concealing Fate, Part 3: The Impossible
Of Matter - Proxy
Of Matter - Retrospect
Dystopia
Hexes
Of Mind - Exiled
Survival
April
Of Mind - Nocturne
Concealing Fate, Part 1: Acceptance
Outro (My Heart Will Go On - Celine Dion )

AFFILIÉ

TesseracT
Paris - Le Divan Du Monde
(17 janvier 2014)

15 février 2016 - Tournée


TesseracT_Tournee_20160215

Forts d’un nouvel album sorti en 2015, ainsi que du retour de leur chanteur originel Daniel Tompkins, les anglais de TesseracT sont en tournée dans toute l’Europe en ce début d’année, pour la promotion de leur dernière livraison, Polaris. Pas moins de trois dates françaises au programme, et les Éternels ne comptaient pas rater pareille occasion de profiter de la présence de l’un des leaders de la scène djent.

Cenon - Le Rocher de Palmer - Mercredi 16 février 2016 (Sven)

Le Rocher de Palmer est la salle à la mode. Moderne (inaugurée en 2010), elle offre une alternative de choix aux classiques, mais anciens Barbey ou Krakatoa sur la métropole bordelaise. La scène metal s’y taille une part de choix en terme de programmation, et ce soir, ce sont les anglais de TesseracT qui font étape sur les bords de la Garonne. Comme on pouvait malheureusement s’y attendre pour un mercredi, bien que pendant les vacances scolaires, la salle n'est pas vraiment pleine, mais l’œil (peu entraîné) du chroniqueur éternel évalue à deux voire trois cents personnes l’assistance du soir. Le concert ouvre avec les américains de The Contorsionist. Déjà vus il y a quelques années, l’impression n’a pas vraiment changé. C’est appliqué, il y a quelques lignes de guitare notamment qui attirent l’oreille, mais l’ensemble manque cruellement d’énergie. Malgré un chanteur aux mouvements saccadés qui vit pleinement le show, et un groupe qui semble se donner, le résultat reste moyen. Le son un peu brouillon manque de puissance, et les claviers et la basse sont clairement en retrait alors que la batterie occupe quasiment tout l’espace sonore.  Si l’on ajoute à ça l’absence totale d’interaction avec le public, on obtient une première partie décevante! Après une prestation qui reçoit des applaudissements polis et qui aura tout de même réussi à divertir le public, le groupe quitte la scène pour laisser la place à la tête d’affiche de la soirée.
Après une pause qui semble bien longue, une musique d’introduction se lance, TesseracT entre en scène et le show débute de la plus belle des façons, par un « You Exist » phénoménal, introduisant la magnifique "Phoenix", qui colle des frissons d’emblée. D’autant plus que le son est énorme, chaud, puissant, omniprésent, et que les lumières sont somptueuses ! Positionnées au sol, et dirigées vers le haut de la salle, elles inonderont le public et le groupe de couleurs  bleues, violettes, blanches, vertes, et seront partie intégrante du show, rajoutant la beauté visuelle à la qualité de la prestation. Car de la qualité il y en aura ! Dan Tompkins assure merveilleusement ses lignes vocales, même s’il préfèrera chanter plusieurs parties, notamment des refrains, à la tierce inférieure (fatigue ou effet de style ?). Même si le résultat sera tout à fait satisfaisant, le fan aurait préféré les lignes originelles, tant elles sont belles. Qu’à cela ne tienne, le frontman fait un boulot phénoménal, discute avec le public, et ne s’économise à aucun moment, bougeant dans tous les sens, et gratifiant l’auditoire d’une démonstration pure et simple. Les autres musiciens ne sont pas en reste, notamment l’excellent bassiste Amos Williams, toujours en première ligne. Il arpente la scène ainsi que le manche de ses différentes cinq-cordes, tout en virtuosité et en slap, le tout au profit de lignes très audibles, une gageure sur scène! Il se charge également du growl sur plusieurs morceaux. Ses deux compères à la guitare, bien que plus en retrait visuellement, font également un travail remarquable, alternant passages mélodiques, structures rythmiques à en perdre la raison et riffs à se briser la nuque. Et pour une fois, le son de la batterie permet de profiter d’un jeu riche sans prendre le pas sur le reste des instruments, ce qui est également à signaler ! En ce qui concerne la setlist, elle pioche dans les trois albums et offre quasiment ce que le groupe a écrit de meilleur, avec entre autres "Phoenix" et l’enchaînement rêvé sur "Concealing Fate, Part 2: Deception" (sans aucun doute l’un des meilleurs morceaux des anglais), "Of Mind - Exiled", "Survival"… Un choix basé sur la mélodie plus que sur le djent à outrance, à la grande joie d’un public acquis et bien entendu sous le charme ! Malheureusement les meilleures choses ont une fin et après un concert magistral, le groupe se retire et laisse le public retrouver ses esprits au son de "My Heart Will Go On", quand ce dernier aurait plutôt préféré reprendre une dose de TesseracT dans la tronche, avec par exemple un petit "Of Matter - Resist", par exemple, qui aurait terminé d’achever le fan ravi ! Une prochaine fois, espérons-le…

Paris - Le Divan du Monde - lundi 15 Février 2016 (Ptilouis)

19h. Devant la salle du Divan du Monde les gens attendent patiemment, mais frigorifiés, dans la longue file d’attente l’ouverture des portes. Car ce soir, les amateurs de metal technique et de djent atmosphérique piaffent d’impatience à l’idée du spectacle qui s’annonce : voir de nouveau TesseracT en live défendre son dernier album, Polaris, à l’occasion du bien nommé « Polaris Europe Tour ». Alors, les gens attendent, ne sachant trop vraiment à quelle heure ces foutues portes ouvriront. 19h30. Enfin, les portes s’ouvrent et les gens s’engouffrent dans la salle. Après quinze minutes d’attente, le groupe tant attendu arrive… ah non… on me glisse à l’oreille que ce seront les Américains de The Contortionist qui ouvriront les hostilités. Le son est plutôt correct et les types connaissent leur affaire, ça joue, la section rythmique déboite avec ses influences empruntées au djent (forcément) et plus étonnamment à Cynic et les gars semblent être ultra motivés. Pourtant, le public s'avère quelque peu perdu entre un chanteur parfois limite, des lumières pas géniales et, surtout, des morceaux qui manquent clairement de cohérence. Dommage car de nombreux passages sont vraiment sympas, les ambiances aériennes marchent et le vocoder utilisé à petite dose, fait son petit effet. Pourtant, il manque à tout ça une véritable structure dans les morceaux. Dommage, même si le groupe reste sympathique à regarder.
Les Américains se retirent et après une demi-heure d’attente et une salle qui ne cesse de se remplir, les Anglais de TesseracT arrivent sous les acclamations d’un public très enthousiaste. Et le spectacle est absolument somptueux… Accompagné par de sublimes lumières bleutées, Dan Tompkins et sa bande démarrent sur un "Phoenix" tout en rythmiques asymétriques. La fosse commence déjà à headbanguer. Le son est net, clair et tout les instruments audibles (notamment le chant qui n'est pas noyé sous les guitares). Suite à cet entrée en matière, le groupe décide de muscler le jeu avec "Concealing Fate Part 2 and Part 3". Les guitares grognent alors que la voix de Dan retranscrit parfaitement les notes de l’album. Bien sûr, ce ne sera pas lui qui hurlera (ce sera l'excellent bassiste Amos Williams), mais qu’importe, l’homme chante tellement bien qu’il hypnotise la salle. La folie retombe un peu avec l’enchaînement de deux morceaux d’Altered State. Plus calmes et mélodiques, les deux titres ne sont pas exactement joués comme sur album, Dan n’étant pas Ashe O’Hara. Ceux-ci sont donc interprétés d’une manière plus grave pour mieux convenir à sa tessiture vocale. Toutefois, l’émotion fonctionne quand même et le public reste transporté par ces compositions tout en finesses. Un regret tout de même et qui sera vrai pendant tout le concert : certaines voix seront samplées en live au vu de la richesse de celles-ci sur albums. Dommage, mais nécessaire et vite pardonné. Après ce retour aux sources, le groupe enchaînera sur des morceaux de Polaris dont la sublime et aérienne "Hexes", magnifiée par un lightshow violet. Un des grands moments du concert. Le groupe continuera ainsi sans faiblir. Jouant certains de leurs singles comme "Survival", très efficace et reprise avec joie par le public, ou la très réussie "of Mind – Nocturne". Pourtant, les personnes venues ce soir se rappelleront encore plus volontiers d’une interprétation absolument bluffante de l’énormissime "April", collant des frissons à tout un chacun, ou encore de ce rappel sur la première partie de "Concealing Fate", tout en énergie et rage. Le concert se terminera sous les applaudissements nourris du public devant des Anglais tout sourire. Un show de très haute volée qui aura bien montré que TesseracT est un des piliers de la scène djent et un grand groupe, tout simplement.


Comme prévu, TesseracT a largement dominé les débats au cours de cette tournée, et a offert à son public un show de grande classe, tant au niveau musical que visuel. La musique du groupe est parfaitement taillée pour le live, offrant une expérience sensorielle riche aux amateurs de musique en général. Si les anglais continuent sur cette lancée, ils risquent d'occuper longtemps le trône de la scène djent atmosphérique. On en redemande, et le plus vite possible !

Album photo : Das Silverfoto


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