CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
le 25 janvier 2016




SETLIST

The Black Dahlia Murder
Receipt
What A Horrible Night We Have To Curse
On Stirring Seas Of Salted Blood
Threat Level No. 3
Vlad, Son Of The Dragon
Moonlight Equilibrium
Elder Misanthropy
Abysmal
Funeral Thirst
Everything Went Black
A Vulgar Picture
I'm Charming
Raped In Hatred By Vines Of Thorn
Miasma
Statutory Ape
Deathmask Divine
I Will Return

Benighted
Collection Of Dead Portraits
Experience Your Flesh
Let The Blood Spill Between My Broken Teeth
Carnivore Sublime
Slut
Fritzl
Defiled Purity
Swallow
Asylum Cave
Jekyll

AFFILIÉ

Benighted
Hellfest (Clisson)
(21 juin 2014)
Paris - Le Divan Du Monde
(12 mars 2014)
Hellfest (Clisson)
(21 juin 2008)
Paris - Scène Bastille
(25 octobre 2009)

The Black Dahlia Murder
Hellfest (Clisson)
(19 juin 2011)

24 janvier 2016 - Dunkerque - 4 Ecluses


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Plus rien n'arrête les 4 Ecluses depuis moins d'un an. En près de sept mois, la ville maritime dunkerquoise aura vu défiler Unearth, Soilwork et maintenant The Black Dahlia Murder. Du pain béni pour la population locale, qui n'a plus à bouger dans la capitale des Flandres ou à passer la frontière Outre-Quiévin pour se régaler. Tout ça pour un prix toujours aussi dérisoire, même si les tarifs ont tendance à augmenter sérieusement.

Complet. Rien d'étonnant cela dit, quand on sait ce que représente Le Meurtre du Dahlia Noir et ses sept albums au compteur. À ce mythe du metal moderne et mélodique américain, viennent s'ajouter les Stéphanois de Benighted et les Nordistes locaux de Colossus, ces derniers palliant le forfait, pour raisons médicales, des Bordelais de Gorod. Après une énième galère d'accréditation - décidémment la poisse semble me poursuivre, et je sens que ce n'est pas près de s'arrêter - je pénètre enfin dans la salle déjà sous tension, puisque la première partie vient de s'achever. Je suis donc dans l'impossibilité de vous donner quelconque ressenti sur la prestation qui vient de se dérouler, malheureusement. Au vu de l'état relativement propre du sol, j'imagine néanmoins que la demi-heure de set de Colossus a servi d'apéritif et de tour de chauffe au public avant d'accueillir les Français de Benighted.
Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les Ligériens sont consciencieux et professionnels, prenant tout le temps qu'il faut pour faire leur balance (et régler le kick du batteur à la perfection notamment), afin de s'assurer le meilleur rendu possible. Et bien leur en a pris, car aucun problème sonore n'est à déplorer. C'est déjà un énorme soulagement, moi qui redoutais au possible d'entendre un groupe étiqueté "brutal death-grindcore" en live dans ma vie. Benighted va faire complètement valdinger mes appréhensions. Et pas qu'un peu. Car à ma grande surprise, le rendu sonore est plus qu'audible ! On distingue bien tous les instruments, notamment la batterie, il faut l'avouer, et ses blast beat presque incessants, ainsi que sa double pédale ultra aiguë. On a clairement à faire à un jeu de batterie typé grindcore. Les gratteux offrent quant à eux un jeu plutôt death voire thrash, tant les guitares délivrent un son qui écorche les oreilles. Nos pauvres orifices auditifs en prennent d'ailleurs sévèrement pour leur grade. La formation dégage une puissance phénoménale, rarement entendue en live, mise à part celle d'un Cannibal Corpse. Un groupe de live, c'est une évidence. Les deux chansons "Carnivore Sublime" et "Slut" sont les deux meilleurs exemples de pur carnage. Mais Benighted ne fait pas que dans le bourrin puisqu'il fait aussi part d'une grande technicité, dont de nombreux tappings entretenant un climat assez flippant, bien aidé par le jeu de lumière propice à une folie meurtrière sans nom. Et ce ne sont pas les vocaux de Julien Truchan qui vont nous contredire. Le type est impressionnant de facilité, tant il ne donne pas du tout la sensation de se forcer pour sortir ses growls et ses pig squeals. En revanche, on ne comprend pas pourquoi il a ce besoin irrépressible de faire des va-et-vient de droite à gauche sur la scène à chaque fois qu'il ne chante pas. Très cocasse, surtout quand il manque de se casser le bout du nez. Parmi les dix chansons interprétées, le quintet mettra principalement en avant ses deux derniers disques, à savoir Asylum Cave (2011) et Carnivore Sublime (2014). Seule "Slut" fera office d'exception, celle-ci étant tirée de Icon (2007). Après quarante minutes de set, Benighted cède sa place, non sans avoir fait l'éloge de Dunkerque de maintes fois et avoir avoué se sentir "comme à la maisn". Un groupe de « violeurs d'esgourdes », comme l'a si joliment dit un spectateur, mais au demeurant, ultra sympathique.
Mesdames, Messieurs, voici venue l'heure du monstre. Géant américain incontesté dans sa catégorie death mélodique, pesant pas moins de sept albums, deux EPs et deux démos, tous signés chez le label Metal Blade, classé à six reprises dans le Billboard 200 aux Etats-Unis, j'ai nommé The Black Dahlia Murder. Ce groupe mythique m'a pourtant toujours laissé de marbre. Non pas qu'ils ne soient pas impressionnants de technicité et de rapidité, loin de là, mais j'avais toujours eu l'étrange et désagréable sensation que toutes leurs chansons se ressemblaient un peu trop, ou tout du moins suivaient la même structure et le même rythme. Malgré plusieurs tentatives d'écoute de leur discographie fournie et régulière (un album tous les deux ans pendant douze ans, c'est fou), aucune chanson, aucun riff, aucun air précis n'avait réussi à rester ancré en moi. J'avais donc mis toutes les chances de mon côté en venant les voir en chair et en os, en tentant de me laisser aller au gré de l'ambiance générale. Ambiance de folie au passage, on peut dire que les Dunkerquois font preuve d'une énergie incroyable durant cette période carnavalesque. Forts de leur dernier skeud Abysmal, datant de septembre 2015 et très bien reçu par les critiques, les gars du Michigan sont donc en tournée promotionnelle. C'est alors sans grande surprise que l'on voit les soixante-quinze minutes de show nous fournir des compositions principalement issues de ce dernier ("Receipt", "Vlad, Son Of The Dragon", "Abysmal", et "Threat Level No. 3") qui sont, au passage, les chansons qui se remarquent le plus, avec un son et une rythmique plus « modernes » et plus « aérés ». Omniprésent aussi, l'album-phare Miasma, avec une atmosphère plus black et plus brutale, comme sur "Miasma" et son break fatal ou encore "Statutory Ape" et "I'm Charming". Les albums les plus récents sont quelque peu délaissés comme Everblack qui ne sera représenté que par l'intermédiaire de "Raped In Hatred By Vines Of Thorns" et ses choeurs entêtants. Deus choses choquent : tout d'abord le fait qu'il ait fallu attendre le troisième titre avant que la fosse ne se déchaîne, alors que sur Benighted, trois secondes ont suffi. Mais surtout, Trevor Strnad (prononcez-le comme vous voulez, de toute manière, ça sera sûrement faux). Stéréotype du ricain : imposant mais pas gros, lunettes, cheveux longs, barbe. bref, je ne m'attendais pas du tout à ce type de morphologie pour le type de chant qu'il produit. Un chant aigu au possible, une diction parfaite, un souffle hallucinant, et une énergie folle. Un vrai régal, même si on sent que, vers la fin, la chaleur et la fatigue commençaient à se faire ressentir. En même temps, dix-sept chansons à un rythme effréné, en secouant les bras en l'air à la vitesse de la caisse claire, qui peut lui en vouloir ? Seul petit point à revoir, le son des soli, qui n'était clairement pas assez puissant, et c'est dommage car le peu que l'on pouvait distinguer donnait envie. Suffisamment pour qu'une multitude de corps féminins se trémoussent et se déchainent en transe sur la piste. Cette présence féminine de plus en plus active dans ce genre de rendez-vous fait d'ailleurs plaisir à voir.


Que dire de plus si ce n'est encore un énorme merci aux 4 Écluses pour cette programmation hors-norme et surpuissante. L'ambiance est toujours aussi démentielle et redonnerait presque envie de revenir vivre dans cette ville si particulière qu'est Dunkerque. Pour la prochaine, est-ce qu'on est en droit de réclamer et d'attendre Rammstein ? Ou Black Sabbath ? A moins qu'un petit Manowar. . .


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