CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
le 13 janvier 2008




SETLIST

Prêcheur
Le mal par le mal
Délivrance
Rédemption
Aussi loin que le regard des anges
Originel
Interlude
Regrets
De ma plume
Sanctuaire
Au coeur de l'arène
Hunted by your sins (feat. Ken d'Out For The Count)
Ennemis

Rappel :

CxH

AFFILIÉ

The ARRS
Clisson - Hellfest
(24 juin 2007)
Paris - Trabendo
(10 octobre 2009)

09 février 2007 - Paris - La Boule Noire


The_ARRS_Paris_-_La_Boule_Noire_20070209

The Arrs est passé à la vitesse supérieure, et ce concert de la Boule Noire est également le moyen pour le groupe de prouver que les années passées à écumer toutes les salles d'Ile-de-France ont payé. S'appuyant sur un Trinité (chronique ici) bien torché et une réputation scénique bien établie, les Parisiens allaient certainement vouloir nous en mettre plein le cornet...

Avant leur arrivée jouent deux groupes : arrivé trop tard pour profiter du premier je n'assiste qu'au set d'Onesta, combo de hardcore old-school francilien. On pourrait même dire « francilien new-yorkais » tant la formation s'escrime à reproduire exactement le son de Madball et autres Agnostic Front. D'une efficacité primaire redoutable, la musique d'Onesta brille surtout par sa totale absence d'originalité, ce qui inspire le commentaire suivant à un membre du public : « ils n'ont qu'un riff, mais c'est LE riff! » . Difficile de ne pas se lasser face à une enfilade de titres certes rentre-dedans mais musicalement très pauvres... la reprise de Madball ressemble d'ailleurs exagérément aux compos du groupe, comme un membre du public finira par le faire remarquer au chanteur (qui ne casse pas trois pattes à un canard). La fin du set est pénible : le public veut The Arrs et quand Onesta enquille un rappel pas du tout sollicité on sent une vague d'énervement dans la foule.

Qu'à cela ne tienne: après un cours temps d'attente les The Arrs montent sur scène ovationnés, et balancent fort logiquement l'opener de leur dernier album en premier titre, le très bon "Prêcheur". La perfection du son frappe d'entrée : alors que DevilDriver avait délivré une bouillie sonore dans cette même salle en 2005 les deux guitares sont étonamment claires et le chant comme la basse sont nickel. La batterie est très puissante sans couvrir le reste, ce qui est une prouesse dans une salle aussi petite. La foule se lâche instantanément, mais on sent dès le début une certaine retenue, et cela pour deux raisons : premièrement il fait une chaleur à crever dans la salle et le public réclame sans cesse de l'eau au groupe, et deuxièmement la demi-douzaine de relous qui moulinent des bras et des james au milieu du pit empêche tout pogo de masse.

C'est en effet un aspect qui devient de plus en plus récurrent, à regret : le pogo hardcore ultraviolent a envahi les concerts métal français, et c'est une belle connerie. Soyons clairs : au milieu d'une foule consentante y'a pas de souci, chacun s'éclate (la face) comme il veut. Mais au milieu de gens cherchant juste à pogoter normalement c'est à la fois hyper dangereux (imaginez un mec les yeux fermés qui traverse un pogo en courant et en moulinant des bras) et juste pénible, car ces 6 ou 7 cinglés occupent l'espace de 20 personnes au bas mot et la dynamique de la foule s'en trouve brisée. Nico s'en rend vite compte et demande plusieurs fois à la foule ce qui se passe, car le paradoxe d'une foule qui ovationne chaque titre mais ne bouge presque pas doit être étrange à vivre depuis la scène.

En tous cas le groupe ne rigole pas, et ajoute à un son parfait une interprétation sans faille. Ca joue très très bien, et la présence scénique du groupe est bonne : si Paskual et Jérôme se la jouent force tranquille Pierre sort une nouvelle pose à chaque riff et Nico surtout est un sacré frontman. La voix est nickel, l'homme en impose et quand il lance les hurlements qui ouvrent "Originel" sans micro il impressionne franchement. Le thrashcore de The Arrs est taillé pour la scène, le groupe transcende ses compos, communique très bien avec la foule et sait ménager des moments spéciaux comme ce duo hardcore survolté avec Ken d'Out For The Count ou un final dantesque sur "Ennemis" où tout le monde est invité à monter sur scène. Après un rappel qui finit de mettre à genoux un public exsangue, le groupe s'en va après un show à la limite du parfait.


L'impression mitigée laissée par ce show est donc uniquement le fait du public : The Arrs a été impérial et a fait preuve d'un niveau de classe internationale... mais la foule n'a pas pu totalemnt exprimer son adhésion du fait d'une poignée de nuisibles qui expriment leur joie sans penser à celle des autres, ou même à leur sécurité. Je propose la création d'un mouvement pour que les envoyeurs de coups de pied et de poings soient vite calmés en concert, parce que flinguer l'ambiance d'une soirée comme ça ne devrait pas être permis... surtout quand l'ambiance aurait dû être totalement folle. Argh!


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