CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
le 13 décembre 2015




SETLIST

Periphery
Muramasa
Ragnarok
Masamune
Psychosphere
The Scourge
Make Total Destroy
Icarus Lives!
The Bad Thing
Alpha
Graveless

Rappel
22 Faces
Four Lights
Stranger Things


Veil Of Maya
Nyu
Leeloo
Ellie
Lucy
Mikasa
Punisher
Unbreakable
It's Not Safe To Swim Today
Phoenix
Subject Zero
Three-Fifty
Aeris

Good Tiger!
Aspirations
I Paint What I See
All Her Own Teeth
Enjoy The Rain
Snake Oil
Where Are The Birds

AFFILIÉ

Periphery
Paris - La Cigale
(05 mars 2015)
Paris - La Maroquinerie
(31 octobre 2012)
Paris - Trabendo
(21 mai 2017)

Veil Of Maya
VK Concerts - Molenbeek
(10 septembre 2016)

18 décembre 2015 - Paris - La Flèche d'Or


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Troisième fois que je vois les rois du deathcore progressif Veil Of Maya. Mais je ne m'en lasse pas et je ne pense pas que ça sera la dernière fois. Bon, pour être honnête, la présence de Periphery m'a encore plus poussé à participer à cet événement. Et oui, au vu de mon pseudo, vous n'alliez quand même pas croire que j'allais rater les leaders (auto-)proclamés du djent ! Good Tiger! ? Déjà entendu parler mais sans plus.

Après les fameuses péripéties liées au périphérique parisien (référence au groupe cité ci-dessus interdite), le passage d'une dame assez âgée à côté de la file d'attente en nous disant mot pour mot : « C'est un beau doigt d'honneur que vous faites à Daesh » en nous adressant son majeur, ainsi que la satanée accréditation maudite en poche (merci Silverbard), les portes de la Flèche d'Or s'ouvrent à moi. Ce n'est sûrement pas la salle de concert la plus renommée de la capitale française. Coincée entre deux bâtiments dans une rue plus ou moins passante, elle ne paie pas de mine, pourtant, elle n'a pas grand chose à envier au Divan du Monde ou au désormais tristement célèbre Bataclan. Une salle large, pas forcément longue mais bien agencée, suffisante pour remplir les presque six cents personnes qui ont fait le déplacement pour cette dernière représentation de la tournée européenne des amis Periphery et Veil Of Maya. Ajoutez à ces deux monstres les Anglais de Good Tiger! et vous obtiendrez l'affiche complète de ce soir.
Pas de première partie locale donc, au contraire, puisque c'est ce qu'on appelle couramment un "supergroupe" qui ouvre les festivités. Une formation récente née de la fusion entre (accrochez-vous bien) l'ex-chanteur de TesseracT, Elliot Coleman, l'ex-guitariste de The Safety Fire, Derya Nagle, et l'ex-batteur de The Faceless, Alex Rüdinger, auxquels on peut ajouter l'ancien guitariste live de Architects. Rien que ça. Tout est dit, et le style pratiqué par la formation est un savant mélange de tous ces groupes. Du chant posé, planant et envoûtant de Coleman aux incartades expérimentales de The Safety Fire en passant par des passages plus progressifs et agressifs chers à The Faceless, tout est abordé et parfaitement mis en forme pendant seulement vingt-cinq minutes, le temps de six chansons. C'est peu ? Certes, mais le groupe ne disposant que d'un registre de dix titres et faisant seulement l'ouverture, il ne fallait pas s'attendre à plus. Et c'est donc bien évidemment des titres du dernier et unique album Full Of Moonlight, sorti le 6 novembre dernier, qui sont interprétés. Au détour de "Aspirations", "All Her Own Teeth", "Enjoy The Rain" et "Snake Oil" (dans laquelle on a pu admirer le jeu de Nagle), le public découvrait donc cette « jeune » formation, dans la veine de Periphery, qui n'en est qu'à ses balbutiements, mais qui peut vite devenir une tête d'affiche incontournable de la scène prog moderne. Il ne serait pas étonnant que, dans un an, ça soit eux qui squattent le haut de l'affiche. Et ce serait le minimum au vu du passé respectif des membres.
C'est peu dire que le public est impatient pendant les vingt minutes de changement de plateau qui entrecoupent les deux prestations. Après un petit sondage, je pensais être l'un des seuls à venir spécialement pour le quatuor chicagoan, mais cela fait plaisir de voir que certains sont aussi excités que moi à l'approche de Veil Of Maya. Mais à ce sentiment d'excitation, vient aussi se mêler un étrange sentiment de peur et de crainte. Pourquoi donc ? L'attente de la découverte du nouveau venu Lukas Magyar sûrement. Pourtant intimement persuadé, extraits vidéos à l'appui, que celui-ci se débrouillait parfaitement, je ne pouvais m'empêcher d'avoir une réticence. Et le pire, c'est qu'il va falloir attendre quelques chansons pour répondre aux interrogations concernant la voix claire. A l'occasion de la promo de leur dernier album Matriarch, il n'est pas étonnant d'entendre une grande majorité de pistes de ce dernier. Elles seront même presque jouées dans l'ordre. Seuls "Aeris", "Teleute" et "Lisbeth" seront mises de côté pour le show. Vous l'avez compris, les meilleurs titres sont donc abordés en compagnie de tubes d'anciens disques, tels que "Punisher", "Unbreakable" et "It's Not Safe To Swim Today" sans compter le single "Subject Zero". Une pour chaque album, pas de jaloux. Et à ce stade, on ne peut même plus parler de claque, ni de fessée, voire même de coup de poing. C'est littéralement un mawashi-geri assorti à une clé de bras que nous prenons tous autant que nous sommes. Le mot « perfection » semble donc exister. Et je suis à peine élogieux en disant cela. Sans compter les breakdowns à foison, qui matraquent la tête et le corps de chacun. On a parfois l'impression que c'est un disque qui tourne, tellement Marc Okubo et ses compères jouent avec justesse et précision. Et je parle bien de tout le monde. Oui, Lukas Magyar fait désormais partie de la race divine. Aucune tromperie sur la marchandise, Okubo a eu le nez fin (ou creux, c'est selon) et a su dégoter la perle qu'il fallait pour son projet. Brandon Butler peut aller se rhabiller, il n'arrive clairement pas au petit orteil de son compatriote, car sa palette est beaucoup plus large et ses variations beaucoup plus nombreuses. Certains fans ont beau râler, ils vont désormais devoir s'y habituer : il y aura du chant clair. Mais de qualité. Et ceux qui n'apprécieront pas pourront aisément être qualifiés de fermés d'esprit. C'est bien dommage, car franchement, on prend un sacré coup dans le bas ventre en live. Et ce n'est pas la régie qui a reculé d'un bon mètre pendant l'ouverture du wall of death qui viendra dire le contraire. Voilà, désormais, après quarante minutes de set, il fait 147 degrés à La Flèche d'Or.
L'ambiance était déjà à son comble pendant tout le set de Veil Of Maya, mais ce n'est rien en comparaison de ce qui s'apprête à arriver. La salle est prête à craquer quand Periphery monte sur scène. Bien aidé, il faut le dire, par des petits samples de Star Wars - et oui, actualité oblige - qui donnent des orgasmes au public. Après un petit « Vous êtes génials » en version originale de Spencer Sotello, c'est parti pour plus d'une heure de set ! Treize chansons, dont la plupart sont issues du dernier double album Alpha/Omega. C'est donc l'occasion pour tous de voir Misha Mansoor, le créateur du terme controversé « djent » que Periphery sait si bien pratiquer et reproduire. Il suffit d'écouter "Masamune" et "Psychosphere" et leurs passages bien groovy qui en font frissonner plus d'un, pour en juger. Le gars sait ce qu'il fait, pas de soucis, et ça ne lui parait même pas plus compliqué que ça de continuer à jouer en faisant un stage dive. Question compétence, Sotello n'est pas en reste non plus, gérant tous les types de voix possibles, même si un tantinet plus de son aurait été préférable au niveau du chant clair. Problème de réglage sûrement et non pas d'hormones. Periphery est en fait un groupe de show. Malgré une différence de genre musical avec Veil Of Maya, ce n'est plus un simple début d'incendie dans la foule mais un feu de forêt qui se propage. Les 213 degrés de la salle n'arrêtent pas grand monde. Après tout, tant qu'on est en mouvement, on ne se rend pas bien compte de la température autour de soi. Ce n'est pas le cas des quelques personnes au bord du malaise se mettant près des sorties (j'espère que ta copine va mieux Silver') afin d'essayer d'absorber le plus d'air frais possible. Les deux tubes "Make Total Destroy" et "Icarus Lives!" font un carton total, tout comme "Graveless" et son circle pit lancé par un spectateur sous la direction du frontman. Qui a dit qu'il était impossible (ou impensable) de bouger sur du djent ? Toujours est-il qu'on s'achemine tout doucement vers le dénouement de cette soirée. Certains sont déçus, mais d'autres ne demandent que ça. Pas que la tension soit redescendue, au contraire, elle n'a fait que s'accroître crescendo pendant plus de deux heures, mais les muscles commencent à se faire lourds et pesants avec la touffeur. En parlant de ça, un énorme chapeau bas (donc un sombrero) à Spencer, qui a réussi l'exploit de garder sa capuche au-dessus de son bonnet pendant tout le set, malgré la chaleur accablante (environ 309 degrés à la fin du concert). Sûrement pour ressembler le plus possible à Dark Vador. Mais il lui manque encore un bon mètre.


Un énorme bravo au trio présent ce soir. Hormis la performance sans faille des trois chanteurs, qui font sans doute partie des meilleurs frontmen de la scène prog/djent actuelle, et l'énergie incandescente provoquée par le public, c'est surtout une prestation de haut vol à laquelle on a eu le droit, le tout dans une véritable fournaise, rendant le spectacle et la prouesse accomplis par les musiciens encore plus grands. Des concerts comme ça, on en demande et on en redemande toujours plus. Merci à AlternativeLive et à tout le staff technique pour cette soirée. Un petit ventilateur la prochaine fois ?


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