CHRONIQUE PAR ...

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Ptilouis
le 05 décembre 2015




SETLIST

Anathema

The Lost Song, Part 2
Untouchable, Part 1
Untouchable, Part 2
Thin Air
Dreaming Light
Deep
One Last Goodbye
Ariel
The Beginning and the End
Glory Box (reprise de Portishead)
Anathema
Are You There?
Running Up That Hill (A Deal with God) (reprise de Kate Bush)
Distant Satellites
A Natural Disaster
Fragile Dreams

Tomorrow Never Knows (reprise des Beatles) (Intro)
Another Brick in the Wall Part 2 (reprise de Pink Floyd)

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Anathema
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05 novembre 2015 - Paris - Église Saint Eustache


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Le concert avait été annoncé en août, les places s’étaient vendues en à peine deux jours. Il faut dire que l’annonce était exceptionnelle : Anathema allait jouer pour la première fois sous son format acoustique dans l’antre de la majestueuse église Saint-Eustache, alors qu’ils n’offraient ce genre de spectacle que dans leur pays d’origine. Il ne fallait donc pas rater le coche ! Qu’importe le prix prohibitif des places ou le fait que les Anglais jouaient pour la troisième fois à Paris en un peu plus d'un an, l’événement était inratable !

Et à concert unique, conditions particulières. Pas de première partie, mais seulement une musique à mi-chemin entre le post rock et la musique de film pour mettre dans l’ambiance de ce lieu sacré. Pas non plus de fosse : ici tout le monde s’assoit pour admirer le spectacle et profiter du gigantisme de l’église, de sa profondeur et de ses massives colonnes. La scène elle aussi s’avère toute simple : un synthé, des guitares, trois micros, quelques lumières et ce sera tout. Un peu avant 21h, les Anglais entrent en scène sur les premières notes de "The Lost Song part 2". Ils ne seront que trois devant nous : Vincent et Danny Cavanagh, tous les deux armés d’une guitare, accompagnés de Lee Douglas. Jammy Cavanagh, lui, sera aux lumières et fera un boulot absolument remarquable alternant les lumières bleues, rouges, oranges et blanches avec justesse.
"The Lost Song part 2" se termine et le groupe enchaîne sur les deux parties de "Untouchable", la fin de la première étant chantée par un public un peu frileux. Ce soir, le groupe se concentre particulièrement sur les trois derniers albums, plus facile à interpréter en version acoustique. Toutefois, les Anglais n’hésitent pas à piocher dans des morceaux plus musclés comme "Deep" de Judgement. C’est à ce moment-là que Danny expliquera que lors de la tournée Judgement il devint un « francophile ». Bref, pas de grandes surprises à prévoir niveau set-list et pourtant… Pourtant les interprétations s’avèrent toutes très justes. Les émotions pleuvent, notamment grâce au chant de Lee qui rayonne pendant toute la soirée. Vincent ne déméritera pas non plus sachant lui aussi être particulièrement émouvant ("Anathema"), tandis que Danny s’en donne à cœur joie sur sa guitare. C’est d’ailleurs lui qui met en place toute l’ossature des morceaux grâce à un loop de percussions qu’il réalise à la guitare pour chaque début de morceau.
Les trois Anglais semblent parfaitement s’entendre et cela fait plaisir à voir. Heureux d’être ici, ils soulignent à quel point ils ont de la chance de jouer dans un lieu aussi beau et que ce concert fait partie de ces moments qui resteront gravés en eux. Le public, quand à lui, semble ravi, mais quelque peu décontenancé par le lieu, n’osant pas trop applaudir ni chanter au départ, ce qui amuse beaucoup les frères Cavanagh. Danny lancera lors de l’interprétation de "Deep" « You can banguing, moshing ! They can’t stop you ! » Tandis que Vincent s'exclamera plus tard avec un sourire malicieux « Vous êtes sages ! Vous êtes conditionnés ! ». Ainsi, plus le concert avance, plus le public se décoince et répond aux différentes injonctions : se levant, chantant, criant, tapant des mains (ce qui donne un résultat impressionnant grâce à l’acoustique de la salle). Les Anglais sont ravis et Danny, très en forme, gratifie le public de quelques reprises, que ce soit en compagnie de Vincent et Lee ("Glory Box" et le final "Another Brick in The Wall"), mais aussi seul ("Running Up That Hills") sa guitare sonnant terriblement bien.
La soirée se déroule sans problème. Le groupe enchaîne les titres touchants ("Thin Air", une très belle version d’"Ariel") et d’autres bien remaniés pour l’occasion. C’est le cas notamment d’"Anathema", dont le solo final se veut plus lent et se répète en boucle grâce au loop, mais aussi de "Distant Satellites" dont les percussions tranchent avec le côté plus électronique du titre dans sa version originale. Le groupe finira le concert avec ses titres phares, "A Natural Disaster" et "Fragile Dreams", toujours chargés d’émotions. Finalement, seul Danny éprouvera une petite déception lorsque, suite à plusieurs tentatives pour faire un loop efficace, il abandonnera sa reprise de "Tomorrow Never Knows" pour finir le concert avec un très efficace "Another Brick in The Wall" repris par le public.


Le concert s’achève et le public s’en va, satisfait d’avoir assisté à une prestation unique, remplie d’émotions. Encore une fois, Lee Douglas aura montré qu’elle avait toute sa place dans le groupe et les frères Cavanagh auront vraiment été touchant par leur complicité. Il ne reste plus qu’à espérer que ce concert ne demeure pas une exception et que les Anglais reviennent vite sous cette forme en France.


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