CHRONIQUE PAR ...

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Lotus
le 02 novembre 2015




SETLIST

High Gold
Follow
Kel Valhaal 
Follow II
Quetzalcoatl
True Will
Generation
Pagan Dawn

AFFILIÉ

23 octobre 2015 - Anvers - Het Bos


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Le black metal controversé des New Yorkais de Liturgy n’est pas unanime… Certains hurlent à la sombre farce provoquée par le leader Hunter-Hunt-Hendrix et ses théories, ma foi avant-gardistes, quand d’autres y trouvent une lumière aveuglante et une innovation conséquente. Peu importe, c’est dans la magnifique ville d’Anvers que ces indéfinissables lurons se présentent ce soir.

Après moult problèmes techniques (fuck google map, franchement), la salle est enfin atteinte. Het Bos est relativement restreinte, mais très correcte et assez bien située. Pourquoi ce genre de groupe ne daigne-t-il pas venir du côté francophone de la Belgique ? Tout simplement parce que nos camarades flamands sont bien plus avancés, ouverts d’esprit et aptes à recevoir de tels monuments avant-gardes… Chez nous, c’est du hardcore, du core et du metal à deux francs, un point c’est tout. L’ambiance est très détendue, quelques personnes de tout horizon (métalleux à longs cheveux en passant par le jeunot à lunettes) s’attardent devant l’entrée, histoire de partager quelques substances prohibées, ça ne se refuse pas, c’est Liturgy aujourd’hui bordel !
Sequences ouvre la soirée. Un jeune garçon apparemment Anversois, vient nous projeter des paysages embrouillés, venteux et glacials. Equipé d’une guitare, d’un ordinateur et de pas mal de matos électronique en fait, il tisse avec passion son univers. Drone et noise sont ses vecteurs et ça fonctionne. Les basses ronflent, la contemplation est atteinte… Le calme et le silence a remplacé les rires auparavant omniprésents. Les spectateurs sont en grande partie réceptifs, le show est court, mais d’une intensité conséquente ; l’espace d’un instant on oublie totalement que nous nous trouvons à Het Bos. Le jeune homme clôture avec un decrescendo d’une grande finesse. Dommage qu’il ne vende sa musique que sous la forme de K7.
Vient ensuite le tour de Zeni Gava, deux camarades très très sympathiques venus tout droit du japon. Après avoir discuté avec eux, il s’avère qu’ils disposent chacun de leurs propres projets, tous plus expérimentaux les uns que les autres. Leur table de merch’ se voit donc incroyablement bien fournie en album et K7. Je vous invite donc à y jeter un œil, il y a de tout et pour tout les goûts. D’ailleurs, le groupe est un véritable vétéran, le premier album How To Kill étant sorti en 87’ et la discographie contient pas moins de seize albums. C’est dans la bonne humeur que le groupe nous expose sa vision musicale, à base de métal difficilement classable. Je décèle du trash, du sludge et du death, le tout agrémenté d’un esprit math et free jazz dans le drumming, autant dire que c’est très riche. Et c’est génial ! Grosse découverte ! Kazuyuki développe ses riffs de manière incroyable, ça groove un max, ça trace et ça ralentit au gré de ses envies, une véritable osmose s’opère entre lui et Masataka qui surf’ sur ses fûts avec une aisance rarement atteinte. Le chant est très particulier, chanté mais hurlé, drôle mais grave, bref, assez surprenant. La foule est conquise… Ce batteur si talentueux, ce chanteur-guitariste passionné et cette puissance qui se dégage font mouche. Le set s’avèrera court, mais efficace.
L’anxiété est à son comble… C’est Liturgy. Pas la peine de faire un tour sur leur table, personne ne la tient, Hunter est visiblement trop occupé pour la tenir lui-même (vingt minutes pour régler ses pédales et son pc, à mourir de rire, le type est vraiment transcendé jusqu’au bout des doigts) et Greg, vu la couleur de ses yeux, n’est pas en état de le faire… Les deux autres fument constamment. Le temps de choper une mousse locale et d’allumer un cierge dehors et Liturgy est prêt à inonder la sombre salle de sa lumière céleste. C’est avec "High Gold" que le groupe décide de nous démolir. Le volume sonore est élevé, voir un peu trop élevé à mon goût, mais le son est relativement de bonne qualité. La qualité du show est incroyable, les riffs véloces transpercent l’espace et le temps, l’état contemplatif est atteint en cinq minutes à peine… Greg Fox est une véritable machine de guerre, ses patterns techniques et d’une rare puissance s’enchainent de manière indescriptible. Dommage que Hunter ait décidé d’abandonner son chant hurlé magnifique que l’on peut retrouver sur les deux premiers LP. A la place il nous sert son chant transcendantal qui, ma foi, n’est pas si dégueulasse que ça, mais freine tout de même la dévastation sonore produite. Liturgy joue, cela serait une insulte de préciser un line-up, ils sont un tout, c’est comme si chaque membre était un élément qui, une fois combiné, formait une nouvelle entité indivisible, chaotique et d’une rare noblesse. Je ne peux préciser le sentiment qui m’envahissait durant cette heure, une nostalgie puissante, l’impression d’être soumis à une lumière aveuglante, de faire face à quelque chose que je ne comprendrais jamais et une mélancolie, très grande mélancolie surtout sur "True Will" et ses harmonies magnifiques. La setlist est équilibrée, avec une majorité de morceaux provenant du dernier LP en date et, très sincèrement, c’est mieux en live. En tout cas pour cet LP. La puissance étant annihilée sur la version CD, elle est totalement délivrée ici et ça fait très très mal. L’état de transe est induit sur "Follow II", voire "Quetzalcoatl" qui rend beaucoup mieux en live sans ses kicks électroniques. Le groupe conclut sur le puissant "Generation", long de sept minutes, répétitifs à souhait, groovy et instrumental, nous exposant à un véritable déluge rayonnant ! La salle en délire, le groupe revient donc pour terminer sur "Pagan Dawn" du premier album, une note tragique mais magnifique… La larme coule et le sourire sort de sa tanière. Le temps de chopper deux super t-shirts et une photo avec Hunter et me voilà loin de ces messieurs que je ne remercierais jamais assez.


Quelle soirée ! Nous sommes le deux Novembre à l’heure où j’écris et je ne m’en remet toujours pas… Deux premières parties de qualité et un groupe qui a changé quelque chose en moi que je ne peux définir… Liturgy est définitivement une véritable expérience à vivre, à voir et à sentir. Mille merci les gars, du fond du cœur… Mille merci.


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