CHRONIQUE PAR ...

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Ptilouis
le 25 mai 2015




SETLIST

Anathema
Set 1: 1999-2014; line-up actuel 
Anathema
Distant Satellites 
Are You There? 
Untouchable, Part 1 
Untouchable, Part 2 
A Simple Mistake 
A Natural Disaster 
Closer 
Pressure 
One Last Goodbye 

Set 2: 1995-1998; avec Duncan Patterson
Bad Speech 
Shroud of False 
Fragile Dreams 
Empty 
Lost Control 
Angelica 
Eternity Part I 
Eternity Part II 
Eternity Part III 
Sunset of Age 
A Dying Wish 

Set 3: 1993-1995 avec Darren White et Duncan Patterson
Kingdom 
Mine Is Yours to Drown In (Ours Is the New Tribe) 
Under a Veil (of Black Lace) 
Lovelorn Rhapsody 
They (Will Always) Die 

Rappel:
Sleepless 


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Anathema
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(12 novembre 2016)
Strasbourg - La Laiterie
(07 octobre 2017)

13 avril 2015 - Paris - Trianon


Anathema_Paris_-_Trianon_20150413

Dans le genre concert à ne rater sous aucun prétexte, la tournée « Resonance » se posait là quand-même : Anathema allait jouer la discographie de toute sa carrière pendant un show de 3 heures avec des guests. Les anglais allaient commencer avec le rock progressif planant des derniers albums, pour finir sur le doom visqueux des premiers E.P. Bref, pour tout fan, la tournée envoyait du rêve et il était hors de question pour les Éternels de louper une telle date. Et pourtant, le Trianon n’affichait même pas complet ce soir-là. Peut-être que les styles pratiqués étaient trop larges ou que le prix prohibitif (45 euros) en rebuta plus d’un, six mois après leur venue à Paris. En tout cas, pour ceux qui étaient là, le show tint, à peu de choses près, toutes ses promesses.

Alors que la salle n’était remplie qu’à moitié, les premières notes d’"Anathema" résonnèrent. Morceau signature du groupe, la prestation fut excellente : Vincent assez en forme tandis que Danny brillait sur son solo de guitare magistral. Les frissons commencèrent à parcourir la salle, le concert débutait sous les meilleurs auspices. Un à un les anglais enchaînent leurs titres les plus connus, déroulant 15 années de leur carrière sans coup férir. On aura alors droit à l’électro "Distant Satellites", aux désormais classiques "Untouchable Part 1" et "Part 2" où Lee Douglas étincelle de son charisme, à la voix modifiée de "Closer", à l’inratable revisite d’"A Natural Disaster" où le duo entre Vincent et Lee fonctionne toujours à merveille. Du classique sans prise de risque, excepté la courte acoustique "Are You There ?" issue d'Hindsight dû à un problème technique. Bref, ce premier set incarne un concentré du Anathema moderne en moins d’une heure, avec une mise en scène calculée au millimètre près, et c’est probablement ce professionnalisme qui fait à la fois les qualités (la foule répondait extrêmement bien aux différents morceaux), mais aussi les défauts (le set était un peu trop prévisible, même si on voyait clairement que le groupe s’éclatait) de ce set.
La seconde partie devait alors surprendre davantage et ce fut le cas à plus d’un titre. Si l’on excepte la classique "Fragile Dreams" jouée à tous les concerts, le reste des morceaux valaient clairement le coup notamment les interprétations très réussies des morceaux de l'album Eternity que ce soit "Angelica" ou les trois parties d’"Eternity". L’ambiance petit à petit se veut plus froide, plus lourde et les couleurs plus sombres. On passe tour à tour du bleu froid, au vert puis au rouge lors des deux derniers morceaux bien plus rentre-dedans du set ("Sunset of Age" et "Dying Wish"). Et clairement ça tue… à quelques détails près. Le groupe est horriblement froid. Vraiment. Alors qu’au premier set, ils respiraient la joie de vivre et expliquaient qu’ils allaient revisiter leur discographie tout en invitant des guests, ici rien de toute cela. Le groupe est glacial, jouant les titres sans même présenter Duncan Patterson ancien bassiste du groupe qui joue pour l’occasion. Danny ose même annoncer Darren White, le chanteur qui interviendra au troisième set. Malaise donc et si à cela, on ajoute que le chant de Vincent a été très limite "Sunset of Age" et "A Dying Wish", le deuxième set n'incarne clairement pas une totale réussite malgré les titres proposés. Heureusement, la suite allait être d’un tout autre acabit.
Car pour nous offrir les morceaux datant de 1993 à 1995, les Anglais n’y vont pas de main morte. Lumière rouge, ambiance étouffante et lourdeurs des riffs donnent au doom des débuts tout son punch. Les morceaux s’enchaînent et l’ambiance semble s’être largement réchauffer entre Duncan Patterson et ses partenaires. Ce n’est pas tout puisque nous aurons le droit à un Darren White très en forme et visiblement ravi d’être devant nous, n’hésitant pas à exprimer son plaisir entre chaque morceau et blaguant sur le fait que le Trianon représente sa plus grande scène avec Anathema. D'ailleurs, l’homme fait preuve d’un charisme à tout épreuve et sa voix profonde sied parfaitement aux gros riffs de guitares délivrés. Finalement, mise à part la trop longue "Lovelorn Rhapsody", les autres morceaux valent clairement le coup, possédant de nombreux riffs lents, propres à dévisser la nuque. Et que dire du rappel sur "Sleepless" ? Cette piste possède assez d’énergie pour convaincre toute la foule qu’Anathema a aussi été un très bon groupe de doom. Alors que j’éprouvais beaucoup de craintes concernant cette troisième partie, j'admets que les anglais ont su largement relever la barre pour proposer un dernier set de qualité.


C’est sur des applaudissements bien nourri qu’Anathema se retire. Si le concert n’a pas été parfait et a manqué quelque peu de surprises dans sa première partie, il aura été tout à fait honnête pour toutes les personnes qui venaient en connaissance de cause : celle de voir plus de vingt ans de carrière d’un groupe dans toute sa variété. Et rien que pour cela, la tournée « Resonance » valait le coup d’œil.

Album photo : Das Silverfoto


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