CHRONIQUE PAR ...

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Fromage Enrage
le 05 mai 2015




SETLIST

Birth Rites By Torchlight
All Shall Float
Dance on Blood
Battle in the Sky
The Mourning Eulogy
Betray the Grave
(...he fell before her)
Elisheva, I Love You
The Antideluvian Fire
Forgiving the Cleansing Meteor 

Rappel :

Forcing Out the Silence
Stargazers & Gravediggers


AFFILIÉ

22 avril 2015 - Éragny - Covent Garden Studios


Junius_Éragny_-_Covent_Garden_Studios_20150422

Éragny-sur-Oise est une petite commune du Val-d'Oise. Elle compte près de 17 000 habitants au dernier recensement, et son maire est l'UMP Thibault Humbert. Vous ne connaissiez pas cette riante bourgade de banlieue ? Eh bin moi non plus. Mais ça, c'était avant. Car quand j'ai appris que les inclassables Junius allaient se produire là-bas, j'ai pris mon courage à deux mains pour aller les voir, allant même jusqu'à braver... le RER A.

Me voici donc au Covent Garden Studio, beaucoup trop en avance. Largement le temps d'écluser une bière, de se fournir au merchandising et de discuter avec les membres de Junius, très étonnés de voir un petit français faire tout ce chemin pour aller applaudir un obscur groupe américain. Le premier groupe de ce soir est français, justement ! Idealist joue un metal instrumental pas mal foutu. L'enthousiasme est là, malgré la salle très peu remplie (on doit être quinze pékins à s'être déplacés ce soir). En fin de set, on aura même droit à une reprise d'un morceau de Devin Tonwsend.

Au tour de City Of Ships ! J'avais déjà pu prêter une oreille à leur sludge atmosphérique lorsqu'ils ouvrirent pour Rosetta, il y a plusieurs années de cela. Un assez bon moment, d'autant que le mixage est très correct, chaque instrument ressortant bien. Il est près de 21h et le Covent Garden Studio, bien qu'animé, est toujours très loin d'être rempli... après avoir reçu un accueil on ne peut plus froid en première partie de Katatonia en 2012, Junius va donc se produire devant vingt fans hardcore dans une salle qui peut sans problèmes en accueillir plus d'une centaine... dure est la vie des groupes underground.

Mais cessons de pinailler, le concert fut bon. Junius nous a servi une setlist finement réfléchie, assurant un bon équilibre entre leur nouvel EP, chroniqué ici-même, et leurs deux premiers très bons albums. Bon, en live, l'aspect mystique de la musique de Junius passe forcément à la trappe, d'autant que le groupe est desservi par un son pas des plus propres. Mais l'efficacité et l'envie sont là. Joseph E. Martinez et son inamovible capuche délivre une belle perf' vocale. On peut juste regretter que le mix ne le mette pas plus en valeur.

Junius alterne les ambiances au fil de son set : la magnifique « Forgiving the Cleansing Meteor » est une magnifique accalmie, salutaire avant le rappel ; « Elisheva, I Love You », un incontournable tube à chanter en chœur ; et « The Antideluvian Fire », un hymne impressionnant. Junius a eu du flair en ne sélectionnant que ses tous meilleurs titres. L'incroyable « Betray the Grave » et ses claviers fantastiques s'inscrira sans soucis comme un des grands moments du set. L'audience est quant à elle, assez peu réactive. Forcément, c'est plus difficile de s'enthousiasmer quand aussi peu de gens sont présents.  

Peu importe qu'on soit dans le trou du cul de l'Ile-de-France, peu importe qu'il y ait eu plus de musiciens sur scène que de fans dans la fosse ce soir. Junius a assuré le show sans sourciller, avec classe et générosité. Je me prends toutefois à rêver qu'ils puissent se produire dans les conditions qu'ils méritent. En attendant, une seule vérité demeure : ce concert était excellent, et ceux qui l'ont ignoré ne savent pas ce qu'ils ratent ! Long live Junius !


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