CHRONIQUE PAR ...

77
Sven
le 25 avril 2015




SETLIST

SepticFlesh :

War in Heaven
Communion
Order of Dracul
A Great Mass of Death
Pyramid God
Titan
Prototype
The Vampire from Nazareth
Lovecraft's Death
Anubis
Prometheus

Moonspell : 

Breathe (Until We Are No More)
Extinct
Opium
Awake!
The Last of Us
Medusalem
Nocturna
Funeral Bloom
Domina
Malignia
Mephisto
The Future Is Dark
Vampiria
Ataegina
Rappels:
Alma Mater
Wolfshade (A Werewolf Masquerade)
Full Moon Madness




AFFILIÉ

Septic Flesh
Paris - La Locomotive
(14 février 2016)
Paris - La Locomotive
(01 mai 2008)
Bruguieres - le Bascala (Toulouse)
(29 octobre 2011)

Moonspell
Wacken
(31 octobre 2007)
Clisson - Hellfest
(23 juin 2007)
Hellfest (Clisson)
(21 juin 2009)
Hellfest (Clisson)
(23 juin 2013)

30 mars 2015 - Toulouse - Le Metronum


Septic_Flesh_-_Moonspell_Toulouse_-_Le_Metronum_20150330

Quoi de mieux en cette fraîche soirée de mars que de la passer en compagnie de deux formations chaleureuses, déjà bien connues des scènes toulousaines, pour enflammer les esprits et les corps ? Quand, en plus, l’exercice se déroule au Metronum, dernière née des salles toulousaines, l’intérêt de votre serviteur n’en est que plus grand. SepticFlesh et Moonspell unissent leurs forces dans le Road To Extinction Tour, qui voit les portugais assurer la tête d’affiche pour défendre leur dernier album en date, Extinct.

Le concert débute dans une atmosphère particulièrement travaillée (on suppose que la décoration est signée Seth, très connu pour ses activités d’illustrateur, en plus de son rôle de bassiste-grogneur), avec l’arrivée du groupe. Première déception : l’absence de Sotiris. SepticFlesh fonctionnera donc sans clavier, usant et abusant des bandes et des samples. Mais également sans chant clair, et là c’est quand même plus ennuyeux, au vu de l’apport non négligeable du timbre caractéristique du chanteur dans bon nombre de titres. Qu’à cela ne tienne, nous ferons sans. Et sur un "War In Heaven" endiablé, sa rythmique martiale, ses riffs saccadés, et sa puissance sonore qui annonce la couleur. Le son est un peu brouillon au début, mais s’améliorera rapidement. Le public semble un peu timide, mais le quartet assure le spectacle. Seth, dans une combinaison en cuir que ne renieraient pas les X-Men, martyrise les cordes de sa basse, tout en exhortant la salle à plus de mouvements et plus de bagarre dans la fosse.
Les titres s’enchaînent et le constat se fait de plus en plus évident : malgré l’application et la motivation du groupe, les morceaux issus de Titan, la dernière offrande des grecs, sont vides musicalement. Sortis des chœurs et des orchestrations samplés, les riffs sont assez pauvres et on entend au final plus souvent Krimh martyriser ses fûts que les guitares. Le fabuleux "Pyramid God" ou "Lovecraft’s Death" ne rendent ce constat que plus évident : quand la musique n’est basée que sur les orchestrations, elle passe moins bien l’épreuve du live, en l’absence d’un orchestre (logique), de chanteuse ou même de chant clair. On se pose également la question de l’intérêt de jouer "Anubis" en live, puisque le refrain perd toute saveur en n’étant chanté que par Seth. Cela dit, la prestation livrée ce soir est de qualité, appuyée par son leader charismatique, devant un public séduit. SepticFlesh quitte la salle après "Prometheus" et son final symphonique digne d’une bande originale

Après une première partie en demi-teinte, les portugais vont pouvoir prouver qu’ils méritent leur statut de tête d’affiche, même si leur dernier passage en terre toulousaine il y a deux ans était d’excellente facture. Après l’intermède de rigueur, Fernando Ribeiro arrive sur scène accompagné de ses quatre comparses. Nous aurons donc enfin des vrais claviers, ouf ! Le groupe ouvre le bal avec "Breathe". Excellent choix puisqu’il laisse déjà entrevoir un Moonspell en grande forme. Le chant chaleureux de Fernando alterne avec un growl profond, et le refrain très rythmé rappelle furieusement l’ambiance d’Alpha Noir. Mais ce sera ici le seul rapport avec la précédente offrande des lusitaniens, puisque l’essentiel de la setlist sera basé sur Extinct. Quant aux autres titres, ils seront tirés principalement de Wolfheart et Irreligious, âgés de près de vingt ans.
Les musiciens semblent tous très concernés et motivés, notamment le frontman bien entendu, qui profitera des interludes entre les morceaux pour s’adresser au public, dans un français tout à fait acceptable. Le guitariste Ricardo Amorim semblera un peu en retrait au cours du concert, mais livrera une prestation impeccable, particulièrement sur le splendide solo de "Domina" ainsi que sur celui de "The Future Is Dark" qui verra tomber la neige sur le musicien, accompagnée d’un très bon jeu de lumières (on peut y voir un hommage au père du musicien, décédé ce jour-là). La section rythmique fera le boulot, avec une basse bien audible et une batterie bien dosée, mise en avant sur "Opium", par exemple. Quant aux claviers, ils sont omniprésents, sachant se faire discrets ou jouer les premiers rôles.
Mais, car il y a un mais, il est évident qu’avec une carrière longue de deux décennies, les choix à faire pour une setlist doivent être cornéliens. On pourra regretter l’absence notable des précédents albums, pourtant si efficaces en live. Un petit "Axis Mundi" ou "En Nome De Medo", qui avaient fait fureur précédemment, auraient sans regret remplacé "Malignia", trop long et assez soporifique. Et du fait de l’enchaînement de mid-tempo et d’une trop grande homogénéité des titres, l’ensemble manquait du coup un peu de puissance. Mais en dehors de ces légers regrets, on ne peut pas reprocher aux portugais de négliger leurs fans, puisqu’ils seront gratifiés des morceaux « cultes » que sont "Wolfshade" et "Alma Mater" en toute fin de set. Impossible donc que ces petits regrets ne viennent entacher un concert parfaitement mené par une formation plus qu’aguerrie.


Au final, et malgré des prestations solides, cette soirée fut presque une déception. Pour SepticFlesh parce que Titan passe mal l’épreuve de la scène, et pour Moonspell, parce qu’on peut regretter la lenteur de certains morceaux, rendant assez mal l’énergie déployée. De manière plus générale, on comprend qu’il soit difficile de faire la promotion d’un album sans priver son auditoire de certains  « indispensables » et donc de contenter tout le monde. Qu’à cela ne tienne, il y a fort à penser que le public se déplacera à nouveau sur les prochaines dates de ces deux formations.

Album photo Septicflesh : Das Silverfoto

Album photo Moonspell : Das Silverfoto


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 5 polaroid milieu 5 polaroid gauche 5