CHRONIQUE PAR ...

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Silverbard
le 12 mars 2015




SETLIST

DEATH TO ALL :
The Philosopher 
Leprosy / Left to Die
Suicide Machine 
Overactive Imagination
Trapped in a Corner
1,000 Eyes 
Without Judgement
Spiritual Healing / Within the Mind
Flattening of Emotions
Lack of Comprehension
Symbolic 
Zero Tolerance 
Bite the Pain 
Zombie Ritual / Baptized in Blood
Crystal Mountain 
Pull the Plug

LOUDBLAST :
A Bloody Oath 
The Bitter Seed 
The Abstract God 
From Dried Bones 
Presumption of Survival
Emptiness Crushes My Soul
Disquieting Beliefs
Cross the Threshold
My Last Journey

ABYSMAL DAWN :
Perfecting Slavery
Perpetual Dormancy
My Own Savior 
Rapture Renowned 
By My Demons 
The Inevitable Return to Darkness
In Service of Time



AFFILIÉ

Death
Hellfest (Clisson)
(20 juin 2014)
Paris - Trabendo
(25 novembre 2013)

Loudblast
Paris - Trabendo
(25 novembre 2010)

05 mars 2015 - Paris - Trabendo


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Ha le Trabendo …! La plus pourrave des salles parisiennes, enclavée entre la gigantesque et flambante neuve Philharmonie de Paris et son ancien mais prestigieux Zénith accueille en ce début d’année 2015 Death To All , le seul vrai groupe représentant de Chuck Schuldiner composé d’anciens membres de Death et de quelques musiciens héritiers du maître. Après un passage phénoménal en 2013, puis un peu moins puissant au Hellfest, le vingtième anniversaire de l’album Symbolic sert cette fois d’alibi à la grande messe du jour où le nombre de fidèle sera encore une fois conséquent.

La date prévoyait quatre groupes : un Abysmal Dawn, un Loudblast et un très intéressant Massacre (dont les membres fondateurs , Buttler et Rozz avaient fini par rejoindre Death en 87) qui malheureusement, suite à un split à base d’orgueil mal placé et un inepte ping-pong médiatique, ne tiendra pas l’affiche (tant mieux, bien fait). En contrepartie annoncée, pas de groupe en remplacement mais un set de Death To All rallongé : pas plus mal ! Les portes s’ouvrent à l’heure et un public déjà conséquent se presse dans la salle avec pour la grande majorité le stand merch pour destination première. Pour les assoiffés, c’est Stéphane Buriez qui est déjà présent au zinc et ne se montre pas contre un bonjour souriant pour trinquer avec qui de droit. Plaisant. Avec une cinquantaine de péquins dispersé tout autour de la scène, c’est Abysmal Dawn qui ouvre la soirée. Les albums studios du groupe sont impressionnant de technicité et c’est impatient et curieux que plusieurs personnes du public se rapprochent des barrières déjà pré-squattées par quelques aficionados qui ne bougeront pas d'un cheveux de la soirée afin de se garantir la meilleur place pour la tête d'affiche. La scène est préparée certes pour DTA et le Loudblast partage sa batterie avec Abysmal mais le son sera plutôt de bonne facture. Les musiciens terminent tranquillement leurs balances avant de fuir en coulisse et finalement revenir deux minutes après pour le début de leur set (à croire que tout le monde les attend !). Leur dernier album date de la fin d’année dernière et la setlist sera principalement composée de titre issue de cet Obsolescence, plutôt bien accueilli d’ailleurs à sa sortie. Si coté studio l’album était réussi, la performance live est par contre relativement décevante : hormis le batteur (Scott Fuller) dont le jeu reste très agréable, les autres membres restent figés et statiques, peu communicatifs. Les titres s’enchaînent finalement sans accrocher plus que ça l’auditoire. Sans saveur ni mauvais jeu le set passe et c’est presque sans regret que le groupe remballe son matériel. Dommage.

Et les bons hommes de Loudblast, Buriez en tête, donnent un coup de main au changement de matériel. Tout le monde s’active à croire que le groupe a hâte de jouer. Tout est prêt et c’est parti pour le bruit. Le son émanant de la guitare du leader est tout bonnement abominable. Le supplice durera au moins les premiers titres avant un changement de guitare bienvenu pour le coup. Doublé d'un mix affreux sur les vocaux de notre Johnny du metal et c'est un début de concert un peu loupé même si rattrapée par la hargne et l'énergie balancée par les quatre zicos. La setlist met en avant leur bon dernier album et ira piocher dans quelques albums du passé permettant à Buriez de rappeler que le groupe faisait déjà opener pour des dates de la tournée de Symbolic (rappelant aussi au passage - et si besoin - la longévité du groupe). Hervé Coquerel ayant affaire avec la prochaine sortie du Black Bomb A, c'est à son remplaçant Junior Rodriguez de taper juste dans les tambours. Et honnêtement l’homme au parcours musical très varié (osez chercher…très surprenant!) tient bien son rôle. Certes il ne n’approprie pas les compos comme Hervé mais au terme de seulement quatre répétitions selon Buriez, le respect s’impose. Les quelques « foutez moi un bordel monstre Paris » et autres exhortes de genre énerveront un peu plus une fosse plutôt conséquente et acquise à la cause de vétérans du death français. L’autre partie du public est de son coté totalement indifférente et patiente tranquillement. Le set ne durera pas trop (un bon trois quart d'heure) et fera un bon tour du Loudblast 2014/2015. Lettres de noblesses acquises sur la durée, les tournées et les sorties d’album ne peuvent laisser de glace ou refroidir quiconque. A entendre certains fans du public rien ne les aurait empêché de venir : grèves RATP , pluie diluviennes ou verglas voire tempêtes de neiges. Le groupes peut tranquillement patienter avant son concert anniv’ de ses trente ans de carrière en Avril dans leur ch’nord natal.

Si le camarade S1pho s'est bien éclaté jusqu'à présent, votre serviteur Silverbard commençait à grandement s'impatienter quand arrive enfin l'heure pour Death To All cuvée 2015 de fouler les planches du Trabendo ! On a aussitôt vite le temps de rejoindre le pit photo, tenant fébrilement l'objectif en main dans l'expectative de voir débarquer les Légendes. Et par ordre d'apparition, le grand, le très grand, le sublime, le magnifique, le PUTAIN de Gene Hoglan derrière les fûts se présentant avec un swag assez honteux avec ses Ray Ban fumées (apparemment pour se protéger des flashs dont il serait allergique). Le rejoint vite le camarade Bobby Koelble à la guitare avec ses dreads un peu clodo avant d'être à son tour rejoint par le monstrueux Steve Di Giorgio, vêtu de son bandana de rigueur, et portant telle une masse sa bûche à 6 cordes. Voilà, il n'en manquait plus qu'un ce soir pour reformer le line-up - ô combien - mythique du - ô combien - culte Symbolic. L'intéressé ayant disparu il y a plus de 13 ans maintenant, on retrouvera avec un sentiment toujours partagé entre un douloureux souvenir mais une joie immense, son digne héritier sosie en la personne de Max Phelps. Tout le monde est dans les starting blocks pour honorer la mémoire du divin Chuck Schuldiner quand arrive enfin le son sur un doux tapping et quelques rondes notes basse avant le gros coup de tatane : « Do you feel what I feel ??? See what I see ??? Hear what I hear ??? ». "The Philosopher" en apéritif ! Le repas s'annonce bien copieux, le riff éléphantesque calmant d'entrée les ardeurs des plus surexcités. Et boum, sans transition on enchaîne avec "Leprosy" / "Left To Die", la machine à tubes est désormais lancée et le pit s'embrase. Quelques débiles slammeurs passablement éméchées ne peuvent au passage s'empêcher de venir s'écraser sur les pauvres photographes... Heureusement que le monsieur sécurité de la salle est vraiment bon (pour une fois), merci à lui de veiller sur nous !

Dès lors, le report au titre par titre devient très tentant... Si vous n'avez déjà jeté un coup d'oeil à la setlist sur la gauche de la page, elle parlera pour beaucoup par elle-même. Un best-of, tout simplement. Voici ce que le public parisien aura le droit ce soir, quasiment tous les meilleurs titres de Death seront joués : parmi les plus rares, on notera "Trapped in a Corner", "1,000 Eyes" ou encore "Bite the Pain". A partir de là, il n'y a plus grand chose au-dessus, Death To All nous fait la complète oeuf-jambon-fromage. Le son est parfaitement au poil pour servir la musique la plus jouissive du monde dans ces conditions entre technique de brutasse et groove de macaque mental (oui je place mes expressions préférés). Et au sommet de cette pyramide, Gene Hoglan régnant en maître du monde derrière ses fûts, Steve Di Giorgio dégoûtant de talent assumant en plus de cela un charisme de divinité, sans oublier la paire de guitaristes exécutant à merveille le travail (plus Max que Bobby d'ailleurs, ce dernier faisant quelques pains). Si la tournée était sensée porter sur Symbolic, l'album ne sera pas pour autant joué en entier, et le seul regret de la soirée - s'il fallait vraiment en trouver un - serait à chercher du côté de l'absence de "Empty Words", classique parmi les fans. A l'inverse, on retrouvera beaucoup de titres de Human, l'autre monstre de la disco avec des moments de transcendance que ce soit "Suicide Machine" ou la doublette "Lack Of Comprehension" / "Flattreing Of Emtions" qui signera la mort des cervicales de votre reporter. Et là encore de constater que Gene Hoglan surpasse de bien loin la performance de Sean Reinert d'il y a un an et demi. En parlant de doublette, que diriez vous d'un petit "Symbolic" / "Zero Tolerance" ? Ce soir, c'est salade ET fromage, alors que l'ami Steffen Kummerer d'Obscura se charge de remplacer Max pour les derniers morceaux.

Vous reprendrez bien un peu de dessert ? Et va pour un combo "Zombie Ritual" / "Baptized in Blood" qui ravira les fans de la première heure, un "Crystal Mountain" forcément immanquable et un final "Pull the Plug" d'anthologie comme il se doit. La communion du public et l'ambiance de cette soirée était vraiment particulière, encore plus que lors du dernier passage de DTA à Paris. ce soir, tout le monde sans exception chantait et hochait joyeusement la nuque en rythme avec une passion pétillante dans les yeux. Tout le monde savait pourquoi il était venu, les plus âgés comme les plus jeunes. L'aura posthume dégagée par le vénéré Chuck Schuldiner est extraordinaire. L’aventure DTA est la plus belle chose qui ait été faite pour honorer sa mémoire. On remercie les musiciens encore et encore et on espère de tout cœur qu'ils continueront à faire vivre cette magnifique aventure.

Album photo Death To All : Das Silverfoto


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